Point météo à J-1 du Départ de La Solitaire

© Alexis Courcoux

Plus longue de cette 49ème Solitaire URGO Le Figaro, la première étape de 570 milles dont le départ sera donné dimanche à 13 h ne devrait pas ménager les marins. La pression monte pour les 36 skippers qui rentreront dans le dur dès le début de soirée après une traversée de Manche express sous spi. Le passage de front assez actif promet ensuite un louvoyage pénible et sélectif le long des côtes anglaises. Changement complet de décor lundi après-midi. L’anticyclone se reforme avec son lot d’incertitudes et de coups fourrés. Pour rejoindre la pointe de la Cornouaille d’abord, puis la Bretagne et Saint Brieuc, le jeu s’annonce long mais aussi très ouvert… Décryptage des 36 premières heures.

Le parcours en quelques mots :

Départ du Havre dimanche à 13h. Parcours côtier de 8 milles. Traversée de la Manche vers la cardinale Sud Pullar dans l’Ouest d’Owers (78 milles). Navigation vers le phare de Wolf Rock le long des côtes anglaises avec l’île de Wight à laisser à tribord (200 milles). Traversée de la Manche retour vers la Grand Basse de Portsall (90 milles). Contournement de Guernesey puis route vers Saint-Quay Portrieux (165 milles) où sera positionnée la ligne d’arrivée avant l’entrée au port du Légué à Saint-Brieuc.

En fonction des conditions météo, la direction de course a prévu deux alternatives pour la fin du parcours, dont elle peut informer les skippers en cours d’étape : La première (tracé vert) élimine la marque de Portsall pour piquer directement vers Guernesey (475 milles au total). La seconde (tracé bleu) conserverait la basse Portsall mais élimine Guernesey (465 milles).

Parcours côtier : 8 milles de grand spectacle

En régate, on appelle ça un départ à l’anglaise. A 13 heures dimanche, dans un vent de Sud-ouest d’une bonne quinzaine de noeuds, le comité de course lâchera les fauves sous spi à pleine vitesse. Le spectacle au Nord du chenal d’accès au port du Havre devrait être au rendez-vous. Petit louvoyage à suivre puis retour au largue serré vers la bouée spectacle mouillée devant la plage. Pour clore ce parcours et s’ouvrir les portes du large, les 36 skippers pointeront enfin l’étrave vers la cardinale Ouest Octoville, bouée Radio France, où sera effectué comme d’usage, le premier classement (accompagné d’un prix). Le parcours devrait être bouclé en une heure environ et si la lumière est de la partie, le spectacle devrait être splendide.

Traversée de la Manche : Bord fumant

« On va se faire rouster dès la première nuit. Il va falloir mettre les biscuits dans les poches du ciré et sortir le casque lourd ! » Comme le bizuth Thomas Dolan (Smurfit Kappa), les 36 skippers de la la Solitaire URGO Le Figaro s’attendent à ne pas lâcher la barre les premières douze heures de course. Une perturbation assez active balaye la Manche dans la journée et génère un flux de Sud-Ouest qui va aller en forcissant t’après-midi. Sous spi, à une allure de plus en plus serrée, les vitesses devraient dépasser les 12-13 noeuds et les premiers pourraient virer Owers avant 21h. C’est à ce moment que le front devrait passer sur la flotte, amenant une rotation du vent à droite (à l’Ouest puis au Nord-Ouest) avec des claques jusqu’à 35-40 noeuds pour un louvoyage musclé vers le Sud de l’île de Wight. « La bonne nouvelle, commente Martin Le Pape (Skipper Macif 2017), c’est qu’on traversera les deux rails de cargo de jour. Mais sous spi, au largue, c’est quand même chaud, tu ne vois rien sous le vent et tu ne peux qu’abattre pour anticiper une croisement dangereux… »

Si le pointage à cette première marque ne présage pas forcément de l’ordre d’arrivée à Saint-Brieuc, il y a fort à parier que sur cet exercice très technique et assez engagé physiquement, les écarts seront déjà importants entre les gros bras de la classe et les jeunes pousses moins expérimentés dans la brise.

Owers-Wolfrock : Modèles divergents

Après cette entame musclée, les skippers n’auront pas vraiment le temps de souffler même si la brise va rapidement s’effondrer dans la journée de lundi, rendant la vie à bord plus paisible. L’anticyclone se reconstitue, brouillé par de petites dépressions thermiques provenant de l’Espagne et rendant les modèles très divergents à ce jour. Les fichiers GFS (source américaine) envoient les skippers jouer les effets de brise et le courant le long des côtes anglaises, en rentrant profondément dans les grandes baies qui mènent au phare de Wolf Rock, distant de 200 milles environ. De leur côté les modèles européens (CEP et Arpège) proposent une route sillonnant la Manche en son milieu, sorte de grande cuillère qui fait passer au ras d’Aurigny à la pointe du Cotentin ! Autant dire que si le scénario ne se clarifie pas d’ici dimanche midi, il pourrait y avoir deux options très marquées et pouvant générer de forts écarts, voire des échappées « Il faudra affiner nos road-books, être inspirés mais aussi commencer à caler quelques siestes, commente Eric Péron (Finistère Mer Vent), car autrement, la suite va être compliquée ! »

Suite et fin : incertaine !

Espérés à Wolf Rock mardi en fin de journée, les premiers auront bouclé une bonne moitié du parcours et une première hiérarchie sera établie. Rien de définitif, même si le retour vers les côtes françaises – qu’il emprunte ou non le crochet anglo-normand – propose des segments plus courts favorisant les petits décalages stratégiques. Mais les forts courants avec un coefficient de marée qui culmine à 86 mercredi et les conditions de vent toujours légères pourraient encore rebattre les cartes et générer bien des surprises.

Source

Rivacom

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