La vague guadeloupéenne

Ils sont arrivés ! Les Guadeloupéens se succèdent à Pointe-à-Pitre en Class40 comme en Classe Rhum… Et le petit trimaran jaune de Jean-Paul Froc s’est lui aussi présenté sur la ligne d’arrivée : le multicoque sistership du premier vainqueur de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, a même amélioré le temps de Mike Birch de 1978.

Si depuis la remise des prix, les solitaires arrivés à Pointe-à-Pitre vaquent à leurs occupations, réparent leur bateau avec leur équipes techniques, convoient leur voilier vers d’autres îles antillaises ou le ramènent en Bretagne, il y a encore beaucoup de monde à chaque arrivée devant la Place de la Victoire ! Et particulièrement pour les locaux qui ont le droit à une incroyable ovation quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Ce fut déjà le cas avec le Marie-Galantais Dominique Rivard (Marie-Galante) dimanche matin…

En prenant la sixième place de la Classe Rhum, le Guadeloupéen Willy Bissainte (Tradysion Gwadloup) a été accueilli avec ferveur alors qu’il était minuit à Pointe-à-Pitre : pour sa deuxième Route du Rhum-Destination Guadeloupe, il naviguait sur le plus ancien des Pogo40 et a réussi à devancer ses compatriotes de quelques heures… Car Rodolphe Sepho (Voiles 44) le suivait trois heures plus tard et recevait aussi une ovation incroyable en Guadeloupe ! A la 26ème place de la catégorie Class40, il devançait un autre Guadeloupéen, Philippe Fiston (Ville de Sainte-Anne Guadeloupe) qui était attendu en héros ce lundi en milieu d’après-midi tropicale.

Encore treize en course

Entre temps, Jean-Paul Froc (Groupe Berto) réalisait une superbe traversée de l’Atlantique sur son trimaran de 11,20 mètres : l’ex-Friends & Lovers de Phil Stegall en 1979 n’est autre que le sistership d’Olympus Photo, vainqueur de la première édition de la Route du Rhum. Mike Birch avait mis en 1978, 23 jours 6 heures 59 minutes et 35 secondes, son successeur de 2014 aura donc amélioré son temps de 1j 16j 17’ 14… Belle performance au vu des conditions météorologiques difficiles qu’a dû affronter le solitaire.

En mer, treize skippers se dispersent à quelques dizaines de milles de la Guadeloupe jusqu’à plus de 1 000 milles : les deux prochains solitaires attendus en Guadeloupe font partie de la Classe Rhum avec Charlie Capelle (Acapella) qui devrait en finir vers minuit (heure française) suivi par le Calaisien Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) mardi en milieu de matinée. Et de nouveau Pointe-à-Pitre va s’enflammer pour l’arrivée de Nicolas Thomas (Guadeloupe Grand Large-1001 Piles Batteries) à 300 milles du but ce lundi après-midi et qui devrait couper la ligne d’arrivée mardi dans la nuit tropicale…

Enfin, le plus jeune skipper de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe a réussi à monter un gréement de fortune avec ses morceaux de mât et sa bôme : à une centaine de milles de l’île papillon, il progresse désormais à près de cinq nœuds de moyenne et a décidé de ne pas jeter l’éponge. Paul Hignard (Bruneau) fera le tour de la Guadeloupe pour rester classé, sans pour autant fermer la marche puisqu’il devance encore Olivier Roussey (Obportus-Conseil Régional de Lorraine), Antoine Michel (Setti LTD) et Vincent Lantin (Vanetys-Le Slip Français) en Class40 !

Ils ont dit

Jean-Paul Froc-Groupe Berto : 5ème Classe Rhum

21 jours et des poussières, c’est un succès. Le bateau a été bien préparé, j’avais un bon partenaire. J’ai même eu le blues de la caisse à outils que je n’ai pas sortie une seule fois. Je n’ai rien cassé, j’ai juste pété le zip de mon pantalon de ciré ! Cette transat a été conforme à ce qu’on attendait. La première semaine a été difficile avec des passages de fronts, il fallait rentrer dedans. J’ai adopté la technique du bouchon qui consiste à se faire léger tout en avançant quand même. J’ai eu la chance de toujours me positionner sur les bons bords, ça m’a permis de creuser un peu l’écart. La seconde, j’ai un peu marqué le pas, l’anticyclone n’arrêtait pas de descendre, j’ai été obligé de suivre en escaliers pour aller chercher l’alizé. A mi-course, j’ai croisé Andrea Mura et Sir Robin, on a été à un mille les uns des autres, je me suis dit que je n’étais pas si mal placé que ça. La troisième semaine a été également assez difficile dans 25-30 nœuds de vent et sur une mer formée. A bord de ce petit bateau, je ne peux pas suivre et attaquer, c’est invivable et c’est dangereux puisqu’il y’a toujours le risque de se mettre sur le toit. J’étais un peu sur la retenue, sachant que l’essentiel reste d’arriver.

Willy Bissainte-Tradysion Gwadloup : 6ème Classe Rhum

Pointe-à-Pitre, c’est ma ville, et cet accueil, c’est génial ! Toute la course a été éprouvante avec une première tempête en Bretagne qui a levé une mer très dure. Le deuxième front est passé au large du Portugal. C’est la première fois que je passais ce type de système de face et je n’étais pas très rassuré. Sur la fin, on a eu plein de grains, sans compter les sargasses. Ces algues nous ont pourri la vie sur les deux-trois derniers jours. L’arrivée, c’était magique. Pendant 2-3 heures, j’ai fait des surfs à 16-17 nœuds, je me suis éclaté. Parfois, il fallait que je tienne la barre à deux mains. Ce deuxième Rhum a été magnifique. J’améliore de presque trois jours le temps que j’ai réalisé il y a quatre ans. Cela fait partie des points positifs que je retiens. Si je fais cette course, c’est pour me dépasser, pour aller chercher mes limites.

Rodolphe Sepho-Voiles 44 : 26ème Class40

Toute la course a été magnifique. Je me suis amusé du début jusqu’à la fin. Il y a eu des moments un peu plus compliqués avec le moral qui vacillait parce que le bateau m’a causé quelques misères, il n’est plus tout jeune et m’a demandé pas mal d’attention pour la préparation. Les dernières heures ont été un peu dures, je n’avais plus d’électricité à bord, plus de cartes, plus rien du tout… Un jour, je n’avais plus de pilote et j’ai même cru que la course allait être finie. J’ai eu aussi pas mal de soucis avec les voiles. Mais cela ne vaut pas tous les moments de plaisir que j’ai eus. Ce n’était que du bonheur d’être sur l’eau, et j’ai déjà envie de repartir. Au terme de cette transat, j’ai envie de dire aux jeunes de l’association CAVA 44 (Centre d’Adaptation à la Vie Active, ndlr) : accrochez-vous, donnez-vous en les moyens, ce n’est pas en restant assis que vous obtiendrez ce que vous voulez, croyez en vos rêves et allez jusqu’au bout…

Source

Rivacom

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