Paul Meilhat
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  • Arnaud Boissières participait le week-end dernier au Défi Azimut, sa première épreuve avec le nouveau La Mie Câline-Artipôle. Quelque peu déçu par le résultat de sa course en solitaire (12e), le skipper retire néanmoins beaucoup de satisfaction de cette première confrontation avec ses futurs concurrents. Son Imoca 60, qui a connu une profonde restructuration depuis son acquisition et qui est toujours en phase d’optimisation, tient d’ores et déjà toutes ses promesses ; et à 40 jours du départ de la Route du Rhum, donné le 4 novembre prochain de St Malo, Arnaud Boissières compte bien enchaîner les entrainements et continuer à prendre en main sa machine.

    Arnaud, comment s’est passée cette première épreuve avec ton nouvel Imoca et cette première confrontation avec tes concurrents ?

    « Je suis forcément déçu de mon parcours en solitaire. Je n’ai pas pris un super départ car j’ai eu quelques soucis techniques avant de quitter le ponton. Cela génère un peu de stress en plus mais cela permet aussi de se préparer à la Route du Rhum, ces courses préparatoires servent aussi à ça. Je vois surtout beaucoup de choses encourageantes. Le bateau est facile, en termes de réglages mais aussi physiquement. J’ai réussi à doubler La Fabrique et Newrest Art et Fenêtres dans la nuit, d’autres bateaux munis de foils, et j’ai rapidement trouvé les manettes. La navigation dans la brise m’a permis de me rassurer suite aux modifications que l’on a apportées sur le bateau et surtout sur son potentiel par rapport à nos concurrents directs. Je ne veux pas m’arrêter au résultat. »

    Que retires-tu de ce Défi Azimut ?

    « Je me suis super bien senti à bord du bateau, il est plutôt confortable. Il y a encore quelques aménagements à effectuer pour améliorer la vie à bord mais niveau performance pure, je pense que l’on est bien. C’est plutôt la bagarre sur l’eau qui me manque, être au contact, se jauger. Nous allons donc nous baser à Lorient du 8 au 16 octobre pour naviguer face à d’autres concurrents lors de runs à la journée pour travailler les départs, la vitesse, les manœuvres, les essais de voiles… Je suis vraiment dans une logique de progression, pour le bateau comme pour le bonhomme ; finir ma préparation de la Route du Rhum à Lorient me permettra d’effectuer des entraînements plus intenses et d’être près des fournisseurs qui travaillent sur La Mie Câline-Artipôle. Je souhaite mieux appréhender le bateau et surtout me mesurer davantage à la concurrence. »

    Le niveau du plateau semble très élevé, quel est ton objectif pour cette Route du Rhum ?

    « Ils ne m’ont pas attendu pour progresser c’est clair ! Le niveau des bateaux et des skippers est en effet très élevé. Si je dois me donner un objectif sur le Rhum c’est de figurer dans le top 10 à l’arrivée à Pointe à Pitre. Mais encore une fois je me suis pour l’instant très peu jaugé par rapport à la concurrence. Et il faut quand même être conscient que l’on ne joue pas tous dans la même cour : entre les bateaux neufs, les bateaux revus, ceux qui naviguent sur leur bateau depuis deux ans… on ne part pas tous avec les mêmes cartes. Je sais que j’ai un déficit de connaissance de mon bateau par rapport à mes rivaux directs. Néanmoins cela reste une transatlantique, et le terrain de jeu devrait être assez ouvert. On verra sans doute des options différentes en fonction des bateaux et de leurs classements. La Route du Rhum est un véritable objectif pour moi mais il faut garder la tête sur les épaules car c’est un beau plateau au départ. »

    Tu es pressé d’y être ?

    « C’est sûr que cette confrontation de samedi rend encore plus impatient d’être au Rhum ! J’ai eu le plaisir du foiler lors du long bord que l’on a fait : le bateau déjauge, se met sur le foil, se couche, se cabre, ça donne envie de naviguer plusieurs jours comme ça ! J’ai eu des sensations de vitesse que je n’avais pas connues auparavant avec mes anciens bateaux, pas tant en vitesse de pointe mais plutôt en vitesse moyenne. La Mie Câline-Artipôle reste à 20 nœuds tout le temps, ça donne envie de traverser l’Atlantique avec un bateau comme ça ! Après il faut rester humble et prendre la mesure du bateau. Pour l’instant je pense plutôt au chemin qui va m’amener au Rhum : pour faire progresser le bateau, me faire progresser et donc progresser ensemble. Il y a peu de temps mais j’ai l’énergie et la motivation pour y arriver ! »

    Focus : qui est Arnaud Boissières ?

    La passion d’Arnaud Boissières pour la course au large est sans doute née en 1989 lorsque son père l’emmène sur les pontons des Sables d’Olonne voir les aventuriers du Vendée Globe. Très vite il convoie des catamarans sur l’Atlantique, puis viennent les années Mini. Après un démâtage en 1999, il enchaîne sur un prototype dernier cri et signe un joli podium en 2001. Il se fait ensuite la main sur Aquitaine Innovations, le 60 pieds d’Yves Parlier, et multiplie les expériences aux côtés d’Olivier de Kersauzon et de Catherine Chabaud. En 2008 il boucle son premier Vendée Globe en 7e position et sort véritablement de sa coquille, trouvant toujours les bons mots pour partager son bonheur d’être en mer et démocratiser un sport dont l’aspect mécanique reste toujours mystérieux pour le grand public.
    En 2020 Arnaud Boissières s’attaquera à son 4e Vendée Globe, soutenu par La Mie Câline, Artipôle et un ensemble d’une trentaine de partenaires. En juillet 2017 il a fait l’acquisition de l’ex-Kilcullen Voyager, construit à l’époque pour Mike Golding, puis passé entre les mains de l’Irlandais Enda O’Coineen en 2016. Après un intense chantier pour en faire un foiler performant, La Mie Câline-Artipôle est prêt à affronter ses concurrents grâce à un refit intégral : safrans, mât, cloisonnement des ballasts, intégration de foils, tout a été pensé pour être à la hauteur des ambitions du skipper.

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  • Toujours prompts à raconter leur course par le menu sportif, les skippers sont parfois pudiques sur leurs avaries et autres galères à l’arrivée au ponton. C’est souvent devant une bonne assiette chaude et après un sommeil réparateur que les langues se délient. Petit florilège d’une deuxième étape dense qui a fait souvent flirter la régate et l’aventure.

    Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance). Vainqueur à Muros Noia : « Un fou dans mon bateau »

    « La deuxième nuit au portant, j’étais à la barre tranquille, j’ai vu un truc tomber sur le pont. Comme un poisson volant mais je me suis dit qu’on n’était quand même pas dans les alizés ! J’éclaire à la frontale et là je vois un gros oiseau, pas tout à fait un mètre d’envergure mais quand même un bel oiseau. Je n’y connais pas grand chose, mais on m’a dit que ça devait être un fou de Bassan. Il a dû se prendre dans un hauban. Il bougeait pas. Il est venu dans le cockpit, je le laissais vivre sa vie en me disant qu’il allait redécoller sans me blesser. En fait, je n’osais pas trop y toucher et au final, il est rentré dans le bateau. J’ai crié « Non, fais pas ça ! » mais il est tombé au fond. Je l’ai laissé là une heure, il ne bougeait quasiment pas. Je me suis dit, « il faut que je le sorte de là ». Déjà les poissons volants, j’ai du mal à les toucher comme ça, alors un gros oiseau… J’ai pris mon courage à deux mains, mis mes gants et je l’ai relancé à l’eau. A un moment, j’ai pensé à le laisser dans le bateau jusqu’à la fin de l’étape, mais Goulven mon préparateur n’aurait pas été content. Et puis, il faut quand même finir cette course en solitaire, c’est le règlement ! »

    Eric Péron (Finistère Mer Vent), troisième à Muros Noia :« En bonne compagnie …»

    « La première nuit, j’étais crevé, j’avais mal récupéré à Saint-Brieuc. Je ne voyais rien, ne comprenais rien, j’ai subi. J’étais dans le groupe de tête et j’ai perdu le fil petit à petit. Je me suis dit : « essaies de te reposer à fond » Je m’endors un peu et puis le vent monte rapidement alors je me fais violence et reprends la barre. C’est là que j’ai commencé à avoir des hallucinations. J’ai vu Pierre Leboucher qui était à la table à cartes avec moi. Y avait aussi Jeanne Grégoire dans le cockpit on discutait. Cela dure un flash, tu sais que c’est pas vrai, c’est juste ton esprit qui divague. A un moment donné, je cherchais aussi une voilerie pour réparer mon spi déchiré, alors qu’il était en l’air, en parfait état devant mes yeux. C’est dur pour le corps ce Figaro, mais dans la tête, c’est aussi un peu le carnage ! »

    Thomas Dolan (Smurfit Kappa), 25ème à Muros Noia, 4ème au classement Bizuth Bénéteau : « Au Fromveur, l’envie de tout bâcher »

    « Comme d’habitude, j’ai pris un départ de m… mais j’étais content parce que je me suis retrouvé dans le groupe de tête à la pointe de Bretagne. Au passage du Fromveur par contre, on a vraiment payé cash. Voir le groupe de Lorient qui passait d’un côté et le groupe de Port la Forêt de l’autre, c’était amusant. Quand j’ai compris que ça se passait mal pour nous, c’était déjà trop tard pour faire demi-tour. Là, il faut avoir un gros moral. Les autres étaient 10° plus bas et 3 noeuds plus rapides. Faut pas craquer mais quand tu regardes les dégâts à l’AIS, tu peux facilement te dire, je bâche, je pars à la bannette. Ce n’était pas débile sur le plan tactique cette option du Fromveur, mais je crois que ce n’était pas le moment de tenter ça. Après le fait de voir des bons y aller, les Mahé, Tabarly, ça t’influence évidemment. Mais globalement, ce que j’ai appris sur l’étape, c’est qu’il ne faut pas lâcher la meute »

    Sophie Faguet (Corben Porsche), 29ème à Muros Noia : « Spi et loi de Murphy »

    « Le spi dans le vent fort, ce n’est pas quelque chose que j’appréhendais trop. Comme je savais que je n’irais pas plus vite que les petits copains, j’ai joué « safe » avec des recalages corrects et des manoeuvres bien décomposées. Mais la dernière journée, j’ai récupéré quatre fois le spi à côté du bateau. Au début, ce sont mes batteries qui faiblissent un peu, l’aérien de la girouette tombe en rideau et donc je n’ai plus de mode vent réel pour le pilote. Bref dans 30 noeuds, ça ne le fait plus du tout ! Je pars au lof et j’affale. C’est physique mais ça se passe bien, je déchire pas le spi. Je remets tout en place, je m’occupe de recharger mes batteries et je renvoie. Là j’ai un mousqueton de bras de spi qui s’ouvre. Nouvel affalage. Ensuite j’ai une mâchoire de tangon qui s’ouvre. Troisième affalage. A ce moment-là, je commençais à être cuite et je me disais, je n’ai plus de solution, je ne vois pas pourquoi ça ne marche pas. Je suis resté deux heures sous solent pour retrouver mes esprits. Et à l’entrée de la baie, c’est la balancine de tangon qui pète ! Rebelotte … Un mauvais alignement comme ça, j’ai fini par croire à de mauvais esprits à bord de mon bateau ! «

    Vincent Biarnès (Baie de Saint Brieuc), 31ème à Muros Noia : « Ma première cocotte »

    « Il y a eu cet épisode du Fromveur qu’il a fallu avaler. J’ai cravaché toute la descente pour raccrocher un peu et à l’atterrissage sur le cap Finisterre, j’ai fait la cocotte* de ma vie. Ma première en Figaro en fait. J’étais sous pilote et tout d’un coup, le spi s’est enroulé autour de l’étai. J’ai empanné peut-être vingt fois pour défaire les tours, mais je n’y suis pas parvenu. J’ai même commencé à démonter mon Tuff luff (profil d’étai creux) pour essayer de faire glisser le tout vers le bas. Après avoir bataillé plusieurs heures, j’ai fini par me rendre à l’évidence que je n’y arriverai pas. Alors, j’ai saucissonné les restes du spi et j’ai hissé mon solent, en guindant libre pour terminer la course. C’était étrange comme configuration, mais ça avançait quand même et j’ai pu rallier Portosin en convoyage… »

    * autre appellation du coquetier, moment où le spi déventé s’entortille sur lui-même et autour de l’étai.

    Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire), 4ème à Muros Noia : « Brignogan plage, terminus ? »

    « J’ai mis mon alarme sur 20 minutes pour faire une petite sieste après Perros Guirrec. J’étais sous spi en mode vent et pendant mon sommeil, ça a dûr forcer un peu et le bateau a fait plus de chemin que je pensais. Je me suis réveillé en sursaut, juste avant l’alarme, je ne sais ni comment ni pourquoi… Là, je sors, j’étais au milieu des cailloux de Brignogan. Je les voyais juste devant moi et le bateau marchait à 7 noeuds… J’ai poussé la barre à fond, j’ai empanné en vrac, je ne sais même pas comment je m’en suis sorti. J’ai évité ce que je voyais mais je ne savais même pas ce qu’il y avait dessous. J’ai eu peur pour les safrans aussi. A quelques minutes près, je finissais ma Solitaire sur la plage de Brignogan »

    Pierre Leboucher (Guyot Environnement), 13ème à Muros Noia : « Stoppé net avant le Finisterre »

    « J’étais content de mon étape, j’avais certes éclaté mon grand spi pendant la descente, mais je m’appliquais à la barre sous petit spi pour ne pas perdre sur le groupe de tête et ça marchait bien, je pouvais encore espérer un podium. Tout s’est passé en quelques secondes. J’ai croché une bouée, j’imagine un filet. Le bateau s’est arrêté net, s’est couché. Cela a tellement tiré fort que j’ai cru que j’avais cassé le safran. J’ai tout de suite affalé le spi mais il est passé sous le bateau. Le hale bas de tangon a explosé et le tangon a cassé lui aussi à la compression !… «

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