Retour sur les 24H AZIMUT

© Christophe Favreau

Les sourires et les mots en disent long au terme des 24H Azimut, disputées en solitaire avec l’intensité d’une régate entre trois bouées. Les réactions des skippers, les traits tirés mais le verbe bavard, en témoignent. La première épreuve inscrite au programme du Défi Azimut a tenu ses promesses. Elle a offert, dans des conditions de vent rythmées sur un parcours de 215 milles, le cadre idéal pour donner lieu à une ultime répétition en course, riche d’enseignements à quelques semaines du départ du Vendée Globe.

Podium à foils

Solidement installé en tête de flotte dès les premières longueurs, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) a tenu son rang de favori tout du long. Animé d’une furieuse envie de l’emporter comme l’illustre son arrivée à l’attaque sous spi, il n’a pas laissé s’échapper une victoire nette et sans bavure. Dans son sillage, Morgan Lagravière (SAFRAN), bien dans le match, a toutes les raisons d’être satisfait. Le jeune compétiteur décroche une deuxième place bien méritée, à bord de son monocoque fraîchement équipé de nouveaux foils. Quant à Jérémie Beyou (Maître CoQ), qui signe un retour tonitruant sur la fin du parcours, flashé à 18-19 nœuds en vitesse de pointe, il prouve, si besoin était, qu’il maîtrise son sujet. Le triple vainqueur de la Solitaire du Figaro complète le podium de cette épreuve, trusté par trois bateaux à foils.
24 heures de régate pure
Pour autant, si ces monocoques à moustaches, comme on désigne ces voiliers dotés d’appendices porteurs, l’emportent sur la course, la 4è place de Paul Meilhat (SMA) dans les talons des leaders, vient tempérer des conclusions trop hâtives. Les bateaux à dérives classiques n’ont pas démérité et ont encore leur mot à dire. D’autant que tous s’accordent pour souligner que si les « foilers » prouvent qu’ils ont fait un bon en avant, les places d’honneur de ces 24H Azimut se sont avant tout jouées en termes tactique et de régate pure, au niveau des trajectoires comme des choix de voiles. De quoi attiser le suspense avant le lever de rideau du tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, annoncé comme une grande régate planétaire.

Demain… Tour de l’Ile de Groix !

Après quelques heures de repos et une bonne nuit de sommeil, le Défi Azimut reprendra dès demain ses droits avec les runs de vitesse et le traditionnel Chrono Azimut-Tour de l’île de Groix. Ce format de course en équipage offre aux skippers l’occasion d’embarquer des membres de leur équipe technique et des partenaires. Du vent d’ouest d’une bonne quinzaine de nœuds est annoncé. Ces conditions permettront-elles de battre le record d’1 heure 08 minutes et 10 secondes établi l’année dernière par les hommes de PRB ?

Les interviews

Armel La Cléac’h (Banque Populaire VIII) :

« Le bilan est positif, c’était une petite répétition générale, même si l’enjeu est minime par rapport au Vendée Globe, mais c’est toujours sympa de voir que tout fonctionne à bord, d’être devant les petits camarades sur tout le parcours, de voir que la vitesse du bateau est là… On est à trois semaines du départ pour les Sables d’Olonne. Le bateau commence à être fin prêt. C’est le fruit de tout le travail du team Banque Populaire depuis deux ans.
On a eu un peu toutes les conditions, le bord de près était assez intéressant, il y a eu pas mal d’options, je m’en suis plutôt bien tiré, j’en suis sorti avec 2,5 milles d’avance sur Morgan (Lagravière)… Et le grand bord de portant pour revenir jusqu’ici était très sympa avec jusqu’à 20 nœuds, un peu de mer… c’était sympa tout du long, c’est bien agréable d’en profiter.
Ça fait six ans que le Défi Azimut existe, avec Jean-Marie Corteville, j’étais un peu à l’origine de cette course avant le grand rendez-vous de fin de saison. Je ne l’avais encore jamais gagnée, je suis d’autant plus heureux de l’emporter aujourd’hui, et je reviendrai !
Marquer des points psychologiquement ? Je n’en sais rien… L’important c’est de confirmer que tout va bien à bord, que tout a fonctionné sans problème technique, ça permet de tout valider : c’est un gain de confiance pour moi et pour l’équipe.
Il y avait une belle bagarre sur l’eau, Morgan n’est pas loin, les vitesses sont proches. »

Morgan Lagravière (SAFRAN) :

« C’était une belle épreuve, C’était intéressant de se confronter aux meilleurs bateaux de la flotte et aux favoris du prochain Vendée Globe. On a fait pas mal de modifications sur le bateau ces derniers mois, notamment sur les foils : on avait besoin de se confronter et se rassurer sur les performances du bateau. Le constat est positif. C’est aussi l’occasion de continuer à travailler sur les manœuvres, pour éviter ce qui s’est passé à l’arrivée où j’ai été obligé de décrocher une voile à l’eau… Je suis content de la performance ! Faire deuxième derrière Banque Populaire et devant des ténors de la série, c’est toujours satisfaisant.
On savait qu’on avait un super bateau, une équipe performante, mais c’est toujours bien de le prouver aux autres. Ce sont des points marqués mais notre confiance était déjà là. Sur ce type d’épreuve, on vient pour gagner, on n’a peur de personne !
C’était comme une étape de Solitaire du Figaro : on ne dort pas une seconde, on a le couteau entre les dents du début à la fin et en plus on retrouve les mêmes que sur la Solitaire : Jerem’, Yann, Armel… On sait que ça va durer 24h donc on peut tout donner. Mais il y a une dimension physique qui est bien plus importante sur ces bateaux, un virement de bord ça va durer 20 mn pendant lesquelles tu es à fond physiquement. Il y a une gestion de l’effort qui est différente… c’est usant. »

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Défi Azimut

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