Biarnès, roi des petits airs pour quitter Deauville

  • 2016, DEPART, ERIC BOMPARD, FIGARO, SOLITAIRE BOMPARD LE FIGARO, VOILE
    © Alexis Courcoux
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    © Alexis Courcoux
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Cette fois, ça y est, les 39 skippers sont entrés dans le vif du sujet de cette 47eme Solitaire Bompard Le Figaro. C’est Vincent Biarnès (Guyot Environnement) qui a pris la tête grâce à des manœuvres de petit temps frôlant la perfection. Comme promis, le soleil a répondu présent pour saluer la flotte à l’heure du coup d’envoi, à 13h02. Pour autant, le vent a boudé le départ, rendant l’envoi des spis hasardeux et difficile.

Si l’impatience l’emportait à l’heure de larguer les amarres et de saluer Deauville pour la chaleur et la convivialité de son accueil au bassin Morny, tous savaient qu’ils devraient ronger leur frein dans des conditions de demoiselles qui ont sévi ce dimanche après-midi en baie de Seine. Joint en direct à la VHF, moins d’une petite heure après le coup d’envoi, Gildas Morvan (Cercle Vert) plantait le décor, encalminé comme ses 38 concurrents : « Le maire de Deauville nous avait promis un joli soleil et un peu de thermique, mais cette petite brise n’a pas répondu à l’appel. C’est mou, très mou. Il va falloir patienter, mais on sait qu’après quelques heures très lentes, le vent de sud-ouest doit rentrer. Ce soir, ce sera plus facile, on va pouvoir aller plus vite sous spi en route directe vers la bouée Owers et l’île de Wight. »

Un 360° pour Charlie Dalin

Après les honneurs de la ligne, revenus à Corentin Douguet (Sofinther-Un Maillot pour la Vie), parti lancé en bâbord amures, Vincent Biarnes, suivi par Benjamin Dutreux (Team Vendée) et Erwan Tabarly (Armor Lux), était le plus inspiré pour enrouler en tête la bouée de dégagement avant que le vent ne s’écroule. Le grand favori Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) faisait alors les frais de ces conditions délicates et touchait la bouée ce qui l’obligeait à réaliser un tour de pénalité. Rageant et surtout pénalisant dans un contexte où la moindre erreur se paye cash.

Vincent Biarnès file à l’Anglaise

Toujours à son affaire dans ces tout petits airs, Vincent Biarnès creusait alors de précieux écarts avec la meute de poursuivants, lâchée à … moins de 3 nœuds ! Leader à la bouée Radio France, le skipper gardait la tête froide : « Cela reste assez aléatoire, donc pour l’instant on prend ce qu’on a, et on verra quand le vent va rentrer » expliquait-il après deux heures de course. Il devançait alors Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM) et Thierry Chabagny (Gedimat). De son côté, Gildas Morvan, payait cher une erreur de positionnement de la bouée SpeedCast dans son logiciel de navigation, et se retrouvait à fermer la marche avec le jeune Benjamin Dutreux. Dans les prochaines heures, les 39 concurrents auront oublié ce départ au ralenti. « En soirée, les marins toucheront un nouveau vent de secteur sud-ouest. Ce vent se renforcera assez rapidement en s’orientant sud-sud-ouest de l’ordre de 15 nœuds. Les skippers retrouveront donc de la vitesse en direction des côtes anglaises » analyse Cyrille Duchesne, prévisionniste chez Météo Consult.

Ils ont dit avant de quitter Deauville :

Vincent Biarnès (Guyot Environnement) :

« Ce n’était pas simple, on n’avait pas beaucoup de vent et il est tombé complètement sur le premier bord de portant. Les spis avaient vraiment du mal à se gonfler. La plupart des bateaux sont repassés sous génois. Et puis, il y a une petite risée qui est arrivée et qui m’a permis de conserver l’avantage que j’avais à la première marque. C’est du tout petit temps et ce n’est pas fini, parce que le vent mollit régulièrement. J’ai misé un peu sur le courant plus fort en sortie de l’estuaire de la Seine. Il y a un petit groupe qui est parti assez radicalement sur la gauche du plan d’eau après le petit parcours. On va voir ce que ça donne dans une heure ou deux. Cela reste assez aléatoire, donc pour l’instant on prend ce qu’on a, et on verra quand le vent va rentrer. »

Corentin Douguet (Sofinther-Un Maillot pour la Vie) :

« La météo qui n’est pas limpide nous oblige encore à réfléchir aux différents schémas possibles. Le premier enjeu sera de réussir à sortir de la baie de Seine pour trouver le vent de sud-ouest qui nous emmènera en Angleterre et cela ne s’annonce pas simple. Le premier écueil se situe sur le parcours de départ qui peut créer de premiers écarts. Ensuite, la route est super longue, c’est mieux de partir avec le bon paquet, mais si ce n’est pas le cas, il ne faudra surtout pas se démobiliser puisqu’il peut se passer énormément de choses avec de nombreux retournements de situation. Cette étape, c’est un beau morceau de trois-quatre jours de mer… Du costaud ! »

Sébastien Simon (Bretagne-CMB Performance) :

« Je me sens plutôt bien. Cela fait deux semaines quasiment qu’on est là, j’ai vraiment hâte de partir. Au départ, ce sont des conditions de petit temps que j’aime bien, mais cela ne va pas durer, on va prendre beaucoup de vent quand on arrivera en Angleterre. Cela fera forcément un peu le tri, même si cela va redevenir mou avec des adversaires qui vont recoller. Cela promet d’être intéressant et dur pour les nerfs ! On aura peu de moments de repos. Je connais bien le bateau, je vais vite avec et j’ai le couteau entre les dents pour bien faire. »

Sophie Faguet (Région Normandie) :

« Les conditions annoncées sont très variables : petit temps d’abord et vent fort après. Il faudra donc être patient au début, attaquer ensuite sans être trop gourmand pour préserver un peu le matériel quand on arrivera à Cowes dans du vent plutôt fort. Il ne faudra pas casser au début, manœuvrer sereinement, pour rester encore plus d’attaque le long de la côte anglaise. Par rapport à l’année dernière qui était ma première, je me sens plus à l’aise dans la maîtrise du bateau, en préparation météo et du bateau. J’espère que cela me permettra de mieux performer. Mais je ne me mets pas de pression particulière. L’idée reste de se faire plaisir et de donner le max ! »

Martin Le Pape (Bellocq Paysages) :

« J’ai hâte d’y aller, même si c’est toujours un peu stressant. La tension des départs, on commence à savoir à ce que c’est, mais dès qu’on sort, c’est parti, on est dans le match. C’est un peu une sorte de trac lié à l’envie de bien faire. C’est une course que je prépare au Pôle Finistère Course au Large depuis le début de la saison, c’était un peu le chemin de croix pour y être. Prendre le départ, c’est déjà une petite victoire ! »

Alan Roberts (Alan Roberts Racing) :

« C’est intéressant de pouvoir mesurer en compétition tout ce que j’ai appris cette année. Je suis très motivé, même si je sais que la première nuit va être difficile. Je ne suis pas sûr que le fait de régater le long des côtes anglaises soit une avantage, beaucoup de concurrents français ont beaucoup plus d’expérience que moi en navigation, mais c’est chouette de rejoindre son jardin, cela me donnera de l’énergie et la niaque. »

Tolga Pamir (Renoval/1 Jour 1 Homme 1 Arbre) :

« Je suis plus excité que l’an dernier, c’est bizarre, j’ai un peu mal au ventre. Mais je suis plus prêt aussi, c’est parti pour une deuxième tentative ! Je suis content de partir naviguer. Ca va être sympa, on va mettre les spis rapidement, la traversée de la Manche sera rapide. Owers ce sera tôt demain matin. Je pense que ce sera long jusqu’à Wolf Rock. On va mettre presque 36 heures au près. C’est la pire allure en Mini, mais en Figaro c’est plus confortable ! Il va falloir être dessus tout le temps. Je vais tout faire pour faire mieux que l’an dernier. »

Arthur Prat (Les Perles de St Barth) :

« Cette nuit, je me suis réveillé tous les quarts d’heure à partir de 5h du matin ! Mais ça va. Les conditions vont tout de même être compliquées au départ, car le vent va mettre du temps à rentrer. Nous allons avoir du vent fort dans la nuit, et puis après ce sera du près. Il faudra faire attention, je mettrai la performance au second plan pour rester safe. Je ne sais pas bien où je me situe par rapport aux autres. En tout cas, je suis en pleine forme, mon bateau est prêt, je suis impatient de partir. »

Benoît Hochart (Presqu’île de Rhuys – Miramar) :

« Je me sens bien, j’ai vraiment envie d’y aller maintenant. Je m’attends à une vraie étape de Solitaire, assez longue, variée. Il va falloir réfléchir, j’aime bien ce genre de parcours. J’ai hâte d’aller découvrir ce qui nous attend. On sait que l’on va avoir du vent, il faut arriver au sud de l’Angleterre bien préparé, il faut se mettre dans la course vite et bien, mais ne pas prendre de risques sur le départ. »

Les dix premiers à la bouée Radio France

  1. Vincent Biarnès (Guyot Environnement)
  2. Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM)
  3. Thierry Chabagny (Gedimat)
  4. Erwan Tabarly (Armor Lux)
  5. Corentin Douguet (Sofinther-Un Maillot pour la Vie)
  6. Sébastien Simon (Bretagne-CMB Performance)
  7. Aymeric Decroocq (Bretagne-CMB Espoir)
  8. Christopher Pratt (Sourire à la vie)
  9. Anthony Marchand (Ovimpex-Secours Populaire)
  10. Xavier Macaire (Chemins d’Océans)

Source

Rivacom

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