Morceau de bravoure !

© Jean-Yves Algae

Le rendez-vous de la régate, du large et de la découverte de la Martinique était ce matin fixé aux aurores par les organisateurs de la Round Martinique Regatta Crédit Mutuel AG. Les protagonistes des rapides groupes Racing et Surprise étaient en effet conviés à se présenter dès 4 heures ce samedi matin, en pleine nuit Martiniquaise, sur la ligne de départ mouillée au cœur de la baie de Fort de France. Les équipages s’élançaient gaillardement dans de tout petits airs pour une très longue journée à rebondissement autour de l’île, et à destination du Marin, soit une distance théorique de 80 milles. Les voiliers du groupe Croisière entamaient quant à eux dès 6 heures une régate plus courte mais non moins technique vers le Marin. Pour tous ces régatiers, le vent se levait avec le jour et les grandes manoeuvres pouvaient commencer, notamment chez les Surprise et les Racing qui se voyaient vite confrontés aux jeux des options, au large ou à terre ! Et comme c’est souvent le cas, les premiers choix déterminaient très vite l’ordre d’évolution des bateaux autour de l’île, au point de chambouler drastiquement pronostics et ordre établi.

GFS Crédit Mutuel piégé !

Favori de l’épreuve le Sun Fast 32 GFS Crédit Mutuel de Claude Granel, barré par Marc Emig choisissait d’emblée et dès la sortie de la baie de Fort de France de tirer au large, en quête d’un peu de pression de Nord Est. Las ! c’est à terre que se jouait la vérité, et Perseverare Diabolicum de Jean Michel Figuieres s’emparait du commandement dès le passage à Précheur, suivi comme son ombre d’Idefix de Virginie Zurawski et de GFA Caraïbes de Nicolas Gillet. « Nous sommes demeurés 45 minutes empétolés tandis que ça passait à terre » constatait avec un certain dépit Claude Granel.

Alors que le vent montait d’un cran, sous une chaleur de plus en plus accablante pour les équipages peu avares de leurs efforts devant la multiplication des virements de bords, c’est le Class40 Guadeloupéen Rêve de large de Rodolphe Sepho qui revenait dans le matche depuis sa position très au large des leaders. Le passage dans le canal de la Dominique ne modifiait pas l’ordonnancement de la flotte qui accélérait au vent de l’île. Le contournement en début d’après midi de la presqu’île de Caravelle sonnait l’heure de l’envoi des spis et des beaux moments de glisse au portant. Le Farr Perseverare Diabolicum était le premier à envoyer ses grandes voiles de portant et à glisser à belle allure plein sud. Nicolas Gillet et l’équipage de GFA Caraïbes retrouvaient les conditions appréciées de leur monocoque J 111 et accéléraient vers Le Marin dans le sillage du leader. Au terme de cette longue et éprouvante circumnavigation martiniquaise, ils parvenaient à tenir à distance le Class40 Guadeloupéen et en terminaient à quelques encablures du leader, dans la chaleur de la nuit Antillaise.

La Morrigane envers et contre tous

Longtemps groupés dans les petits mais du départ, les Surprise se sont, avec le lever du jour mis en ordre de marche selon une hiérarchie aperçue dès hier. Tristan Marmousez et son équipage de La Morigane ambitionnent la victoire et comptaient bien aujourd’hui asseoir leur suprématie. Ils s’installaient des les premières heures de course au commandement, et ouvraient crânement la route vers Le Prêcheur et le nord de l’île, longtemps au contact des rapides monocoques du groupe Racing. Vianney Saintenoy et son équipage de Digilife restaient à portée et maintenaient la pression, en compagnie d’un nouveau trouble fête, le voilier de la Marine Nationale skippé par Yvan Chapon qui revenait très fort au vent de l’île.

Tour du Diamant, The Round Rock !

Pour la troisième et dernière journée de régate demain dimanche, l’ensemble de la flotte, tous groupes confondus, cinglera vers Fort de France, via le tour de l’îlot emblématique de la Martinique, le célèbre Diamant.

Groupe Croisière : la belle surprise Canquin

Valery Platon, (Canquin) : « J’avais course gagnée jusqu’au dernier bord, et je me fais passer au dernier moment par Criss et Thunderboat. Je termine 4ème en temps réel, et c’est un peu frustrant. Heureusement, en temps compensé, nous remportons cette manche. Cette course a été magique. Je suis définitivement « accro » à la régate. Les conditions, comme hier, étaient idylliques, et le jeu des virements de bords, des options, est absolument fascinant. C’est ma première régate avec notre glorieux One Toner qui a connu de très beaux jours en Méditerranée. Les bords entre Diamant et Sainte Anne ont été magiques. J’ai le virus de la régate. Je suis ravi d’offrir cette victoire à l’Association APIPD dont je porte les couleurs et qui lutte contre la drépanocytose, une maladie génétique, héréditaire. C’est une anomalie de l’hémoglobine, substance qui se trouve dans le globule rouge qui circule dans le sang. »

Ils ont dit :

Jean Michel Figueres, Perseverare Diabolicum :

« On gagne en temps réel, avec probablement le record du tour de l’île à la clé, mais cela ne sera sans doute pas suffisant en temps compensé face à GFA Caraïbes et même SGS Crédit Mutuel. Cela s’est joué très tôt dans la course, dès la sortie de la baie de Fort de France. On est resté collé à la côte, et c’est passé pour nous. Puis le vent n’a fait que fraichir, surtout au vent de l’île, et là, dans une quinzaine de nœuds de vent, on s’est bien amusé au jeu des empannages sous spi. Le Class40 de Rodolphe Sepho est bien revenu avec ses grandes voiles asymétriques, mais on a tenu jusqu’au bout. »

Classement provisoire de l’étape :

Racing

1- Jean-Michel Figueres, Perseverare Diabolicum
2- Nicolas Gilet, GFA Caraïbes
3- Rêve de large, Rodolphe Sepho

Surprise

1- Tristan Marmousez, La Morrigane
2- Vianney Saintenoy, Digilife
3- Yvan Chapon, Marine Nationale

Groupe Croisière, Classement général provisoire

1- Valery Platon, Carquin-Artechna – APIPD
2- Frédéric Dupont, Thunderboat
3- David Thalmenc, Criss

Source

Sabina Mollart Rogerson

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 10 février 2019

Matossé sous: Divers, IRC - ORC, Régates

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