Beijaflore, révélation de l’EFG Sailing Arabia – The Tour

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© 2018 Lloyd Images

Des paysages à couper le souffle, des régates acharnées et des conditions parfaites, c’est l’impression générale laissée par le nouveau format de l’EFG Sailing Arabia – The Tour. La décision d’Oman Sail de changer le format de l’épreuve, auparavant en habitable, pour se caler sur celui du Tour de France à la Voile, est saluée par tous. En six mois, l’organisateur a déterminé le parcours et mis en place toutes les conditions pour une première réussie. « On a un peu l’impression de participer à une aventure » souligne Elodie-Jane Mettraux, conquise par l’épreuve comme par le pays. Véritable odyssée, la caravane du Sailing Arabia a traversé les déserts pour relier Salalah, au sud, à la capitale, Mascate à travers 6 étapes qui sacrent Beijaflore en grand vainqueur.

« Le score ne reflète pas ce qui s’est passé sur l’eau » relativise Valentin Bellet, le skipper. En effet, si Beijaflore a dominé le début de la compétition, les concurrents se sont vite mis au diapason avec une rude bataille pour la seconde place sur le podium entre EFG (Douillard) et Averda (Morrison). Derrière ces trois leaders, les écarts sont infimes avec seulement 0.4 points entre le 4ème (Vivacar) et le 6ème (Lorina). On termine à seulement 0.4 points du 4ème, c’est frustrant explique le jeune skipper Solune Robert, déçu du résultat mais ravi par l’expérience.

A l’image des autres marins, il rêve de revenir l’année prochaine pour découvrir d’autres sites mais aussi pour prendre un peu d’avance sur les concurrents du prochain Tour de France à la Voile.

Beijaflore, la complicité gagnante

C’est un collectif discret et complice qui est mis en lumière par une victoire éclatante. Ces dix points d’avance marquent une réelle domination face à des marins de niveau international mais au sein du team Beijaflore, personne ne gonfle le torse. Avec une moyenne d’âge d’un peu plus de 25 ans, l’équipage rassemble une association d’individualités de talent qui se transcendent les uns aux côtés des autres et affichent, autour du bateau, une complicité palpable. Le manager, Pierre Mas, explique la sélection effectuée à l’automne 2016. Il a commencé par contacter Valentin Bellet, spécialiste du multicoque, avant de construire avec lui le reste de ce qui deviendra le team Beijaflore. « Avec Valentin, nous avons réuni une douzaine de personnes qui avaient les qualités que nous cherchions. Il y avait un critère d’âge et de performance. Nous avons passé une semaine dans une maison à la Trinité pour naviguer ensemble mais aussi pour vivre ensemble. Nous cherchions des gens compétents sportivement mais aussi capables de vivre en groupe ». C’est ainsi que se forme un noyau dur. Guillaume Pirouelle et Valentin Sipan, binôme réputé en dériveur, embarquent ainsi que Julien Villion. Le doyen (30 ans) de l’équipe a déjà remporté deux Tour de France à la Voile. « C’est un bonheur de naviguer et vivre avec ces gens-là » explique Julien.

Les résultats de la première année sont au rendez-vous avec une belle troisième place sur le Tour Voile mais aucune victoire majeure ne s’offre à eux. Celle qu’ils signent aujourd’hui sur le EFG Sailing Arabia – The Tour marque un changement de statut. Elle place, de facto, Beijaflore parmi les favoris du prochain Tour Voile.

Les stats du SATT

Lors de ce EFG Sailing Arabia – The Tour, 19 manches de format stadium ont été disputées. Cinq parcours côtiers ont été lancés cumulant 99 milles de compétition. L’équipage Beijaflore remporte 8 courses, suivi par Vivacar qui en domine 5. Seuls les équipages DB Schenker et Renaissance, destinés à former des marins omanais, n’ont remporté aucune course.

Interview de Valentin Bellet (Beijaflore) :

« On est très contents. C’est super de gagner comme ça. On va essayer de faire pareil plus tard. On a une bonne préparation, un bon équipage et il y a une bonne ambiance entre nous. La victoire, c’est plein de petites choses. Il faut rester très combatif. On n’a jamais accepté de laisser passer une place et au final, ça fait la différence. C’est très bien de venir ici pour préparer le Tour de France. Ici, c’est possible de naviguer beaucoup. L’endroit est très nouveau pour nous tous. Je n’avais jamais navigué à Oman. Ça a été une découverte tous les jours. Les paysages sont magnifiques et changent tous le temps. Le résultat final nous donne un bel avantage mais il ne reflète pas ce qu’il s’est passé sur l’eau. Nous étions très proches les uns des autres. »

Thierry Douillard (EFG) : « Tout le monde va s’en souvenir »

« C’est une très belle deuxième place. On a toujours été dans le coup. Cet événement était un galop d’essai pour Oman Sail car il s’agit de créer une nouvelle épreuve, sur un nouveau format, et ça, c’est gagné. Ali et Abdu (les équipiers omanais, ndr) ont bien progressé et c’est aussi positif. Il faut remercier et féliciter Oman Sail pour avoir monté cet évènement en 6 mois. Humainement, c’est une belle aventure et tout le monde va s’en souvenir. »

Interview de Matthieu Souben (Vivacar.fr) : « On sait qu’il y a du potentiel »

« C’est top. On a trouvé ce qu’on est venu chercher. Ce sont des conditions de navigation que l’on n’a pas en Europe. On a fait du qualitatif et du quantitatif. On est super contents car il y avait une super bonne ambiance à terre. On a pu naviguer tous les jours, sauf aujourd’hui. On a pu essayer pas mal de choses, notamment en matière de configuration d’équipage, ce qu’on voulait faire depuis longtemps. On gagne cinq courses en stadium. C’est de bon augure pour la suite. On sait qu’il y a du potentiel. »

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : « On est des privilégiés »

« Nous étions là pour préparer le Tour et nous entraîner. C’est super réussi. On a navigué dans de supers conditions. C’était bien organisé, tout était bien. De notre côté, on s’est rendu compte que ça n’était pas un entraînement mais une course. On a mal démarré à cause d’un filet de peche et d’une pénalité et ça a plombé notre classement. On aurait pu s’y prendre différemment en termes de régate pure. C’est une erreur sur le papier. En dehors de ça, c’est une super expérience. On a découvert un endroit étonnant. Très dépaysant. On est des privilégiés de naviguer dans ces conditions. »

Solune Robert (Lorina Golfe du Morbihan) : « Je conseille à tout le monde de venir l’année prochaine »

« C’est une régate vraiment sympa. On a de la chance d’être ici et on espère revenir l’année prochaine. Il y avait huit bateaux mais avec un très haut niveau. On n’est pas très satisfaits de notre niveau et on a aussi manqué un peu de réussite. On termine 6ème à seulement 0.4 points du 4ème, c’est frustrant. On espère que ça va tourner dans l’autre sens pour nous dans la saison. Oman est un beau pays avec une population hyper accueillante. Je conseille à tout le monde de venir l’année prochaine. C’est une très belle régate. »

Cédric Pouligny (Renaissance) : « Une vision différente d’Oman »

« Je ne peux pas comparer cette nouvelle formule avec la précédente, ça n’a rien à voir. L’organisateur a eu peu de temps pour le mettre en place mais c’est bien réussi. Le plateau sportif était relevé avec de bonnes conditions de navigation. A part aujourd’hui, nous avons eu du vent tout le temps. Le contrat est rempli. Je connais le pays car je viens souvent pour naviguer mais je n’étais jamais allé dans ces endroits. C’est une vision différente d’Oman. J’ai apprécié de découvrir ce pays.

Sur le plan sportif, c’est Work in Progress. On est encore loin des meilleurs et il reste beaucoup de travail. On a pu se confronter aux meilleurs et ça nous donne une idée de notre niveau. On a aussi connu un dessalage, c’est un bon avertissement. »

Elodie-Jane Mettraux (DB Schenker) : « Il y a un sentiment d’aventure »

« Ça ne se voit pas sur les résultats mais on a progressé sur tout pendant cette compétition. Que ça soit sur la préparation du bateau, les départs, etc… On a pu faire participer les Omanaises. C’était la première fois que nous naviguions ensemble avec Mathilde et Sophie et ça s’est bien passé. C’est une course très dépaysante. C’est beau ! C’est chouette de découvrir un pays qui n’est pas encore très touristique. Il y a un sentiment d’aventure. Nous avions à bord deux Omanaises avec des caractères très différents. J’ai eu une bonne surprise avec Tami. Même si elle ne comprend pas tout en anglais, elle est très volontaire et participe beaucoup. Elle a envie de faire des choses et cela nous donne envie de lui laisser des responsabilités. »

Classement définitif :

  1. Beijaflore (Valentin Bellet) – 14,5 pts
  2. EFG Bank (Thierry Douillard) – 23,5 pts
  3. Averda (Stevie Morrison) – 28,5 pts
  4. Vivacar.fr (Matthieu Souben) – 37 pts
  5. Poujoulat (Bernard Stamm) – 37 pts
  6. Lorina Golfe du Morbihan (Solune Robert) – 37,4 pts
  7. Renaissance (Cédric Pouligny) – 59,5 pts
  8. DB Schenker (Elodie Mettraux) – 66 pts

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