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Cap à l'Est |
| © Thierry Martinez |
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| Ses routeurs lui avaient annoncé il y a quelques jours qu’il n’avait pas de temps à perdre s’il ne voulait pas voir la porte de Sainte-Hélène se fermer devant lui. Bon petit soldat, le skipper de Sodeb’O a obéit laissant ses trois coques lancées à pleine balle sur un océan qui tenait plus du Paris-Dakar que du circuit de formule1. |
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Il faut savoir que ce genre de navigation représente des heures et des heures de stress à se demander ce qui va exploser en premier du bonhomme ou du bateau. Il suffisait de lire hier soir les mails des coureurs du Vendée Globe pour comprendre ce que subissaient tous les marins qui naviguaient dans cette partie de l’Atlantique sud située au large du Brésil. Lancé à plus de 20 nœuds, Thomas racontait hier en fin de journée qu’il ne pouvait même pas écrire : « Levée par un alizé frais et perturbé, la mer est tellement courte et forte que le bateau décolle en permanence… j’arrive pas à cliquer sur la souris… je m’interdis de ralentir même travers au vent face à la mer… à chaque minute, tu penses à la casse… tu y penses tout le temps… tu n’as pas le droit d’avoir des états d’âmes… ça durera ce que ça durera ».
Bien au chaud calé dans un fauteuil, on est en droit de se demander ce qui pousse ces filles et ces garçons à passer systématiquement depuis une vingtaine d’années à l’ouest de Sainte Hélène, ce qui leur rallonge sacrément la route et ne leur garantit pas du portant comme on peut le voir. Il faut avouer qu’ils n’ont pas trop le choix avec leurs engins de compétition à une ou plusieurs coques qui planent tellement bien aux allures portantes que ce serait dommage de passer plus à l’est pour se retrouver sinon au louvoyage du moins au près serré dans des vents faibles. Certes la route est plus courte, plus de 1000 milles, mais elle risque d’être tellement plus lente qu’elle est tout simplement inenvisageable. Il y en a cependant qui sont plus chanceux que d’autres, ce sont ceux qui sont au bon moment au bon endroit. Et c’est ce qui est arrivé à Francis Joyon l’an dernier à la même époque quand il a pu couper le fromage avec une facilité déconcertante voir énervante pour ceux qui passent derrière. La descente express de Francis Joyon quasi unique dans l’histoire des tours du monde est non seulement un des éléments essentiels de son record en 57 jours mais également une performance sur la première partie du parcours qui donne tout son prix à son record.
Après 12 jours de mer et une descente de l’Atlantique Sud aussi physique que stressante, le maxi trimaran Sodeb’O a prouvé une fois de plus sa puissance et sa vélocité. A première vue, le skipper ne déplore après tous ces jours de rodéo qu’une latte cassée. Depuis ce matin, Thomas Coville a pu mettre de l’Est dans sa route. Il va profiter de conditions de plus en plus maniables pour effectuer un check approfondi du bateau et changer cette fameuse tige en carbone de neuf mètres de long. Puis ce sera l’entrée dans les quarantièmes. Et ça c’est une autre histoire.
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Source : Sodeb'O |
30-11-2008 > Communiqué de presse
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