Un virage vers Saint Barth, un tournant dans la course

© Alexis Courcoux

Ces dernières 24 heures étaient annoncées « déterminantes » par Charlie Dalin, « décisives » par Erwan Tabarly. Les skippers de Cercle Vert et de Nacarat ne se sont pas trompés. Il s’est en effet passé beaucoup de choses depuis hier sur l’Atlantique nord. D’abord ralentie par la dorsale en milieu de journée puis carrément « tankée » dans la pétole pendant une poignée d’heures dans l’après-midi, la flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE a progressivement retrouvé du vent dans la soirée. Un vent très instable qui a finalement pris de la droite et permis à l’ensemble des 16 Figaro Bénéteau de faire enfin !- route directe vers Saint Barth.

Depuis plusieurs jours, les paris étaient ouverts : les sudistes avaient misé sur plus de pression et concédé parcourir plus de milles tandis que les nordistes avaient choisi de « couper le fromage » au risque d’être plus ralentis. Bilan des courses ? Les uns comme les autres ont touché un vent quasiment identique ces dernières 48 heures et, par conséquent, aucun différentiel de vitesse – ou presque – n’a pu être constaté. La tuile pour les uns, le bonheur pour les autres. En tous les cas, aujourd’hui, à la réception du premier pointage du jour, à 5 heures, le verdict est tombé. Clair, net et sans appel. Le coup a été remporté par les partisans de la route la plus courte. Ces derniers ont donc récolté, ce mardi 8 mai, les fruits de leur audace. De fait, décider d’aller se frotter de près à la dorsale était risqué mais le jeu en valait la chandelle surtout que la météo a donné son petit coup de pouce. « Nous avons toujours eu plus de vent que ce qu’annonçaient les fichiers. Finalement, nous n’avons pas été beaucoup freinés. Pas plus, en tous les cas, que les autres. On est content » a souligné Gildas Morvan, ce midi. Le géant de Landéda, confortablement installé aux commandes de la flotte avec un joli petit matelas de 45 milles d’avance sur ses adversaires directs, ne cachait donc pas sa satisfaction. Pas question pour autant de s’emballer. D’expérience, il le sait, rien n’est jamais joué sur une transatlantique. D’abord, il y a ces fameuses histoires d’angle dont tous les marins décalés au sud ont parlé à la vacation de la mi-journée. Forcément, les écarts en latéral, même s’ils ne sont pas énormes, restent significatifs : près de 200 milles séparent les deux bateaux les plus extrêmes, au nord et au sud, et 75 milles distancent Cercle Vert et Nacarat. Ceux qui se trouvent positionnés plus bas en latitude vont indéniablement bénéficier d’un meilleur angle pour rejoindre les Antilles. A la clé, la possibilité de recoller au score. « Un bateau placé un peu en dessous et qui peut lofer, ne serait-ce que de un ou deux degré de plus qu’un autre, peut faire la différence à l’arrivée. Il reste 1000 milles à parcourir, soit près de cinq jours de mer. Dans ce laps de temps, il est possible de créer des distances considérables » affirme Gilles Chiorri, le directeur de course. Autre élément à prendre en considération : les célèbres grains orageux que l’on trouve régulièrement à l’approche de l’arc Antillais. Les prévisions sont formelles : ils vont se densifier et se multiplier aux abords de Saint Barth et rendre délicate la fin du parcours. Au vu de tout ça, pas étonnant que les routages indiquent une arrivée extrêmement serrée, au moins pour les 10 ou 12 premiers. D’ici là, les duos vont devoir restés concentrés à la barre, et « garder les yeux ouverts », comme dit Eric Péron. Car avant le renforcement de l’alizé, et, par ricochets, l’allongement de la foulée, jeudi, il va encore falloir surveiller de près les petites bascules du vent. L’opération pilotage est lancée.

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RivaCom

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 8 mai 2012

Matossé sous: Figaro 2, Monotypie, Transat AG2R

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