Victoire méritée pour l’équipage de « Patitifa »

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La cinquième édition des 900 Nautiques de St-Tropez by SFS prend fin avec une remise des prix émouvante et méritée pour tous les participants et lauréats qui se sont trouvés confrontés à des conditions météorologiques particulièrement sportives cette année. Sur les dix voiliers partis de Saint-Tropez le 22 mars 2014, seulement six voiliers ont pu franchir la ligne d’arrivée sous voile. Mais comme l’ont souligné André Beaufils, Président de la SNST et Gérard Marichy, gérant de SFS, il ne s’agit pas d’une croisière et le terrain, la Méditerranée, n’est pas si aisé … Les adeptes de sensations fortes et les mordus du large ont été servis avec au programme du grain, de la houle, de beaux surfs et surtout des vents violents avec des rafales allant parfois jusqu’à 50 nœuds causant de multiples casses et l’abandon de leaders comme les figaristes sur « Lafont Presse » ou encore « Pondoro » dont un blessé a dû être hélitreuillé à Bastia.

Véritable machine de course, le Volvo Ocean Race de 70 pieds rebaptisé SFS skippé par Lionel Péan et avec un équipage de coureurs internationaux est arrivé en tête le 25 mars à Saint-Tropez après avoir effectué un parcours de 900 Nautiques sans escale en Méditerranée en 80 heures. Un nouveau record de temps pour cette grande course en devenir. En compensé, SFS dont c’était la première prise en main pour l’équipe, ne sauve pas son rating et termine sur la troisième marche du podium. André Beaufils a par ailleurs remis un bouquet de fleurs à la seule femme de cette édition à bord d’SFS, Charlotte Franquet plus habituée des voiliers de tradition.
L’X412, « Patitifa » barré par Pierre Ortolan qui arrive le 27 mars, presque deux jours après, prend donc la tête du classement général devant le JPK960 « Walili » de Richard Delpeut arrivé le 28 mars et qui gagne donc une place par rapport à l’année dernière où il avait terminé troisième. Seul catamaran dans la course, « Wally Walou », un Outremer45 skippé par Arnaud Vuillemin a réalisé un superbe parcours finit la course avant Patitifa. L’équipage de Lionel Péan sur SFS qui a notamment reçu le prix du premier arrivé en temps réel a décidé d’offrir ses deux chèques à l’association « Just Fabulous », une association que défendait le voilier Pondoro. Un plateau de concurrents et de voiliers de tous types et un résultat qui et reflète bien la régate : rien n’est joué d’avance et tout le monde peut espérer la victoire…tout comme pour le jeu des 900 Nautiques de St-tropez by SFS sur Virtual regatta remporté par un non régatier parmi les quinze mille joueurs ! Tous tenteront à nouveau la gagne l’année prochaine, rendez-vous en mars 2015 !

La passion de la voile et la solidarité des marins
Lors de la remise des prix en présence de Gérard Marichy partenaire SFS, André Beaufils, Président de la Société Nautique de St-Tropez, Georges Korhel, le directeur de course, Jean-André Cherbonnel du Jury, Jean-Pierre Mannestater, Président du comité de course a remis aux trois premiers un prix en numéraire et les trophées. Un moment où l’on a pu ressentir toute la passion de la voile et l’émotion tant dans les discours que dans les actes. François Schettino et son équipe sur le Bailli de la SNSM de Saint-Tropez a été applaudi pour leur fidèle participation à l’épreuve, accompagnant les concurrents lors du départ mais surtout pour leur précieuse aide à ceux qui sont en souffrance en mer. André Beaufils a souligné l’implication du parrain de l’épreuve, Lionel Péan par son action et sa notoriété ainsi que le travail en amont de toute une équipe en mer et à terre dévouée à la course et dirigée par Georges Korhel. Ce dernier pense déjà à améliorer la course en communiquant mieux les informations sur des phénomènes très localisés qui ne sont pas forcément répertoriés sur les bulletins météo. Jean-Pierre Mannestatter ajoute que d’année en année, on s’améliore, et qu’il remercie les concurrents qui pour les avoir eu au téléphone, gardent toujours la pêche et le calme même dans des conditions très difficiles « c’est soulageant pour nous, ça veut dire que vous maitrisez » Pour Gérard Marichy, représentant de SFS, le partenaire de la course depuis quatre ans, il y a deux approches pour eux cette année. Il y a la course dont il se félicite car « c’est une très belle course au large qui n’est pas facile avec des vents, des tempêtes…Et il y a SFS avec Lionel Péan qui a su nous convaincre de s’engager davantage dans la voile. Nous avons donc acheté un bateau avec Lionel à la tête. Ce n’est pas un voilier de croisière et il est dur ! Nous sommes dans une catégorie rare pour faire des choses rares et un bel horizon attend le bateau et son équipe en 2015 avec pourquoi pas un record en Atlantique… ». Une belle remise des prix qui a été marquée par le beau geste de l’équipage SFS de Lionel Péan qui a remis les deux chèques qu’ils ont remportés à l’équipe de PONDORO qui défendait l’association « Just Fabulous ». Un soutien nécessaire pour Fabien Plissard, grand sportif et jeune papa, victime brusquement d’une maladie rare et incurable, et sa famille.

Une édition salée et riche en expérience
Cette cinquième édition a un bon goût de sel, celui qui fascine les marins mais qui fait parfois frissonner. A cette épreuve, les concurrents sortent heureux, ravis de l’avoir fait ! ou simplement satisfaits d’avoir pu apprendre encore de la navigation, du voilier, des vents, de la mer, de ses surprises, de la météo toujours aussi imprévisible en Méditerranée… Une course qui peut être vécue au départ comme un entrainement pour les coureurs d’océans mais qui au final ne ressemble à aucune autre régate. Il s’agissait cette année de laisser Port-Cros, la Sardaigne, Ponza et le cap Corse à bâbord.
Cette année, pendant 3 à 6 jours les marins ne se sont pas reposés face aux conditions musclées et variés : beaucoup de vent presque tout le long et une houle bien formée, parfois croisée, dangereuse.
Les dix voiliers étaient partis le samedi 22 mars de Saint-Tropez sous la pluie mais avec un bon petit vent les entrainant au près, vers les îles d’Hyères avant de rejoindre le sud de la Sardaigne où la météo s’est dégradée. A ce stade, « Azurêve » avait déchiré sa grand voile et avait dû abandonner. L’équipage de « Peips » quittait à son tour la course suite à la déchirure de son solent. Par la suite, au sud de la Sardaigne, certains voiliers ont été confrontés à de gros grain, beaucoup de vent allant jusqu’à 40 nœuds, et même de la grêle ! Seul moment de répit pour la plupart des concurrents, le passage entre l’Ile de Ponza et l’île d’Elbe où le temps s’était un peu atténué permettant de souffler un peu. Manque de chance, alors qu’ils dominaient la course et que tout était redevenu plus calme, c’est à ce moment où les figaristes, Matthieu Girolet et Guillaume Rottee constatait qu’une barre de flèche sur leur Figaro2 était cassée… Fin de la course pour eux. Encore en lice, les leaders en temps compensé « Patitifa » et « Pondoro » jouaient désormais la première place avec « SFS » qui arrivaient déjà sur Saint-Tropez avec deux jours d’avance ! SFS affiche ainsi un nouveau temps record pour l’épreuve avec un temps réel établit de trois jours huit heures et deux minutes, soit 80 heures !
Mais pour la gagne, et avec le temps rectifié en fonction du handicap de SFS, tout était encore envisageable pour les adversaires ! Le grand VOR70 devait en effet beaucoup de temps à ses plus petits concurrents et pour l’heure, même avec une grosse avance, il n’était que quatrième au classement compensé. A 60 milles nautiques de l’arrivée, entre la Corse et Saint-Tropez, alors qu’ils étaient en route pour le podium, coup dur pour l’équipage tropézien sur « Pondoro » qui voyait un de leur équipier lourdement blessé à la tête suite à un empannage causé par une grosse vague. L’équipier fut hélitreuillé en Corse jusqu’à Bastia et fin de course pour Pondoro qui se dirigeait au Port de Calvi. En observation à l’hôpital de Bastia, l’équipier s’en sort bien et n’aura pas de suites selon les médecins.
Les autres voiliers encore en lice ne perdaient pas de temps et « Wally Walou », « Patitifa », « Pegasus » franchissaient la ligne d’arrivée à quelques heures d’intervalles, Le 27 mars. Une course acharnée également pour le petit JPK960 Walili et ses deux équipiers, Richard Delpeut et Daniel Tinmazian qui ne songeaient qu’à remporter la seconde place faisant des pointes à dix-huit nœuds !
Au final, la régularité du voilier Patitifa, moins armé au large et dont c’était la troisième participation, a payé puisqu’il arrive en tête au général ! A bord, Pierre Ortolan et ses 3 équipiers savourent la victoire méritée. Tous les concurrents, plus ou moins professionnels avouent avoir beaucoup appris lors de cette épreuve et sont d’ores et déjà prêt à relever le défi 2015 !

900 Nautiques de Saint Tropez by SFS côté virtuel :
Effectuant la course avec le même parcours et en suivant les mêmes prévisions météo, c’est un non régatier nommé Hervé Avalon qui remporte l’épreuve virtuelle et donc le séjour VIP lors des Voiles de Saint-Tropez. Avec un temps de 3 jours et 23 heures, il arrive tout de même 15 heures après le réel Vor70, SFS !
Originaire de Vendée, Hervé Avalon (c’est son pseudonyme) peut être heureux ! Même s’il participe à la course virtuelle pour son plaisir et juste pour l’esprit de compétition depuis le Vendée 2008, il a remporté un séjour VIP lors des Voiles de Saint-Tropez ! Comme les vrais marins, il a su utiliser au mieux les vents capricieux qui ont enveloppé la Corse pendant la course. Il explique sa régate virtuelle « Je me tiens toujours au courant et j’utilise les meilleurs angles. Ça n’a pas été facile. Les nuits ont été courtes ! Et comme je ne travaillais pas pendant la période de la course, j’avais du temps à y consacrer et j’ai essayé de faire au mieux ! Je rentre mes programmations sur l’interface du jeu, mais en aucune façon je ne m’occupe des autres. J’ai fait MA course et j’avais confiance dans mon routage, et que si ça doit se passer comme prévu, ça doit passer devant. Je suis enseignant, et c’est un parent d’élève qui m’a dit en 2008 que l’on pouvait participer au Vendée Virtuel. Je ne connaissais strictement rien à la voile et faisait n’importe quoi… Mais j’ai l’esprit de compétition, et je ne fais pas ça pour les dotations. Ce n’est pas ce qui m’intéresse, disons que je joins l’utile à l’agréable. J’aime la compétition et je prends du plaisir. Pour le séjour, apparemment c’est sympa, je ne sais quoi penser car je ne suis jamais allé à St Tropez ! » Ce sera sans aucun doute une belle occasion pour lui de voir de près les voiliers de compétition en réel s’il ne se prend au jeu de naviguer en vrai pour la première fois ? A noter qu’un voilier virtuel tropézien mené par Monsieur Catino finit 10ème !

Les anecdotes des équipages:

PATITIFA, l’X412 de Pierre ORTOLAN du CNTL de Marseille qui n’avait pas l’équipe la plus jeune de la course (Mr Ortolan a plus de soixante-dix ans) prouve une fois encore que l’expérience prime. Pour sa troisième participation aux 900 Nautiques, l’équipe s’est étoffée puisqu’ils étaient quatre à bord cette année contre deux l’année passée. Ils ont effectué un très beau parcours, de belles trajectoires, rasant parfaitement les zones interdites à la navigation comme au Sud de la Sardaigne! Pour l’anecdote, erreur de bagage ou mauvais calcul, un des équipiers n’avait pas de bottes, un indispensable lors des courses au large. A défaut, il a bien usé toutes ses chaussettes avoue-t-il en riant !

L’équipage de WALILI a beaucoup apprécié l’accueil qui leur a été réservé par le comité de course lors de leur arrivée à Saint-Tropez le 28 mars à 00h40 (accueil en mer avec du champagne). A bord Richard Delpeut (qui fera la Transquadra en solo l’année prochaine) et Daniel Tinmazian affirment qu’ils ont « beaucoup appris de cette course avec la gestion des efforts dans des conditions difficiles. Une course qui n’a pas été si facile que ça même à deux ! C’est vraiment bien qu’une telle course comme celle-ci existe en Méditerranée » Comme tous, Ils ont été confrontés à la météo mais avec en plus une panne d’instruments de navigation depuis le sud Sardaigne et une panne de pompe de moteur donc il a fallu pomper avec la pompe de cale pour refroidir le moteur… Une sacrée expérience et de l’adrénaline avec des pointes à 18 nœuds. Et pour l’anecdote: une hirondelle qui s’est posée et reposée pendant deux heures dans le voilier et sur le bras de Richard qui n’osait plus bouger…

Le VOR 70 SFS qui accueillait à son bord 16 équipiers (Sebastien Audigane, Frédéric Leclere, Martin Kirketerp, Mikael Mergui, François Duguet, Olivier Gimmig, Orhan Gorbon, Romain Détroyat, Olivier Lefevre, Augustin Vandenhove, Jean-Philippe Gallois, Stanislas Delbarre ainsi que des capitaines de voiliers de Tradition ; Erwan Noblet, Patrick Gibert et la seule femme de cette édition : Charlotte Franquet), et mené par Lionel Péan, a bouclé le parcours en 3 jours, 8 heures et 2 minutes, soit 80 heures. Comme l’affirme Lionel Péan, il s’agissait d’une prise en main du bateau, une mise en jambe car il y a tout un programme de course derrière qui attend l’équipage de cette machine de course conçue pour la Volvo Ocean race et rebaptisée SFS. Des régates à la journée, donc moins fatigante que les 900 Nautiques mais nous avons des objectifs à atteindre… Prochaine régate pour SFS : la SNIM à Marseille, lors du week-end de Pâques. Pour l’anecdote, il faudrait mettre des casques car on se cogne vite à l’intérieur du VOR70 épuré pour la course. Sinon les équipiers sont impressionnés par les pointes de vitesse effectuées avec ce bateau. Les petits films réalisés par les marins à bord font le buzz sur les reseaux sociaux. Certains parleront d’un petit « sous marin » surtout lorsqu’il rentre à pleine vitesse dans les vagues…

Pour l’équipe composée de membres la SNST sur « PONDORO » qui défendait l’Association « Just Fabulous », c’est une petite déception, certes mais un grand réconfort de savoir que leur équipier blessé à la tête et hélitreuillé jusqu’à à Bastia s’en remet bien. L’équipage a effectué une superbe navigation tout au long de la course menant parfois l’épreuve jusqu’à l’accident à 60 milles de l’arrivée. A bord, Pierre-Yves Barasc, par ailleurs Président de la SNSM de Saint-Tropez, et toute l’équipe a su réagir vite pour que leur co-équipier soit vite pris en charge. L’équipage a naturellement préféré abandonner la course et regagner Calvi. L’anecdote de l’équipage : Pierre-Yves Barasc qui recherche son ciré toute une journée et qui a finalement le retrouve dans….le sac qui lui sert de coussin !Il s’agissait cette année de laisser Port-Cros, la Sardaigne, Ponza et le cap Corse à bâbord.
Les conditions météo ont été très variées tout au long du parcours, avec quelques phases courtes de pétole, du médium / soutenu et quelques grains aux alentours de 40 noeuds de vent avec parfois de la grêle. De quoi occuper les équipiers sur ce support très extrême !
En compensé, SFS ne sauve pas son rating et termine sur la troisième marche du podium. Pas mal pour une régate de prise en main du bateau ! Prochaine régate pour SFS : la SNIM à Marseille, lors du WE de Pâques. RDV là-bas !

Pour LAFONT PRESSE, il s’agissait de la dernière course pour le mat de leur Figaro 2 qui allait juste après cette course être changé. Comble de malchance, une barre de flèche se casse sans raisons alors qu’ils menaient la course mais ils gardent le moral car cette épreuve a été très enrichissante et ils se sont vraiment régalés pendant la première partie. La seconde, ils ont dû faire en fonction de la météo et des stations de gasoil sur la route pour rentrer… Mais l’aventure continue pour eux avec un objectif : la solitaire du Figaro prochainement…

Palmarès :
1er : PATITIFA / X 412 (FRA 9274) temps réel 5 j 03:28:59 temps compensé : 5j 09:46:50:48
ORTOLAN Pierre- GANNAC Pierre henri – ARBONA Jean jacques- COUSTON Bernard
2ème: WALILI / JPK 960 (FRA 38600) temps réel : 5j 12:35:02 temps compensé : 5j 12:35:02:00
DELPEUT Richard – TINMAZIAN Daniel
3ème : SFS / VOR 70 (FRA 1953) temps reel: 3j 08:02:17 temps compensé : 5j 13:54:13:20
PEAN Lionel – DUGUET Francois – AUDIGANE Sebastien – GIMMIG Olivier – GIBERT Patrick – FRANQUET Charlotte -NOBLET Erwan- VANDENHOVE Augustin- KIRKETERP Martin- DETROYAT Romain- GORBON Orhan- MERGUI Mikael- GALLOIS Jean-philippe- LECLERE Frederic- LEFEVRE Olivier- DELBARRE Stanislas

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Chloé DE BROUWER

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