Plus de compétition qui tienne, mais le plaisir et surtout le privilège de naviguer à la voile entre Orient et Occident. Dans 20 nœuds de vent et au rythme de courants survoltés, les équipages de 29 Figaro Bénéteau ont montré tout l'art et la manière de tirer des bords au cœur d'une cité aussi légendaire que tentaculaire. Inoubliable…
"Ce samedi matin, le ciel chargé et les claques de vent de nord-est annoncent la couleur : ce postlogue n'aura rien d'une promenade de santé. Va y avoir du sport sur le Bosphore ! Comme les années précédentes, le trafic maritime est bloqué pour l'occasion afin de laisser tout le champ libre aux 29 monotypes. Excusez du peu ! Tonique, rythmée, cette régate-parade a mis les équipages composés des sponsors, des partenaires et des proches des marin à pied d'œuvre. Sur les coups de midi, le Comité de Course donne le coup d'envoi : c'est parti pour un parcours d'une petite quinzaine de milles. Et ça démarre fort avec une première bataille de bords à tirer dans 23 nœuds de vent en direction de Beykos.
Orient ou occident ?
Rive orientale, ou rive occidentale ? Les tacticiens se creusent les méninges pour déjouer les caprices du Bosphore qui relie la mer de Marmara à la mer Noire. Entendent-ils l'appel du muezzin qui raisonne au même moment dans la ville ? Deux groupes se forment avec d'un côté les Orientaux et de l'autre les Occidentaux. On devine vite que l'essentiel reste d'éviter de sillonner le plan d'eau dans tous les sens, de passer de l'Europe à l'Asie à chaque virement de bord. Question de bon sens tactique. Pour autant, mieux vaut tenir le rythme : les changements d'amure se succèdent à un rythme effréné. A bord de Gedimat, Armel Tripon met vite son équipage au bon tempo : il s'agit de faire bonne figure et de ne pas rechigner à la manœuvre dans ce décor enchanteur sur fond de coupoles, de minarets et de superbes maisons, ces yalis, situées en bordure de Bosphore. Au boulot, on n'ose pas compter le nombre de virements nécessaires pour tracer son sillon avec lucidité et perspicacité au gré des risées et des contre-courants qu'il faut absolument éviter !
Sous spi vers la Corne d'Or
Il s'en suivra un bord sous spi pour rejoindre la Corne d'Or, où là encore il faut multiplier les empannages afin d'enrouler la marque aux avant-postes. Et c'est réparti de plus belle au louvoyage sur ces eaux magiques. Les monotypes se piquent au jeu et virent à tout va au plus près des deux rives. Ils saluent les Stamboulotes, étonnés de ce spectacle improbable : une parade disputée au couteau dans les plus belles règles de l'art du circuit Figaro. A ce petit jeu, les honneurs de ce postlogue disputé comme une vraie régate reviennent à l'équipage de Financo mené par Nicolas Troussel. Impérial, il a dominé cette parade de clôture de bout en bout…
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