Attention danger !

IRC, J3, SNIM 2017, Société Nautique de Marseille

© Pierick Jeannoutot

La 3e journée de cette SNIM 2017 a permis aux grosses unités d’en découdre. La sagesse a conduit le comité a laissé les monotypes et les IRC4, bien calés au Vieux-Port. Une journée rock, l’occasion de revoir quelques classiques au niveau de la sécurité.

Impitoyable Mistral. Après une très grosse journée hier, les 1500 marins amateurs et professionnels de la 52ème Semaine nautique internationale de Méditerranée étaient pendus à la décision des membres du comité de course. Tout comme l’étaient ces derniers, quelques instants plus tôt, à l’analyse de Henry Antoine, prévisionniste météo de la régate, qui annonce d’un air désolé “J’aurai aimé vous dire que les conditions sont idéales aujourd’hui, mais ça va souffler très fort…“. Il ne s’est pas trompé : du vent à plus de 30 nœuds, voire 40 et surtout des vagues, grosses et courtes. Le résultat est sans appel pour les plus petits bateaux – monotypes et les IRC4 – : « aperçu sur A », qui veut dire en langage technique que c’est une journée de vacances pour une partie de la flotte. Certains en profitent donc pour faire du tourisme, d’autre réparent ou pansent leurs blessures. Car le mistral n’a pas été tendre pour les hommes comme les bateaux : Lorina 1895, le Swan 601 fraichement arrivé sur le circuit a déchiré plusieurs voiles la veille. Trop long à réparer, la plus grosse unité de cette SNIM reste à quai et jette l’éponge pour le reste de la régate. Idem pour Coyote, le BT52 marseillais qui a eu de gros soucis de spi, obligeant un équipier à monter en tête de mât pour cisailler la voile battante, après qu’un cordage ait garrotté le mollet du tacticien.

Aussi, quand le tout nouveau président de la Fédération française de voile, Nicolas Hénart, conseille aux participants “de ne faire aucune concession sur la sécurité“, on comprend que ce sera le maître-mot du jour. D’ailleurs, Philippe Faure, président du comité de course des IRC 0 à 3 impose le port du gilet obligatoire avant de lancer la flotte des plus grands bateaux à la conquête du Mistral ! Il est 12h30, et le vent n’est pas si fort en Rade sud, d’où part la première course du jour. A ce moment, personne ne sait que ce sera l’unique manche et les concurrents se montrent très agressifs sur le premier départ. “Rappel général, on recommence !“, un nouveau départ est donné.

Il y a de l’enjeu, et les régatiers repoussent leurs limites. Trop ? “C’est sûr qu’en tant que compétiteurs, on n’a un objectif, qui a tendance à écraser les autres : gagner. On a beau savoir que les conditions sont relativement dangereuses, parfois on prend des risques qu’on ne prendrait pas en croisière.“ reconnaît Pierre Quiroga, jeune skipper professionnel qui sera au départ de la Solitaire du Figaro en juin prochain. Lui qui, après 48h sans dormir, s’était écroulé de fatigue sur son bateau en pleine course en solitaire, au début de sa carrière de figariste rappelle humblement : “A la fin c’est toujours la mer qui gagne.“

A la fin, c’est surtout toujours Team Vision Future de Jean-Jacques Chaubard qui gagne en IRC 0, tout comme Tonnerre de Glen de Dominique Tian chez les IRC 1 et TwinL Banque d’affaires de Franck Loubaresse en IRC 3. Chez les IRC 2, Geranium killer reprend du poil de la bête et remporte une nouvelle manche qui le remet en lice pour le podium. Dimitri Deruelle, tacticien et fin connaisseur de la rade Sud a le sourire : “Le vent fort, ça remet les idées en place, et surtout les équipages à niveau. Le nôtre s’est entrainé durement cet hiver, et tourne maintenant depuis plusieurs saisons : ça porte ses fruits. Et puis une SNIM sans mistral, ça n’existe pas !“.

Vers 14h30, le vent monte franchement d’un cran et les manœuvres deviennent de plus en plus acrobatiques. Une rafale à près de 40 nœuds déchire la grand-voile du cador Team Vision Future qui annonce son retour au port. Les abandons se multiplient et le comité de course décide d’emboîter le pas : “A tous les bateaux de la SNIM : aperçu sur A“. En français ça veut dire : clap de fin sur cette troisième belle journée de navigation, et place à présent à la soirée des équipages de la SNIM. Tradition oblige, après le Sport, le Rock’n’roll !

Le chiffre du jour : 6

Comme six manches, et six places de premier en IRC3 pour Twinl banque d’affaire de Franck Loubaresse. Un mini chelem pour le bateau marseillais du CNTL. Objectif ? “Si on fait le grand chelem demain-soir, sourit le propriétaire, j’ai promis à l’équipage que je l’invitais à dîner au Petit Nice…“ Reste à savoir s’il évoque celui de la Corniche ou de la Plaine.

A noter que Team Vision Future, en IRC0, a réalisé ce même petit chelem, et Tonnerre de Glen, de son côté, n’a pas perdu une course. Il a juste été empêché de terminer une manche à cause d’une avarie (bastaque). Cet abandon est le joker du bateau marseillais, qui possède néanmoins 5 points (5 victoires).

Nicolas Hénard, le président de la FFV, en visite sur la SNIM

Arrivé du Spi Ouest hier en début de journée, Nicolas Hénart a, de suite, enlevé sa petite laine, pour découvrir la SNIM, et se présenter à ceux qui ne le connaitraient pas ou peu. L’ancien double champion olympique de Tornado (1988-1992) a rappelé les principaux objectifs d’un mandat qu’il veut “tourné vers les clubs, car les recettes des uns des autres en local, peuvent être appliquées au niveau de la fédération…“

La SNIM ? “Depuis que j’ai l’âge de raison, j’entends parler de la SNIM, qui est une régate mythique“, sourit-il. “C’est un des temps forts du circuit méditerranéen et ça doit le rester. Il y a un sacré plateau, avec de magnifiques unités de propriétaires. La SNIM, c’est sérieux sur l’eau, c’est convivial et ça navigue bien ! C’est pour ça que les gens ont envie de revenir tous les ans. Et puis, la SNIM, c’est le rassemblement des olympiques et de la course au large. C’est une bonne chose de changer de support, à certains moments, et voir autre chose.

Avant de rentrer sur Paris, le président de la FFV a émis le vœu suivant : “Qu’un Marseillais entende la marseillaise à Marseille, à l’occasion des épreuves de voile des JO 2024…“ On a sept ans pour y travailler !

Classement après la troisième journée

IRC0 – 6 courses disputées, 5 retenues

1/ Team Vision Future (Jean-Jacques Chaubard) 5 pts
2/ Alizée (Laurent Camprubi) 10 pts
3/ Arobas2 (Christophe Bouvet) 15 pts

IRC1 – 6 courses disputées, 5 retenues

1/ Tonnerre de Glen (Dominique Tian) 5 pts
2/ Lady First 2 (Jean-Pierre Dréau) 10 pts
3/ Adrénaline (Michel Gendron) 17 pts

IRC2 – 6 courses disputées, 5 retenues

1/ Vito 2 (Gian Marco Magrini) 9 pts
2/ Jivaro (Yves Grosjean) 11 pts
3/ Geranium Killer (Pascal Favalo) 12 pts

IRC3 – 6 courses disputées, 5 retenues

1/ Twinl Banque d’Affaires (Franck Loubaresse) 5 pts
2/ Euro-Voiles (Denis Infante) 16 pts
3/ TIP (Gilles Pages) 19 pas

IRC4 – 5 courses disputées, 5 retenues

1/ Expresso (Guy Claeys) 10 pts
2/ Atlog (Antony Steinberg) 15 pts
3/ Melten (Laurent Sagols) 16 pts

Surprise – 4 courses disputées, 4 retenues

1/ Petit Tabac (Frank Reinhardt) 8 pts
2/ Hegoa (Maxime Faure) 13 pts
3/ Goaly (Nicolas Beauregard) 23 pts

Grand Surprise – 7 courses disputées, 7 retenues

1/ Vieux-Farceur (Loïc Fournier-Foch) 15 pts
2/ Airbus Hélicoptère 2 (Thomas Clerc) 26 pts
3/ Numericompta (Paul d’Ortoli) 35 pts

Source

Raphaël Mira

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