Route directe sur Saint Barth

© Alexis Courcoux

Depuis hier en fin de journée, la flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE fait enfin- route directe vers Saint-Barth ! Fini les empannages au grès des oscillations du vent dans le petit temps, place maintenant aux longues glissades sous spi dans les alizés pour les 16 Figaro Bénéteau, toujours emmenés, ce mardi, par Gildas Morvan et Charlie Dalin. En effet, le duo de Cercle Vert, qui avait misé, depuis quelques jours déjà, sur un passage rapide de la molle en se décalant au nord, a gagné son pari et affiche aujourd’hui un confortable petit matelas d’avance de 45 milles sur son poursuivant direct. Joli coup !

« Nous avions misé sur un passage de la molle assez rapide et sur le fait que le vent soit plus fort qu’annoncé par les fichiers dans la dorsale. Au final, c’est ce qui s’est passé. Nous sommes contents de nous » lâchait Charlie Dalin, ce matin lors de la vacation. Pas de fanfaronnade, juste la satisfaction du travail bien fait. De fait, le pari était audacieux, risqué même, mais pouvait rapporter gros. C’est désormais chose faite pour le tandem de Cercle Vert. Si ses adversaires, décalés un peu plus au sud, espéraient qu’il se trouve davantage freiné qu’eux en ayant décidé de « couper le fromage », cela n’a pas été le cas. Ralenti, certes, il l’a été, hier, mais ni plus ni moins que ses concurrents. « Au minimum, nous avons eu 5 nœuds de vent mais cela n’a pas duré longtemps. En fin de journée, le vent a commencé à devenir de plus en plus oscillant puis il a franchement pris de la gauche, c’est pourquoi nous avons empanné. Très vite, nous avons vu les nuages d’alizés se reformer et nous avons su que nous étions sortis d’affaire » a détaillé le jeune skipper. Dès lors, un sentiment de plaisir s’est installé à bord de Cercle Vert. Le plaisir de pouvoir, enfin, faire route directe sur l’arrivée. Une sensation partagée par tous, l’ensemble des bateaux ayant empanné pour se retrouver tribord amure quasiment au même moment. Reste que pour certains, il y a aujourd’hui comme un arrière goût plutôt amère. Eric Péron (Nacarat), par exemple, ne cache pas sa déception ce matin : « nous avions pris des précautions pour ne pas être ralentis en nous éloignant assez largement de la dorsale. Malheureusement, ceux qui s’en sont rapprochés, comme Cercle Vert ou Cornouaille Port de Pêche, n’ont pas été véritablement freinés. Au final, comme ils ont fait moins de route, ils ont pris l’avantage. » Les duos Morvan –Dalin et Monnet-Toulorge n’ont, cependant, pas été les seuls à tirer parti de leur positionnement ces dernières heures. Les tandems Grégoire-Veniard (Banque Populaire), Marchand-Attanasio (Bretagne Crédit Mutuel Performance) et Bothuon-Troël (Les Recycleurs Bretons) ont également réussi à tirer leur épingle du jeu en étant sur une route intermédiaire alors que dans le même temps, les bateaux les plus au sud, Sepalumic (Duthil-Lebourdais) notamment, ont payé cher leur option. Car les milles de retard accumulés là seront difficiles à combler dans les 5 ou 6 jours qui viennent. De fait, les Figaro Bénéteau entament maintenant une longue course de vitesse. Bien sûr, chacun pourra encore tirer parti d’un angle plus ou moins favorable selon son décalage en latitude mais c’est bel et bien un long bord sur la route directe qui s’annonce. Et si, pour l’heure, les bateaux progressent dans 16-18 nœuds, le vent va progressivement continuer à se renforcer. « Il va falloir passer du temps à la barre, être rapide, prendre chaque surf et ne rien lâcher. Nous allons enfin accélérer et entendre la quille siffler » promet le co-skipper de Nacarat. La course de vitesse est donc officiellement lancée !

Ils ont dit:

Charlie Dalin (Cercle Vert) :

Ca c’est passé comme prévu. On misait sur un passage rapide de la molle et sur le fait qu’il y aurait plus de vent que prévu par les fichiers dans la dorsale. On est plutôt content de nous. On a pris de l’ouest ! J’étais à la barre, en bâbord avec 8 nœuds de vent quand celui-ci a commencé à devenir très oscillant et à tourner vers la gauche. On a attendu un peu et on a empanné, en fin d’après-midi. Là, on a vu les nuages d’alizés changer et le vent s’installer. On a su qu’on était sorti d’affaire. On se retrouve un peu décalé dans le nord-ouest de la flotte et on surveille de près Cornouaille Port de Pêche, Banque Populaire et Bretagne Crédit Mutuel Performance. Mais, on ne va pas particulièrement descendre vers eux, on va faire notre route, car la meilleure défense c’est l’attaque. On est parti pour un long bord de tribord avec une petite touche de bâbord sur la fin. On attend 30 nœuds de vent d’ici quelques jours, ça va aller vite. Ce qui fait plaisir, c’est d’enfin faire route vers Saint-Barth et on est content de voir que le vent sera soutenu sur cette dernière section du parcours. Désormais, il n’y a plus de gros danger devant les étraves. Il faut naviguer propre et bien, faire avancer Cercle Vert le plus vite possible. Aujourd’hui, on va passer la barre symbolique des 1000 milles de l’arrivée, ça va marquer la journée. Mais il reste de la route quand même, alors on reste concentré, on n’utilise pas le pilote, on est à fond sur la barre. On sait que rien n’est joué tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie.

Eric Péron (Nacarat) :

On avait la dorsale à passer hier, vers midi TU. Le vent était faible (6 nœuds) et d’un coup, il est rentré en tournant nord. Ca nous a permis d’empanner et de faire route vers Saint-Barth. Nous faisons enfin cap vers l’arrivée ! Tous nos concurrents ont plus ou moins fait la même chose au même moment. Alors maintenant, il reste le décalage nord-sud plus ou moins favorable… On savait à peu près quand ça allait se passer, par contre, on ne savait pas à quel point ça allait freiner ceux du nord. La surprise, c’est qu’ils arrivent à bien avancer. Certains ont « pris un peu cher » comme on dit, notamment au sud, mais Banque Populaire, Bretagne Crédit Mutuel Performance, les Recycleurs Bretons et Cornouaille Port de Pêche s’en sortent plutôt bien. Cercle Vert, quant à lui, c’est toujours les mêmes relevés. C’est bien pour lui, c’est dommage pour nous. On a pris beaucoup de précautions pour ne pas être ralenti et eux, ils sont passés en coupant le fromage. C’est comme ça. Désormais, on a 5 à 6 jours de navigation sur le même bord, on aura peut-être des vents plus favorables à un moment en fonction de notre angle. Là, le vent est rentré progressivement, jusqu’à 16 nœuds, il y a un petit clapot qui se forme mais ça reste tranquille. Le vent va se renforcer au fur et à mesure et il y aura des petites variations, surtout sur la fin, a priori, mais c’est un peu loin pour le dire. On va pouvoir enfin accélérer et entendre la quille siffler. Maintenant, il va falloir scotcher les mains à la barre, ne rien lâcher. Chaque surf va compter pour gagner quelques mètres. Le routage donne des arrivées très serrées, il va falloir être meilleur que le routage.

Source

RivaCom

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 8 mai 2012

Matossé sous: Figaro 2, Monotypie, Transat AG2R

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