Conditions idéales à Fécamp

© Pierrick Contin / Multi50

Du plaisir, du sport, du public : la seconde journée du Trophée des Multicoques de Fécamp a réuni aujourd’hui tous les ingrédients. Après deux premières manches courues par un zéphyr très léger, le vent s’est levé en milieu de journée pour offrir aux 13 équipages et aux spectateurs deux manches de rêve. A l’issue de cette deuxième journée, le jeu reste ouvert même si FenêtréA-Cardinal (Erwan le Roux) et Maitre Jacques (Loic Féquet), avec trois points d’écart, sont en bonne place pour se disputer la victoire finale demain.

Plusieurs milliers de personnes se sont massées sur la grande plage de Fécamp pour vivre en direct des débats passionnants, qui se jouaient à quelques mètres des galets seulement. Les normands n’ont pas boudé leur plaisir et ont appris à connaître les particularités d’une classe de multicoques décidemment forte de ses 13 bateaux engagés
C’est la marque de fabrique de la classe Multi50 : des bateaux très différents, très accessibles, et des équipages aux ambitions multiples, qui néanmoins prennent plaisir à batailler sur les mêmes plans d’eau.
En tête, bien évidemment, la concentration était de mise, notamment en début de journée, pour gérer au mieux les courants d’air et les courants d’eau sur un stade fabuleux, au pied des falaises de Fécamp. Il fallait prendre de bons départs et ne pas commettre la moindre erreur pour espérer l’emporter aujourd’hui, tant le niveau était élevé. Le comité de course était contraint de siffler le rappel général au départ de la troisième manche tant les équipages étaient pressés de partir, puis annonçait trois rappels individuels sur la dernière manche. Actual (Yves Le Blévec), bien conscient qu’un bon départ était la meilleure option pour l’issue d’une manche, faisait les frais de ce rappel et se voyait disqualifié sur la manche, pour ce départ anticipé.

Départ canons contre puissance au portant

FenêtréA-Cardinal (Erwan le Roux) s’est adjugé les trois dernières manches de la journée. Mais pour deux d’entre elles, il s’en est fallu de peu. Maitre Jacques (Loïc Féquet) qui a démontré toute la maitrise de son équipage dans l’art de prendre des départs « canons », et de tenir la distance au près, n’a rien pu faire pour juguler l’appétit de FenêtréA-Cardinal dans les longs bords de portant. Deux fois, les hommes de Loïc Féquet n’ont pu que regarder le leader du jour les passer à quelques longueurs de la ligne d’arrivée. Rageant… Erwan Le Roux dispose depuis peu d’un gennaker qui semble être une arme redoutable…

Vers un monde sans SIDA impose son rythme

Dans le second peloton, la bagarre a fait rage sur chacune des manches. Vers un Monde sans SIDA, qui a retrouvé son skipper Erik Nigon, après avoir été mené hier par Lalou Roucayrol, avait ce matin une armée de concurrents, l’écoute entre les dents : Nootka (Gilles Buekenhout) qui entend bien conserver son leadership dans le second peloton ; Groupe Martenat (Pascal Quintin) et Fondation pour l’Enfance (Pierre Antoine). Pourtant c’est Erik Nigon qui finit par imposer son rythme dans les trois dernières manches.
Enfin, à quelques longueurs, le troisième groupe composé de Delirium (Hervé de Carlan) le plus familial de tous, PiR2 (Etienne Hochédé) le doyen de la flotte, Citoyens du Monde (JF Lilti) et Victorinox (Dany Monnier), de très loin le plus confortable, se sont livrés une belle bagarre.

So cool !

Prince de Bretagne avait invité un roi à son bord en fin de journée. King Charles, qui joue sur la scène du Festival Rock la Mare à Thon, a découvert le multicoque dans des conditions idéales. L’équipage de Lionel Lemonchois lui a offert quelques petites sensations bien pensées du type « dérapage au frein à main devant la plage… », impressionnant pour qui n’a jamais mis les pieds sur un bateau de course. En anglais, le rocker a mimé ses sensations au retour au ponton en ponctuant chacune de ses phrases de « so cool ! »

Ils ont dit :

Loïc Féquet (Maitre Jacques) : « Sur la première manche, que l’on gagne, on a bien navigué. On n’a pas fait d’erreur. Sur les autres, on gagne tous les départs mais on se fait passer juste avant l’arrivée. C’est vrai que sur les départs, nous arrivons toujours à bien nous placer, exactement où on veut, on se lance au bon moment. Au près nous avons un petit plus que FenêtréA-Cardinal nous reprend au portant ».

Erik Nigon (Vers un monde sans SIDA) : « On a eu une collision avec Coach Académie. Ils n’ont pas lofé et ont touché notre flotteur avec leur étrave sur la ligne de départ. Il y a un peu de boulot mais cela ne nous empêchera pas de naviguer demain. Nous sommes contents de nous. Nous sommes à notre place, 5èmes sur les trois dernières manches. Ce bateau marche bien à partir de 8/10 nœuds. C’est une journée géniale, du soleil, un peu de vent. A bord, nous avons l’équipage de Lalou, notamment Romaric qui a participé au dessin de son nouveau bateau et Vincent avec qui je viens de faire la Transat Québec Saint-Malo »

Gildas Dubois (FenêtréA-Cardinal), équipier, est aussi celui qui a dessiné, avec Matthieu Souben (Voilerie Quantum Sails) le redoutable gennaker porté par le trimaran d’Erwan le Roux : « Cette voile a été livrée juste avant le Trophée de Saint-Quay. On a bien travaillé, trouvé un bon compromis entre le volume de la voile et le rond de guindant. Il n’est pas plus léger que les autres, seulement un peu plus plat. Cela permet à la voile de continuer à porter même lorsque nous allons plus vite que le vent »

Yves Le Blévec (Actual) : « Nous avons eu des conditions de navigations idéales avec de belles bagarres sur l’eau. On n’a pas été les plus performants aujourd’hui. En vitesse on n’a pas de souci mais on a un petit problème d’évolutivité. Le bateau se relance beaucoup moins vite que FenêtréA-Cardinal ou Maitre Jacques après les manœuvres et sur ce type de parcours, ça compte. Pour gagner, il faut « sortir propre » de la ligne de départ et dans la dernière manche, on est sortis… un peu trop propres ! »

Julien Mabit (Coach Académie) : « On a fait des départs médiocres mais on termine quand-même une manche devant Nootka. Sur une autre manche, ils gagnent pour un mètre ! Nos manœuvres sont fluides, on progresse, c’est vraiment intéressant ».

Source

Anne Guillard

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