Alain Gautier toujours dans la course

Alain Gautier prolonge son aventure dans la course au large auprès de Generali. Un retour aux sources fort en symboles tandis que Generali célèbre ses quarante ans de sponsoring voile.

Le 31 mai à Pauillac, Alain Gautier, à bord du Figaro Bénéteau 2 Generali 40, prendra le départ de sa 17ème Solitaire du Figaro-Eric Bompard cachemire. A 53 ans, le skipper lorientais prolonge une histoire qui a débuté en 1987 et qui l’a porté vers la voile professionnelle. Nul n’est sans doute mieux placé que le vainqueur du Vendée Globe 1992-1993 pour incarner la fidélité à la voile de son partenaire.

L’histoire a débuté à une époque où la course au large offrait des vocations, mais pas forcément des métiers. « J’étais sur le point de renoncer à ma carrière de skipper pour retourner à la vie normale » raconte Alain Gautier « quand j’ai rencontré Laura Vergne, la directrice de la communication de Generali. C’est elle, femme de caractère, qui a initié le sponsoring voile en 1975 chez Concorde, devenue un peu plus tard Generali. Marie-Christine Lanne, qui lui a succédé, a pris la relève avec talent. Contrairement à d’autres sponsors, Generali ne faisait pas de détection, mais choisissait des skippers à son image. Sincèrement, si Generali n’avait pas été là, beaucoup de jeunes skippers n’auraient pas eu l’occasion de jouer avec les grands. Et la voile aurait manqué de Gilles le Baud, Eliès et Lunven père et fils, Pascal Bidegorry… »

L’histoire qui le portera jusqu’à une victoire dans la Solitaire du Figaro en 1989, débute par un « caramel » en 1987 – une mauvaise option le met hors course dès la première étape cette année-là -, puis une frustration l’année suivante, qui fait encore grimacer Alain Gautier : « En 1988, je gagne les trois premières étapes, j’ai une belle avance sur la flotte, mais Laurent Bourgnon fait un beau coup météo et, dans la pétole de Quiberon, à cinq milles de l’arrivée, il me coiffe au poteau. C’est une grosse déception, mais Generali me propose malgré tout d’armer un bateau pour la course que Philippe Jeantot vient de créer ». Cette course, c’est le Vendée Globe, bien sûr, saut dans l’inconnu qu’abordent joyeusement treize marins un rien inconscients.

Alain Gautier termine 6ème de ce premier Vendée Globe. L’automne suivant, Generali et son skipper échoueront de peu à remporter le BOC Challenge 90-91. Puis Alain Gautier changera de couleurs pour aller remporter le Vendée Globe 1992-93 avec Bagage-Superior.

Sa « madeleine de Proust »

L’an dernier, après onze ans d’absence, Alain Gautier a suppléé Nicolas Lunven parti respirer sous d’autres latitudes, et disputé sa 16e Solitaire du Figaro. Son retour sous les couleurs de Generali a le goût d’une madeleine de Proust. « J’ai pris du plaisir à refaire cette course : elle représente quinze étés de ma vie et m’a marquée à jamais. J’ai pris le même plaisir qu’avant et, surtout, j’ai constaté que, malgré le professionnalisme, il y a toujours une aussi belle ambiance sur les pontons et la même solidarité en mer ».
Du fait d’une préparation perturbée, il termine 18e du classement général. “Il faut, forcément, un peu de temps pour retrouver la pleine mesure de ses moyens”. A l’abord de cette nouvelle saison en Figaro, Alain Gautier a soigné son agenda d’intersaison. Il a anticipé ce qu’il pouvait sur la gestion de ses entreprises pour être libre de temps et d’esprit dès le mois de mars. Il a également choisi de s’entraîner à côté de chez lui, à Lorient.

Ce « truc » au parfum de promesse et un bateau désormais à sa main devraient permettre au Lorientais de se mêler à la lutte cette année. « J’ai été très heureux de retrouver l’esprit Figaro, mais j’ai été un peu déçu par mes résultats l’an dernier. Le niveau est tellement homogène entre les vingt premiers qu’il est difficile de s’y faire une place si tu vires 25e à la première bouée. Mon début de saison a été plutôt bon. Je termine 6ème de la Solo Basse-Normandie alors que j’étais quasiment toujours dans le top 3. Sur la Solo Maître Coq, avant d’avoir quelques soucis avec mon dos, je renoue avec le plaisir d’être en tête sur les premières portions des petits parcours côtiers » Alain Gautier a profité des mises au point de Nicolas Lunven et Isabelle Joschke pour caler ses propres réglages, afin de comparer les allures à armes égales. Il explique sa démarche : « Est-ce qu’un bateau va mieux que l’autre ? Ce n’est pas le problème. L’important, c’est d’avoir les bons repères ».

2015 offre aussi l’occasion de célébrer les quarante ans de sponsoring voile de Generali. « Je suis fier d’avoir écrit quelques pages de cette longue histoire de la voile. »

Source

Agence TB Press

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