Collé -serré entre le marin et le vaucliin

Pour cette deuxième journée de course, les 37 équipages ont navigué entre Le Marin et la pointe de Faula au Vauclin dans le petit temps. Une journée qui s’annonçait donc longue…très longue ; L’occasion rêvée de prendre du temps pour découvrir le village de ce Championnat du monde des raids F18

Un village itinérant suit donc la caravane de la Martinique Cata Raid et fait la part belle aux produits locaux et bios. Rencontre avec Raymond, producteur de manioc qui nous parle de son métier et nous fait goûter une spécialité locale : le Kassav.

Le Kassav c’est une galette fabriquée à base de farine de manioc. A l’origine, elle se consommait nature, mais avec l’avènement des snacks, nous la proposons aujourd’hui avec différentes garnitures toutes issues de la culture biologique. Dans le manioc tout se mange, les racines mais également les feuilles : on peut faire de la soupe, des roulés ou encore le servir comme un légume. Pendant longtemps le manioc a été considéré comme une “culture de pauvre” parce que c’était avant tout un aliment de base. Aujourd’hui la production est soutenue et le manioc revient en force. Globalement l’agriculture b io est de plus en plus accompagnée, on reçoit des aides et un soutien actif. Nous sommes actuellement une soixantaine de producteurs bios en Martinique. De plus en plus de personnes sont conscientes des enjeux qui sont liés non seulement à une alimentation plus saine mais aussi à la préservation globale de l’environnement. La démarche est donc bien engagée ici, en Martinique.

Sur le marché du village vous trouverez aussi des fruits dont la très rare pomme de Jacques et des produits transformés (confitures, condiments pimentés), tous issus de l’agriculture bio évidemment ! Une raison de plus de venir faire un tour sur les étapes de la Martinique Cata Raid 2020.

Une course difficile et ultra disputée

Ce matin le vent était faible, laissant présager une étape longue et dure pour les nerfs, comme nous le confirmait Matthieu Souben : “C’est là qu’il va falloir être fort, ne rien lâcher, et surtout ne pas s’énerver”.
Au final, avec un vent établit entre 5 et 11 nœuds sur l’eau, la flotte a toujours navigué collé – serré. Sur l’eau, effectivement, il fallait serrer les dents, comme le confirme Orion Martin 3è de la manche du jour : C’était très difficile mentalement, il y avait peu de vent et des vagues, ce que nos bateaux n’aiment pas du tout parce qu’on a du mal à prendre de vi tesse. En plus, notre équipage est plutôt lourd donc ces conditions ne nous sont pas très favorables. Je dois vraiment remercier Charles, mon équipier. Il m’a remotivé à un moment où je commençais à perdre patience et à m’énerver. Il faut rester concentré, la route est longue et Charles a su me le prouver et je l’en remercie. Sans lui, je pense que j’aurai tout jeté dans la voile !

Mathieu Marfaing / Jean Boulogne vainqueurs de l’étape du jour :

Effectivement, la course a été difficile. Avec Jean, c’est notre première régate ensemble, moi je n’avais pas barré depuis 2 ans. Hier, on a connu quelques problèmes de coordination, mais aujourd’hui, on a pris un super départ ; on passe la première bouée en tête. Après la deuxième bouée les autres équipages partent plus au large, on est alors 5è. Du coup, quand on reprit la tête, on savait qu’il allait falloir se battre, ; Franck Cammas et Matthieu Vandame revenaient comme toujours, très fort, à quelques secondes dernière nous. A u final on gagne, on est super contents, on a fait du bon boulot, c’est cool !

Matthieu Vandame et Franck Cammas se classent deuxièmes. Pour Matthieu aussi la course a été très longue avec du petit temps dans l’ensemble et pas mal de sargasses. Il fallait jouer tout le temps le long de la côte et dès qu’on sentait le bateau un peu moins rapide on remontait les dérives, les safrans. On a du le faire une centaine de fois, mais deuxième, le résultat me va : bravo à Matthieu et Jean pour leur victoire et oui, il faut continuer comme ça !

Demain, c’est relâche au Vauclin pour tous les équipages, l’occasion pour se reposer, bricoler sur les bateaux et en profiter, bien-sûr pour découvrir toutes les autres richesses de l’île.

Source

Thomas Guerin

Liens

Informations diverses

Sous le vent

Les vidéos associées : F18