Sélection naturelle : pas qu’aux tisons…

© Antoine Beysens

Quatre jours de régates, et quatre configurations météo différentes. Pas d’erreur, une nouvelle fois, les vainqueurs de la 49e SNIM qui seront célébrés lundi soir devront avoir été parfaitement polyvalents sur le plan d’eau de la rade de Marseille, fidèle à sa réputation. Après la jolie brise et le Mistral d’Ouest, le vent a tourné Est en ce dimanche matin de Pâques, cédant place à un pastel de gris et une fine pluie en début de journée. Un vent léger, compliqué par les reliefs de la rade, voici le problème du jour qu’il a fallu résoudre au mieux pour le millier de régatiers répartis sur les deux ronds, en rade nord sur des parcours banane, comme en rade sud sur un joli côtier.

Au nord, doucement sur les bananes

Quand on perd la pression du vent, c’est celle des tacticiens qui monte. Le jeu devient technique, et toutes les phases de la régate sont essentielles. On perd vite ce que l’on a mis longtemps à tenter de gagner. Il faut de l’air, du souffle et de la concentration, et ce jusqu’au bout de la journée quand le comité – très inspiré – arrive à lancer trois manches. A ce petit jeu de nerfs, les leaders ont eut des fortunes diverses. Coups de chapeau d’abord aux premiers du jour, qui signent tous leur seule victoire de manche depuis le début de la compétition : pour commencer le Swan 42 Tixwave (celui de Bernard Vananty) dans la première manche, le J111 SL Energies-Groupe/Fastwave dans la seconde, et enfin l’un des très impressionnants GP42 Genapi. Bonne opération pour le XP 44 Alizee qui prend la tête au général provisoire avec une belle régularité, talonné par Glen Ellen V, nettement moins à l’aise dans ces conditions légères et devant l’autre GP42 Team Vision Future qui monte ce soir sur la troisième marche du général provisoire. Journée à oublier en revanche pour Lady First, qui perd temporairement 4 places envolées dans le vent évanescent de ce dimanche.

Contrairement au vent, la température est montée de trois crans ce soir en IRC 3 où 5 bateaux se tiennent en 7 points, avec Tahina et Tchin Tchin a égalité en tête au provisoire, et à trois petits points de Jin Tonic Sequel. Les honneurs des manches du jour sont revenus au First 40.7 Sloughi, alors que le Farr 30 LOL réussissait le doublé dans les deux dernières manches. La redistribution des cartes a joué à plein, et la dernière journée s’annonce capitale.

Au sud, le tour du Frioul… sans chambre à air

Un parcours de 15 milles nautiques en forme d’oeuf de Pâques autour des Îles du Frioul, tel était le menu proposé aux régatiers de la rade sud. Bien en a pris au comité de la zone, face à l’essoufflement du vent d’est en milieu d’après midi. Fort d’une solide avance, les leaders en classe 4 ont réussi ce dimanche soir à conserver leurs privilèges, mais se retrouvent sans joker à la veille de la dernière journée. En effet, le côtier d’aujourd’hui – remporté par les britanniques du MGHS 30 Check Mate – n’a pas souri aux cadors de la classe. Le Dufour 34 Meltem-Residhome, auteur d’un départ prématuré, a perdu la première place au profit de son dauphin le Sun Fast 32 Telemaque, et est ce soir talonné à un point par l’A31 Solenn, arrivés respectivement 11ème et 10ème. En Sport Boat, le (co)côtier de Pâques a encore une fois souri au talent de Stéphane Sollari, sociétaire de la Nautique, à la barre de Pago. Trois manches, et trois victoires. Même si les conditions de vent soutenu d’hier ne lui ont pas permis de sortir à la barre de son Soling – une précaution qu’on ne peut que saluer – et qu’il a donc, de fait, renoncé à toutes chances de figurer au général, on n’oubliera pas de souligner ses performances aussi bien dans la brise de vendredi que dans le petit temps d’aujourd’hui. En tête du général, le Grand Surprise Team Winds a suffisamment survolé de la tête et des épaules les manches de brise pour oublier sa 9ème place d’aujourd’hui. En revanche, la messe n’est pas dite pour la deuxième place entre le J70 Triskell Fatch et le J80 JMV4. C’est dire que demain, en rade sud, ne sera pas qu’un déjeuner entre amis.

ILS ONT DIT :

Coraline Jonet, barreuse Glen Ellen V : ”J’ai retrouvé la barre hier après avoir zappé la grande course car j’étais deux jours en entrainement en Suisse sur les D35 (circuit de trimaran) pour préparer le début de saison. L’équipage a fait un super boulot puisqu’ils ont gagné la grande course, donc ils m’ont mis un petit peu la pression finalement pour démarrer ! La SNIM c’est une super régate, et on a de bonnes conditions pour les 4 jours, donc c’est vraiment une très bonne nouvelle. Glen Ellen c’est toute une histoire cette année, c’est une belle histoire de famille puisqu’on est carrément trois bateaux. Il y a le A27, le A40 et le nouveau, le Soto . Au niveau du A40 c’est l’équipage, on va dire le plus stable, même si on a du recruter un peu parce que le Soto nous a pris quelques équipiers et du coup on a réussi à faire péniblement un entrainement en challenge d’hiver histoire de voir les nouveaux équipiers. Mais l’ambiance est tellement bonne, on est tous là vraiment pour s’aider et finalement ça se passe vraiment très bien à bord malgré le fait qu’on a la moitié des équipiers qui sont nouveaux.”

Arnaud Boissières, équipier Glenino : ”On n’est pas très bien au général bien sûr, mais on s’est régalé. C’est la première fois que je naviguais sur le bateau, et avec la quille relevable, on n’a pas un très bon rating, mais s’en es bien sortis. Quand il y a du vent, c’est bien parce que dès que ça commence à être chaud, il y a tout de suite une petite solidarité à bord, il y en a un qui retient l’autre, les manœuvres on essaye de les faire beaucoup plus réfléchies pour qu’à la bouée d’après on sorte propre. On n’a pas fait de figure de style et on ne s’est pas fait mal ! Il y a vraiment une super ambiance à la SNIM : il y a des gros bateaux, des petits bateaux, il y a des amateurs, des pro, du soleil et de la bonne humeur. C’est génial pendant que d’autres ont froid en Bretagne“.

Loïc Fournier-Foch, skipper Grand Surprise, responsable Team Winds Med : “Le principe de la flotte des Grand Surprise Team Winds est de mettre à disposition des bateaux monotypes prêts à régater. Cette formule est particulièrement adaptée pour les équipages d’entreprises ou de comités d’entreprise – comme ici Thalès ou Airbus Hélicoptère – mais il y a aussi un bateau affrété par les étudiants de l’Hydro, l’École de la Marine Marchande de Marseille. Par ailleurs, nous développons une nouvelle formule en partenariat avec la Fédération, à destination des gens qui n’ont pas de bateaux, pas de réseau, et qui peuvent s’inscrire individuellement pour participer à la régate de leur rêve. Que cela soit des épreuves conviviales comme le Tour de Belle Ile ou le Tour de l’Ile de ré, ou à des épreuves de haute tenue sportive comme la SNIM.“

Source

Raphaël Mira

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