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\ Circuit IMOCA \ Vendée Globe 2008 \
Le calice jusqu'à la lie |
| © Sam Davies / Vendée Globe |
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Le calme avant la tempête | 







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| Décidément, pas grand-chose ne sera épargné aux navigateurs de ce Vendée Globe 2008-2009. Alors que la tête de flotte aborde la dernière ligne droite avant le Cap Horn, une dépression particulièrement puissante, suivant Météo France, devrait accompagner les cinq premiers, générant des vents moyens de 40 à 45 nœuds et des rafales à plus de 50 nœuds. Mais surtout, une mer forte et croisée de 7 à 9 mètres. En tête de flotte, Michel Desjoyeaux (Foncia) continue de maintenir l'écart… |
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Les 10 premiers au pointage de 16h00
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 7968,4 milles de l'arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 59 milles du premier
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 351,3 milles du premier
4- Armel Le Cléac'h (Brit Air) à 645,7 milles du premier
5- Vincent Riou (PRB) à 650,2 milles du premier
6- Sam Davies (Roxy) à 2065,3 milles du premier
7- Marc Guillemot (Safran) à 2221 milles du premier
8- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2532,2 milles du premier
9- Dee Caffari (Aviva) à 2765,1 milles du premier
10- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2800,3 milles du premier
La sortie du Pacifique n'aura rien d'un long fleuve tranquille pour les navigateurs du Vendée Globe… Selon Richard Silvani de Météo France, la dépression qui devrait accompagner les leaders de la course devrait être la plus forte qu'ils aient enregistrée depuis leur entrée dans les quarantièmes rugissants. Autant dire que ceux qui espéraient pouvoir bénéficier d'un Pacifique apaisé et qui attendaient de longues glissades sur une houle bien ordonnée auront été réduits à la portion congrue. De Roland Jourdain (Veolia Environnement) à Armel le Cléac'h (Brit Air) tous admettent avoir été abonnés plus souvent au régime du shaker qu'à celui des longs surfs en pente douce. Et tous de reconnaître que le matériel avait été fortement sollicité et qu'il faudrait être vigilant sur la remontée de l'Atlantique.
Car si le Cap Horn marque, comme le notait Michel Desjoyeaux à la vacation d'aujourd'hui en premier lieu une délivrance, il ne signifie nullement que la course est jouée. Il reste encore un tiers du parcours à boucler pour achever ce Vendée Globe et ce, en traversant des systèmes météorologiques complexes. L'histoire des précédents Vendée Globe est là pour le démontrer : en 2005, Jean Le Cam passait le Horn avec plus de 250 milles d'avance sur Vincent Riou et Mike Golding, qui, l'un comme l'autre prenaient alternativement la tête de la course avant d'avoir franchi l'équateur. En 2001, Michel Desjoyeaux possédait plus de 600 milles d'avance sur Ellen mac Arthur qui revenait coller à ses basques au large du Brésil. Entre les obstacles naturels que constituent les îles Malouines, les coups de pampero, ces vents violents descendus des plateaux de Patagonie et les calmes générés par l'anticyclone de Sainte-Hélène, les pièges qui jalonnent le parcours en l'Atlantique sud sont particulièrement nombreux. Passer le Cap Horn en tête est un avantage psychologique évident, il ne garantit pas pour autant la victoire finale.
Solitaires solidaires
Plus à l'arrière, la flotte continue de lutter, vaille que vaille, contre les coups du sort. Sam Davies (Roxy), revenue par la force des choses, en 6ème position avouait qu'elle aurait préféré l'acquérir à la régulière et non sur une avarie d'un des plus grands animateurs de la course, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2). Le navigateur niçois avait eu l'élégance de joindre Sam par téléphone pour lui confier cette place. Un passage de relais dans la digne tradition des gens de mer. De même, un peu plus à l'arrière, Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Dee Caffari (Aviva) entretiennent des conversations régulières par e-mail : l'opportunité pour eux de pouvoir se jauger, de bénéficier d'un regard extérieur et d'un soutien éventuel. Entre les deux navigateurs, pas de cachotteries ni d'intox, la solidarité des mers du sud joue à plein. C'est aussi ces petits riens qui font tout le sel de cette course décidément hors norme.
Voix du large…
Arnaud Boissières, Akena Vérandas, à la vacation de 11h : « C'est bien d'être dixième. Mais le mauvais côté, c'est que je profite de l'abandon des copains. Alors, je m'occupe essentiellement de faire ma course et de batailler avec mon Anglaise. On se tire la bourre avec Dee Caffari. Comme elle est plus rapide que moi, il faut faire des choix stratégiques un peu différents... J'essaie de varier les trajectoires et les plaisirs. A l'arrivée, bien sûr que je lèverai le verre avec elle. C'est toujours bon de partager un coup avec ceux qui ont été embarqués dans une même aventure. Avec Dee, vu qu'on se bagarre, c'est plutôt rigolo, ça crée des liens. On communique bien. L'autre jour, elle me disait qu'elle avait des soucis avec sa grand voile. Je lui ai parlé de mes problèmes de lattes. Il n'y a pas d'intox entre nous. Je lui écris moitié français, moitié anglais, mais elle a l'air de comprendre. C'est bien. Quant à elle, ses réponses sont en anglais. Elle a aussi appris des mots en français, des expressions comme : aux petits oignons ou ça roule ma poule ! »
Michel Desjoyeaux, Foncia, à la vacation de 11h : « Le jour s'est levé depuis deux heures. La mer est plutôt calme, le vent raisonnable, aux alentours de 25/30 nœuds. La mer est dans le bon sens depuis que j'ai empanné cette nuit. Il y a de l'air qui rentre derrière. Pas violent. Ce vent va nous emmener jusqu'au Cap Horn. La bonne nouvelle, c'est que ça nous éviter d'aller dans les glaces. Je suis plus impatient que je n'ai peur d'arriver au Cap Horn même si je sais que c'est un coin délicat. Quand on le franchit, c'est quelque part une délivrance. On sort des mers du Sud, on retourne dans l'Atlantique. A chaque fois que je l'ai passé, c'était dans de bonnes conditions. Après le Horn, il restera un mois de navigation. La tactique, c'est quand même d'être prudent, de ne pas s'énerver. Il ne faut pas oublier que la remontée du Horn jusqu'à avoir passé l'anticyclone de Sainte-Hélène n'est pas des plus simples. »
Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h : « Ça fait plaisir de revenir vers chez vous. Là, ça commence à être un peu chaotique. Cet après-midi, ça risque d'être musclé. Quand je vois ce qu'on a pris hier. C'est monté à pratiquement 50 nœuds. Comme il y avait des variations d'angles de vent, la mer changeait beaucoup. Le spectacle était magnifique, la mer était superbe mais c'était dur de faire avancer le bateau. Pour la compétition, ce n'est pas terrible. Le moteur de la quille ne marche toujours pas. Il y a un ensemble de petits trucs que je ferai après le Cap Horn. Je bascule la quille à la main. C'est un peu folklorique. Je suis entrain d'apprendre. Tu tournes à la manivelle et puis tu te la fais à la Shadock ! Je vais revenir au Sables tout joli avec de gros biceps. Il faut préserver le bateau jusqu'au Horn. Après, on change d'océan. Tout un système météo va changer. L'anticyclone de st Hélène, le Pot-au-Noir, plein de phénomènes peuvent jouer. Dans la balance, il y aura aussi l'usure du bateau, les petits soucis et le destin ! »
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Source : Vendée Globe |
2-01-2009 > Communiqué de presse
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