Croître et embellir

© Jacques Vapillon / Sea & Co

Le Grand Prix Guyader débutait aujourd’hui avec les M34, les monotypes (Open 7,40, Longtze et Mach 6.5) et une cinquantaine de Dragon. Un prélude tout en douceur avant l’arrivée, demain, d’une dépression aux parfums espagnols. Le menu de cette édition 2012 est généreux et pour enrichir cette mise en bouche, les projecteurs vont se tourner vers le Port Rhu quatre jours durant pour une fête des traditions maritimes originale et authentique.

Ça va monter !

Les Longtze, les Open 7,50 et Mach 6.5 ont ouvert le bal du Grand Prix Guyader ce matin à 11 heures 30 suivis en début d’après midi par les Dragon, pour la Coupe Crédit Mutuel de Bretagne et les M34, dans le cadre de la Volvo DRIVe Race. «Ce matin, on a fait une petite manche pour du beurre salé» expliquait, toujours caustique, Corentin Douguet, le boss du M34 Nantes Saint Nazaire E.Leclerc, «et cet après midi, on court pour de vrai. Le vent va monter au fur et à mesure jusqu’à 20 nœuds en fin de journée. Alors on va en profiter, parce que demain, je ne suis pas sûr qu’on puisse naviguer» (au-delà de 25 nœuds, les comités ne lancent pas de course). «A la fois, cette dépression qui nous vient d’Espagne suit une trajectoire tellement aléatoire que ça peut encore changer ».
Ils sont 8 bateaux du Tour de France Voile engagés au Grand Prix Guyader, soit les favoris de la grande boucle vélique (à part Toulon-Hyères). «Il va y avoir de belles bagarres sur l’eau» poursuit Corentin, «l’équipage russe qui est arrivé sur le circuit est, certes, nouveau venu, mais attention, ce sont des sacrés clients ». Si la compétition est toujours présente à l’esprit de ces grands sportifs, elle ne se pratique pas toujours de la même façon et à Douarnenez, il y a un petit quelque chose en plus, de l’ordre de l’attachement et de la fidélité. «On est toujours content de venir au Grand Prix Guyader » confie Corentin. «Dans mon classement personnel des baies, même si bien entendu je ne les ai pas encore toutes vues, celle de Douarnenez est la plus belle et la plus parfaite pour régater».
Les M34 ont couru deux manches, si Corentin et son équipage ont abandonné sur la première course gagnée par Bretagne Crédit Mutuel, ils ont remporté la deuxième.

La signature du Grand Prix

Ce stade parfait pour les M34 l’est aussi pour les Dragon qui ont fait du Grand Prix Guyader l’une des références mondiales de leur circuit. Ici se retrouvent les meilleurs marins de la série et la liste des médailles et des titres est à faire pâlir n’importe quel organisateur de grande course.
«Avec toute l’équipe de l’époque, on a lancé cette histoire il y a 20 ans » se souvient Yann Kersalé, le célèbre plasticien. «En 1995, il y a eu la Gold Cup et cet esprit ludique que nous avons initié a fait la gloire de notre plan d’eau. C’est ce qui a construit notre différence». Un avis largement partagé par les acteurs du Grand Prix Guyader, à commencer par Gwen Chapalain, le délégué général de l’événement : «Le Grand Prix, c’est une fête autour du sport. C’est notre signature ».
Pour les 52 Dragon en lice, après un rappel général à 14 h 40, le premier chapitre des régates s’est ouvert sous pavillon noir et l’ensemble de la flotte s’est sagement élancé pour une course qui s’est achevée à 16 heures 18 précisément. Les gros bras ont tout suite imprimer leur marque avec la victoire du bateau danois African Queen (DEN 406), l’Ukrainien Bunker Prince (UKR 9) et le Russe Alisa (RUS 2) complètent le podium.

Le Port Rhu en fête

A Douarnenez, il y a trois ports et celui du Port Rhu se fait enchanteur pendant quatre jours. A la barre de ce navire festif, un collectif de cinq associations et 70 bénévoles. Là aussi, un esprit, une signature. Yannick Daniel est le président de celle qui porte un bien joli nom, «les charpentiers de grève» (ces charpentiers marines qui étaient itinérants, se déplaçaient le long des grèves bretonnes et normandes). «C’est la 6ème édition de cette fête au Port Rhu pendant le Grand Prix Guyader. Nous mettons l’accent sur les métiers, nous travaillons devant les gens et nous expliquons notre démarche, notamment auprès des enfants ». Cette envie de donner à comprendre, de valoriser les traditions maritimes va au-delà du spectacle avec, entre autres, des cours de godille. «En fait, les gens ne savent plus godiller, ça a l’air tout bête, mais c’est vrai. Dans les écoles de voile on ne l’apprend plus, alors que si tu sais godiller, même en panne de moteur, tu te débrouilles. Nous avons envie de faire retrouver ces gestes et tout le monde peut venir s’entraîner ici, sur un ponton où nous avons installé des dames de nage. Après, petits et grands peuvent participer tous les après midi à notre concours de godille». Spectacle et ambiance garantie du côté des godilleurs mais aussi des fumeurs de poissons, des concerts, du musée, du cimetière des bateaux magnifiquement éclairé… Petite précision et elle est de taille : Tout est gratuit !

Source

Véronique Guillou Le Bivic

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