Pour Dominique Wavre qui a l’instar de deux autres skippers, Jean-Pierre Dick et Alex Thomson, a décidé d’enchainer deux tours du monde consécutifs à un an d’intervalle, la tâche s’annonçait encore plus délicate. La Barcelona World Race à peine bouclée, sans relâche le skipper et son équipe se sont lancés dans un planning sans temps morts. Il a fallu en l’espace de quelques mois, réussir à combiner remise en état minutieuse du monocoque après 25 000 milles d’une course sans concession, poursuivre les optimisations, sans toutefois sacrifier aux indispensables périodes d’essais techniques et d’entraînements.
Après un premier gros chantier hivernal au cours duquel le bateau avait été entièrement démonté et révisé, l’ergonomie intérieure repensée en vue des navigations en solitaire à venir, le bateau a de nouveau été sorti de l’eau durant l’été pour recevoir sa nouvelle quille en carbone. Conséquence de ce changement d’appendice, le monocoque a dû passer à nouveau les tests de jauge de la Classe Imoca au rang desquels l’impressionnant 90° qui voit le bateau entièrement couché sur son flanc. Ces tests sont venus confirmer l’allégement général de Temenos II. Entre l’optimisation des aménagements intérieurs et la nouvelle quille, ce sont ainsi plusieurs centaines de kilos qui ont été gagnés.
C’est à l’occasion du parcours de validation de la nouvelle configuration du monocoque, demandé par l’organisation de course, que Dominique a pu sentir l’incidence de ces modifications sur son bateau : « Il ne s’agissait pas d’une qualification en tant que telle, mais plutôt de valider la nouvelle quille et le nouveau mât. On est partis dans le golfe de Gascogne avec pas mal de vent, on est descendus au large du Portugal en cherchant à naviguer à toutes les allures. On a vérifié que tout était en place, et que l’on retrouvait des polaires performantes et les bonnes sensations de glisse de la Barcelona. On sortait d’un gros chantier d’hiver, c’était bien de pouvoir faire toutes ces vérifications. Le bateau est plus léger et ça se ressent, il est plus sensible, plus fin et accélère plus franchement.»
Cette navigation de 1500 milles aura également permis au skipper de reprendre ses marques en solitaire à bord, après son dernier tour du monde en double.
Ce parcours accompli sans embûche, Temenos II retrouvait la terre ferme sur le plateau nautique du vieux port de la Rochelle pour une nouvelle peinture de sa carène et de ses appendices. L’ensemble du gréement dormant et courant du monocoque a lui aussi été entièrement remplacé en vue de ce prochain tour du monde.
Si pour Dominique le compte à rebours avait déjà démarré moins de 15 jours après son arrivée de la Barcelona World Race, depuis quelques semaines le temps semble s’être accéléré. Malgré tout le skipper affiche calme et sérénité légendaires : « Tout se passe bien, l’équipe technique et les professionnels travaillent de conserve, sans précipitation, même si au fil des jours on se rend compte que le timing est de plus en plus serré. Comme dans tous les projets il y a une sensation "d’entonnoir" et on se sent un peu aspirés. On aimerait tous arriver aux Sables d’Olonne avec les bateaux fin prêts et nous allons tout faire pour. Désormais c’est une question de semaines, de jours et au sein de l’équipe nous sommes tous très concentrés sur cette échéance et la qualité du travail qui doit être fait. »
D’ici le départ du bateau pour les Sables d’Olonne, le 17 octobre prochain, il ne faut pas compter sur un ralentissement de la cadence de travail au sein de l’équipe de Temenos II. « On poursuit des petits travaux de contrôles et d’entretien courant à bord. On fait le tour des professionnels et des fournisseurs, de manière à établir des procédures de dépannage, l’équipe compile tous ces documents afin de pouvoir répondre à mes demandes en mer en cas de problèmes. On travaille également sur les listes de matériel de rechange embarqué. Avec le souci de limitation du poids, c’est toujours un exercice très délicat. Nous nous concertons beaucoup au sein de l’équipe, chaque fois on commence par une longue liste, beaucoup trop " lourde" et nous épurons en tenant compte entre autres de l’expérience acquise , il arrive que nous fassions quelques impasses… »
La toute dernière phase de travaux se termine en ce moment au port de La Rochelle, pour l’occasion Temenos II a été recouvert partiellement d’une tente de protection le laissant à l’abri des regards et des intempéries. A un mois et demi du départ, le 9 novembre prochain, on l’aura compris l’équipe n’est pas prête de faire relâche…
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