Vendée Globe
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    8 novembre 2020 • • Vues: 0

  • Le 19 janvier 2017, le skipper de Banque Populaire bouclait son troisième Vendée Globe par la victoire qu’il attendait depuis quatre ans. Un an plus tard, Armel vit une nouvelle aventure, tout en mesurant les bienfaits de ce résultat à la fois hors norme et tellement attendu.

    Quels souvenirs gardes-tu de cette arrivée du Vendée Globe ?

    « Les dernières heures de navigation ont été magiques. La situation météorologique m’avait imposé d’arriver par une route très nord sur Les Sables d’Olonne. Du coup, je me suis retrouvé à croiser en mer d’Iroise, puis à longer la côte par les Glénan, Belle-Île… mon jardin en quelque sorte. J’avais eu quelques contacts avec des bateaux de pêche durant la nuit et, au fur et à mesure que j’approchais de l’arrivée, j’ai senti le poids de l’événement. Les bateaux qui deviennent de plus en plus nombreux au fil de ta progression vers la ligne, les copains que tu commences à identifier. Petit à petit, la carapace dans laquelle je m’étais enfermé pour ne pas perdre le fil de la course se fissurait. C’était un sentiment double : l’envie de se laisser envahir par ce qui m’arrivait et le besoin de garder la situation sous contrôle jusqu’à la ligne d’arrivée.

    Après le passage de la ligne, tout a débordé, notamment quand j’ai pu partager ces instants-là avec Aurélie (sa femme, ndr), les enfants et mon équipe. C’est quand la pression se relâche que tu prends conscience à quel point cette course est dure, exigeante. »

    Après, il y a eu la remontée du chenal et la ferveur populaire ?

    « Heureusement que j’avais déjà deux Vendée Globe derrière moi. J’avais eu le temps de me préparer à ce tourbillon médiatique. De plus, j’ai eu la chance de devoir attendre deux heures devant le port que la marée remonte avant d’entamer la remontée du chenal. Ces deux heures ont constitué un sas de décompression bien utile. Du coup, j’ai vraiment profité à plein de cette remontée du chenal. Et ce, d’autant plus que je savais que ce moment serait unique dans ma vie. J’avais atteint mon objectif, c’était aussi une page qui se tournait. »

    Tu as pensé à tes deux Vendée Globe précédents à ce moment-là ?

    « Forcément. D’abord parce que passer de deuxième à premier, ça n’a rien à voir. En 2009, j’étais ravi et surpris de cette deuxième place qui allait bien au-delà de mes attentes. En 2013, j’ai le sentiment de m’être bien battu, mais c’est François le vainqueur. Là, j’en profite d’autant plus que j’avais annoncé la couleur avant le départ : une seule place m’intéressait.

    En même temps, tu as beau t’être préparé, le tourbillon médiatique qui te prend quand tu arrives sur le ponton est effrayant. En quelques heures, tu passes de ton petit cocon de navigateur solitaire à cette foule qui veut tout savoir tout de suite. Heureusement, on s’était plutôt bien préparé avec l’équipe pour essayer de rester dans les clous… »

    De quoi profite-t-on le plus ?

    « Tout d’abord, c’est un plaisir extrême de pouvoir enfin tout raconter, les états par lesquels tu passes, les bonheurs et les malheurs d’une telle course. C’est bien de pouvoir dévoiler certains dessous de ce que tu as vécu, rappeler la dimension humaine de l’épreuve. Tant que je suis en course, je me bride, j’ai peur de donner des armes à mes concurrents. Là, c’est fini. C’est d’autant plus facile de me lâcher que je sais qu’a priori, je ne reviendrai pas sur le Vendée Globe. Et puis, j’avais la satisfaction de me débarrasser de cette étiquette de Poulidor qu’on commençait à me coller à la peau. »

    Et quand le tourbillon médiatique retombe…

    « Déjà, je n’ai pas eu de coup de blues… Un sentiment d’épuisement, c’est certain, mais l’objectif avait été atteint. Et puis, deux choses me protégeaient : d’une part, mon éducation m’a toujours appris à faire la part des choses, à me méfier des gloires éphémères. D’une autre, le cercle familial, mes parents, mes proches m’ont soutenu pour garder cette ligne de conduite. La famille, on est bien content de la trouver quand ça ne va pas bien. Ce serait d’une ingratitude terrible de l’oublier quand on accède à ce statut. D’ailleurs, ça se tasse assez vite et c’est très bien ainsi. »

    Néanmoins, il y a le besoin d’écrire un livre* ?

    « Je crois que c’était le bon moment. C’était un bon moyen pour moi de faire le point, de formuler mon parcours, de raconter ce qui m’avait forgé, entre ma progression sportive et les gens qui m’ont aidé à devenir ce que je suis. C’est un fil rouge… »

    De savoir qu’il y avait déjà un autre projet en route, c’est une aide ?

    « Sans aucun doute. Et là, d’autant plus que j’avais fait le job sur le Vendée Globe. C’est d’ailleurs la force de l’équipe Banque Populaire. A partir du mois de juillet 2016, j’ai décidé de me consacrer à 100% au projet Vendée Globe et je les ai laissés gérer l’avancement du projet multicoque. »

    Et si la victoire n’avait pas été au bout ?

    « C’est clair que ça aurait été plus difficile psychologiquement. Je n’aurais peut-être pas la même sérénité, mais pour autant, ça ne doit pas être un frein pour avancer. Dans ces circonstances, il faut juste trouver d’autres ressorts. J’ai déjà vécu cette situation en 2014, quand j’ai dû déclaré forfait pour la Route du Rhum et laisser la barre du bateau à Loïck (Peyron). On se nourrit aussi de ses échecs. »

    * Le prix de la victoire. Ed. Robert Laffont. 270 pages, 19 euros.

    • La victoire était impérative ! •

  • Que la « foils » aventure commence…

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  • L’Assemblée Générale de l’IMOCA s’est tenue la semaine dernière à Paris dans le cadre du Nautic. Validation du calendrier 2018-2020, création des Globe Series, Antoine Mermod, Président de la classe, revient sur les grandes décisions prises lors de cette AG

    L’Assemblée Générale de l’IMOCA a-t-elle rencontré une forte adhésion de la part des membres de la classe ?

    Antoine Mermod : « Oui, clairement. Tous les projets actifs étaient représentés à travers les skippers, les teams managers ou les sponsors. Il y avait environ 65 personnes au total. Tous les membres se sentent concernés par la vie de la classe. Il nous semble intéressant d’organiser une AG au mois de décembre car cela permet de dresser le bilan de la saison écoulée et de se projeter sur l’année suivante. »

    La Présidence et le bureau de l’IMOCA avaient été renouvelés lors de la précédente AG le 26 avril dernier. Quels ont été depuis les principaux changements dans le fonctionnement de la classe ?

    Antoine Mermod : « La principale modification est d’essayer d’impliquer plus de personnes dans les processus de réflexion et de décision. L’IMOCA est une association, l’objectif est de fédérer. Nous avons ainsi créé une commission sportive regroupant des skippers et des directeurs de course. L’objectif de cette commission est de régler des questions purement sportives, relatives aux règles de qualification pour les courses, par exemple. Il est important de débattre de ces questions bien en amont. Cela soulage par ailleurs le conseil d’administration qui peut travailler sur d’autres sujets. »

    Vous avez beaucoup parlé calendrier durant la dernière Assemblée Générale. Quelles sont les grandes orientations à ce sujet ?

    Antoine Mermod : « Nous assumons le fait que le Vendée Globe est notre événement le plus populaire et le plus médiatique. Pour trouver une certaine continuité, il faut créer plus de liens entre les courses pour monter en puissance vers cette épreuve phare. C’est pourquoi nous avons imaginé une refonte de notre Championnat qui sera rebaptisé « Globe Series », avec un système de points et de coefficients sur quatre ans que nous détaillerons prochainement. L’idée est d’organiser chaque année deux grands événements réunissant des flottes importantes, ainsi que d’autres épreuves, appelées « courses exhibition ». En 2018, les deux événements majeurs seront constituées par une nouvelle course organisée à Monaco début juin (dont le nom sera révélé en début d’année), puis la Route du Rhum, destination Guadeloupe en novembre. En 2019, nous aurons la Barcelona World Race et la Transat Jacques Vabre. Puis en 2020, année de Vendée Globe, les skippers de la classe prendront part à The Transat et à la New York-Vendée. Il n’est pas impossible que d’autres courses viennent se greffer à ce calendrier. Mais nous avons déjà mis en place une colonne vertébrale solide car proposer un calendrier de qualité est indispensable pour attirer marins et sponsors. »

    Vous évoquiez la nouvelle épreuve organisée à Monaco. Plus globalement, la Méditerranée sera mise à l’honneur au printemps 2018…

    Antoine Mermod : « Quitte à faire descendre une flotte d’IMOCA en Méditerranée, nous voulions proposer un programme complet. A l’issue du Grand Prix Guyader à Douarnenez, nous organiserons une course en solitaire vers Cascais (Portugal), qui sera qualificative pour la Route du Rhum. Après l’épreuve à Monaco où nous attendons 10 à 15 bateaux, nous allons proposer aux organisateurs de la Giraglia (entre Saint Tropez et Gênes) d’inscrire la classe IMOCA. Il est à nos yeux primordial de mettre en avant la façade méditerranéenne qui offre des conditions de navigation exceptionnelles au printemps. De plus, la Méditerranée est un marché intéressant pour l’IMOCA, et des projets sportifs se montent là-bas. »

    Comment se présente la prochaine Barcelona World Race, dont le départ sera donné le 12 janvier 2019 ?

    Antoine Mermod : « Une conférence de presse est organisée aujourd’hui à Barcelone pour dessiner les contours de la prochaine édition. La situation politique est complexe à Barcelone et c’est un vrai défi pour la FNOB d’organiser une telle course. Mais les nouvelles sont bonnes. Des teams sont vraiment intéressés et nous espérons que l’épreuve réunira une dizaine d’IMOCA. »

    • L’Assemblée Générale de l’IMOCA fixe les grandes orientations de la classe jusqu’en 2020 •

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  • Jean-Pierre Dick et Yann Eliès se sont qualifiés pour la Transat Jacques Vabre à bord de StMichel-Virbac suite à leur participation au Vendée Globe, à la Rolex Fastnet Race (2ème place) et aux nombreuses navigations réalisées cet été ensemble. La rentrée est aussi synonyme de reprise des entrainements pour le duo. Il a entamé cette semaine une session de navigation au pôle Finistère course au large de Port-la-Forêt avec l’Imoca SMA de Paul Meilhat .

    Quelles sont vos impressions suite à votre qualification ?

    Jean-Pierre Dick : « Cette qualification nous met les pieds dans la course, l’engagement est là. Le Fastnet nous a apporté beaucoup. Maintenant on se met dans un sas de compétition au pôle Finistère course au large de Port La Forêt.»

     

    Yann Eliès : « C’est un moment important cette qualification car cela prouve que depuis le 14 juillet on a engrangé des milles ensemble en entrainement et en course. On vient de passer une première échéance réussie. »

    Quels sont les objectifs de vos entrainements ?

    Yann Eliès : « L’objectif est de rentrer progressivement dans l’entonnoir qui nous amène au départ. Il ne faut rien oublier : la connaissance des deux bonhommes, du bateau, la performance puis la somme de détails pour être prêts au départ. Cela passe par 4 stages d’entrainements à Port-la Forêt. Nous participerons aussi au Défi Azimut. »

    • Qualification en poche •