Jean-Yves Chauve
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  • La Classe IMOCA poursuit son ascension

    Mardi 11 décembre s’est tenue à Paris l’Assemblée Générale de la classe IMOCA. Le rendez-vous a permis de dresser le bilan d’une saison 2018 très positive avec en point d’orgue une superbe édition de la Route du

  • La classe IMOCA dresse un bilan (très positif) de la Route du Rhum

    Les 20 marins en lice dans la 11e édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe ont offert un formidable spectacle, au terme duquel Paul Meilhat (SMA) est sorti vainqueur devant Yann Eliès (Ucar-StMichel) et Alex Thomson

    6 décembre 2018 • Course au Large, IMOCA, Route du Rhum • Vues: 162

  • L’IMOCA soutient l’appel pour l’océan, bien commun de l’humanité

    Les océans de la planète sont le terrain d’expression des skippers de la Classe IMOCA lors de courses transocéaniques auxquelles ils participent. Témoins hélas des conséquences de certains usages, la protection des

    14 juin 2018 • Course au Large, Divers, Environnement, IMOCA • Vues: 505

  • Le nouveau Championnat du Monde IMOCA est lancé !

    C’est dimanche prochain, le 3 juin, que sera donné le départ des Monaco Globe Series. Ce rendez-vous constitue la première épreuve du nouveau Championnat du monde IMOCA GLOBE SERIES, résultat d’une volonté commune

    2 juin 2018 • Course au Large, IMOCA, Monaco Globe Series • Vues: 380

  • Cette semaine a été chargée et constructive pour l’IMOCA. Après le stage sécurité organisé à la Trinité-sur-Mer mercredi 4 avril, les acteurs de la classe se sont retrouvés le lendemain à Lorient pour l’Assemblée Générale 2018. Incitation à utiliser les énergies renouvelables à bord, accord pour poursuivre les discussions avec la Volvo Ocean Race, nouvelle règle concernant les radars : trois grandes décisions ont été votées et validées à une large majorité.

    C’est dans les locaux du Football Club de Lorient que s’est tenue le jeudi 5 avril l’Assemblée Générale annuelle destinée à fixer les grandes orientations de la classe IMOCA. Une soixantaine de personnes étaient présentes, skippers et teams managers. Plusieurs décisions ont été approuvées avec un taux d’acceptation de 85 à 90 %.

    Inciter à l’utilisation d’IMOCA sans énergie fossile

    Les participants à l’AG ont voté une nouvelle règle devant favoriser les énergies renouvelables à bord des bateaux afin qu’ils n’utilisent plus de gasoil. Certains skippers ont déjà annoncé leur volonté de faire évoluer leurs bateaux en passant d’un moteur à explosion à un moteur électrique. Cette volonté de suppression de l’énergie fossile est clairement dans l’ère du temps et répond à une prise de conscience partagée entre les skippers d’aller vers des bateaux plus optimisés en terme de développement durable.

    Poursuivre les discussions engagées avec la Volvo Ocean Race

    Les skippers IMOCA ont aussi voté en faveur d’un possible inscription de la Volvo Ocean Race au programme des courses IMOCA. Les acteurs de la classe donnent donc leur accord de principe sur le fait que le prochain tour du monde en équipage avec escales puisse se disputer sur des 60 pieds IMOCA. C’est désormais au Conseil d’Administration de poursuivre les discussions avec la Volvo Ocean Race.

    Antoine Mermod, Président de la Classe IMOCA :

    ” Globalement les skippers ont voté massivement pour ce rapprochement. Maintenant les discussions vont se poursuivre dans les semaines qui viennent entre l’IMOCA et la VOR, afin de définir ensemble les bases de ce partenariat. Les skippers ont une vraie envie d’avancer dans ce sens et on est prêts. La balle est maintenant dans le camps de la VOR…”.

    Des radars plus performants pour diminuer les risques de collision

    Augmenter la sécurité des bateaux constitue un enjeu majeur pour la classe IMOCA. Ainsi, une nouvelle règle imposera d’embarquer des radars plus performants à partir du départ de la Route du Rhum 2018. L’objectif est de donner aux marins solitaires un meilleur outil de veille pour diminuer, autant que faire se peut, les risques de collision.

    Un Conseil d’Administration international

    Outre ces trois décisions importantes, l’Assemblée Générale a permis d’élire deux nouveaux membres au Conseil d’Administration : le Suisse Alan Roura et l’Allemand Boris Herrmann. Ils rejoignent ainsi Louis Burton, Paul Meilhat et le Néo-Zélandais Conrad Colman. Antoine Mermod reste Président, le Britannique Alex Thomson vice-Président et Charles Euverte trésorier. Parmi les huit membres du CA, quatre sont étrangers, ce qui reflète bien la volonté d’internationalisation de la classe IMOCA.

    Réaction du skipper Boris Herrmann suite à l’AG IMOCA :

    ” Cette Assemblée Générale a été un grand succès. Toutes les propositions de changement de règles ont été acceptées. La poursuite du rapprochement avec la Volvo Ocean Race est une excellente nouvelle. Si les deux plus prestigieuses courses offshore (Vendée Globe et Volvo) se disputent en IMOCA, ce sera un atout majeur pour augmenter la popularité de la classe à l’international et monter des nouveaux projets encore plus vendeurs auprès des sponsors. Quant à la décision sur les énergies renouvelables, elle va aussi dans le bon sens. Se dire que l’on peut boucler un tour du monde en produisant sa propre énergie, sans gasoil, est très inspirant. En prônant les énergies propres, nous apportons notre petite contribution dans une problématique plus vaste qui touche l’ensemble de nos sociétés. C’est l’âme de la classe IMOCA que de chercher l’innovation en permanence, dans tous les domaines. A titre personnel, j’ai un partenariat avec la marque BMW qui fait beaucoup de recherches pour les batteries des voitures hybrides et électriques. Nous travaillons sur la mise en place de ces batteries sur mon IMOCA et la décision sur les énergies renouvelables prise lors de l’Assemblée Générale va beaucoup m’aider pour cela. Nous espérons fiabiliser le système pour la saison 2019. »

    Paul Meilhat à propos du rapprochement avec la VOR :

    ” Je suis hyper content et très enthousiaste de ce projet d’accord car la Volvo Ocean Race est vraiment une course que je rêve de faire pour plusieurs raisons. Sportive d’abord car la VOR est sans doute la course la plus dure, qui permet de se confronter aux meilleurs marins et de réunir un vrai plateau international. Pour un porteur de projet comme moi, c’est donc un vrai plus de pouvoir proposer la VOR car sa dimension internationale permet d’approcher des grandes marques mondiales. Et pour ceux qui n’ont pas de bateau, cela permet de faire valoir un savoir-faire pour embarquer. Tout est donc très positif…”.

    • Trois grandes décisions validées •

  • L’Assemblée Générale de l’IMOCA s’est tenue la semaine dernière à Paris dans le cadre du Nautic. Validation du calendrier 2018-2020, création des Globe Series, Antoine Mermod, Président de la classe, revient sur les grandes décisions prises lors de cette AG

    L’Assemblée Générale de l’IMOCA a-t-elle rencontré une forte adhésion de la part des membres de la classe ?

    Antoine Mermod : « Oui, clairement. Tous les projets actifs étaient représentés à travers les skippers, les teams managers ou les sponsors. Il y avait environ 65 personnes au total. Tous les membres se sentent concernés par la vie de la classe. Il nous semble intéressant d’organiser une AG au mois de décembre car cela permet de dresser le bilan de la saison écoulée et de se projeter sur l’année suivante. »

    La Présidence et le bureau de l’IMOCA avaient été renouvelés lors de la précédente AG le 26 avril dernier. Quels ont été depuis les principaux changements dans le fonctionnement de la classe ?

    Antoine Mermod : « La principale modification est d’essayer d’impliquer plus de personnes dans les processus de réflexion et de décision. L’IMOCA est une association, l’objectif est de fédérer. Nous avons ainsi créé une commission sportive regroupant des skippers et des directeurs de course. L’objectif de cette commission est de régler des questions purement sportives, relatives aux règles de qualification pour les courses, par exemple. Il est important de débattre de ces questions bien en amont. Cela soulage par ailleurs le conseil d’administration qui peut travailler sur d’autres sujets. »

    Vous avez beaucoup parlé calendrier durant la dernière Assemblée Générale. Quelles sont les grandes orientations à ce sujet ?

    Antoine Mermod : « Nous assumons le fait que le Vendée Globe est notre événement le plus populaire et le plus médiatique. Pour trouver une certaine continuité, il faut créer plus de liens entre les courses pour monter en puissance vers cette épreuve phare. C’est pourquoi nous avons imaginé une refonte de notre Championnat qui sera rebaptisé « Globe Series », avec un système de points et de coefficients sur quatre ans que nous détaillerons prochainement. L’idée est d’organiser chaque année deux grands événements réunissant des flottes importantes, ainsi que d’autres épreuves, appelées « courses exhibition ». En 2018, les deux événements majeurs seront constituées par une nouvelle course organisée à Monaco début juin (dont le nom sera révélé en début d’année), puis la Route du Rhum, destination Guadeloupe en novembre. En 2019, nous aurons la Barcelona World Race et la Transat Jacques Vabre. Puis en 2020, année de Vendée Globe, les skippers de la classe prendront part à The Transat et à la New York-Vendée. Il n’est pas impossible que d’autres courses viennent se greffer à ce calendrier. Mais nous avons déjà mis en place une colonne vertébrale solide car proposer un calendrier de qualité est indispensable pour attirer marins et sponsors. »

    Vous évoquiez la nouvelle épreuve organisée à Monaco. Plus globalement, la Méditerranée sera mise à l’honneur au printemps 2018…

    Antoine Mermod : « Quitte à faire descendre une flotte d’IMOCA en Méditerranée, nous voulions proposer un programme complet. A l’issue du Grand Prix Guyader à Douarnenez, nous organiserons une course en solitaire vers Cascais (Portugal), qui sera qualificative pour la Route du Rhum. Après l’épreuve à Monaco où nous attendons 10 à 15 bateaux, nous allons proposer aux organisateurs de la Giraglia (entre Saint Tropez et Gênes) d’inscrire la classe IMOCA. Il est à nos yeux primordial de mettre en avant la façade méditerranéenne qui offre des conditions de navigation exceptionnelles au printemps. De plus, la Méditerranée est un marché intéressant pour l’IMOCA, et des projets sportifs se montent là-bas. »

    Comment se présente la prochaine Barcelona World Race, dont le départ sera donné le 12 janvier 2019 ?

    Antoine Mermod : « Une conférence de presse est organisée aujourd’hui à Barcelone pour dessiner les contours de la prochaine édition. La situation politique est complexe à Barcelone et c’est un vrai défi pour la FNOB d’organiser une telle course. Mais les nouvelles sont bonnes. Des teams sont vraiment intéressés et nous espérons que l’épreuve réunira une dizaine d’IMOCA. »

    • L’Assemblée Générale de l’IMOCA fixe les grandes orientations de la classe jusqu’en 2020 •

  • L’assemble générale IMOCA confirme le choix des foils

    L’Assemblée Générale Annuelle de l’IMOCA s’est tenue ce mercredi 26 avril à Paris, à la FFVoile. Cette Assemblée était très attendue car, au-delà de dresser le bilan d’une saison riche achevée avec la fin du

  • Quand le sport rencontre la science !

    La Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO (COI/UNESCO) et le Championnat du monde IMOCA Ocean Masters s’unissent pour recueillir des données sur le changement climatique dans des zones

    17 décembre 2015 • 2016-17, Course au Large, IMOCA, Vendée Globe • Vues: 2473

  • Alors que le dernier des IMOCA a franchi la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre à Itajai, qu’une partie de la flotte s’apprête à rallier Saint-Barth en convoyage pour le départ de la Transat Saint-Barth – Port-la-Forêt le 6 décembre prochain, un bilan s’impose. Etat de la flotte à l’arrivée, apport des foils, comportement des anciens bateaux et bonne tenue des éléments standardisés, sont quelques-uns des éléments d’analyse d’une course très difficile qui n’aura pas épargné les participants engagés.

    Le contexte

    On le sait, un départ à la fin du mois d’octobre des côtes françaises comporte une part de risque météorologique non négligeable. Cette édition 2015 de la Transat Jacques Vabre n’a pas échappé à la règle avec une première semaine de course particulièrement éprouvante pour les bateaux comme pour les hommes. Des vents de 40 à 45 nœuds, une mer grosse, trois centres dépressionnaires consécutifs à négocier, les huit premiers jours de course ont été particulièrement durs.

    La flotte IMOCA, forte de 20 équipages au départ, était sans conteste la plus emblématique. C’est ici que les enjeux sportifs étaient les plus forts avec notamment la confrontation des voiliers de dernière génération munis de foils avec les meilleures unités issues du dernier Vendée Globe.

    Les raisons de la casse

    Après un départ dans le petit temps, la flotte des IMOCA allait subir de plein fouet le passage de plusieurs trains de dépressions qui n’épargnaient personne. Les tenants de la route ouest, la plus rapide suivant les routages, devaient négocier le contournement d’un premier centre dépressionnaire avant de pouvoir faire route au sud où deux autres fronts particulièrement musclés les attendaient. D’autres équipages avaient opté pour une route plus à l’est qui s’est révélée au final tout aussi cabossée que la première.
    La liste des abandons est évidemment importante. Si le bilan ne peut pas être satisfaisant il reste très instructif, et il importe aussi de regarder clairement les raisons de cette casse.
    La volonté de ménager le bateau : pour certains, la décision d’abandonner a été prise dans la perspective des échéances à venir, notamment le Vendée Globe et la Transat New York – Vendée qui sera la dernière course qualificative avant le tour du monde. C’est le cas notamment de Maître CoQ, d’Edmond de Rothschild. En proie à des soucis techniques qui pouvaient être résolus, ils ont préféré, à partir du moment où ils ne jouaient plus pour la gagne se concentrer sur la suite de la saison de course du Championnat IMOCA Ocean Masters.

    La jeunesse de certains projets : Safran, Hugo Boss, St Michel-Virbac, tous ces bateaux ont été mis à l’eau tardivement et n’ont bénéficié que de très peu de temps d’entraînement. De plus, les conditions météo des semaines qui ont précédé la Transat Jacques Vabre ont été relativement clémentes et n’ont pas permis aux équipages de se confronter véritablement au mauvais temps. Et c’est bien ce mauvais temps qui reste le juge de paix implacable de la préparation des bateaux. Pour être paré à affronter les mers du Sud, il faut être passé plusieurs fois par de telles conditions. Le mauvais temps de la Transat Jacques Vabre était le premier que rencontraient ces nouveaux bateaux.

    Une casse mécanique due à l’usure et à la prise de main tardive de son bateau : pour certains projets, le fait d’être sur la ligne de départ de la Transat Jacques Vabre était une victoire en soi. A l’instar des bateaux neufs, bon nombre de skippers faisaient connaissance avec leur bateau qu’ils venaient d’acquérir. Dans ces conditions il est très difficile d’apprécier l’état exact de sa machine et la course reste le meilleur moyen pour apprendre à le connaître. Mais, souvent par faute de budget suffisant, plusieurs de ces bateaux n’ont pas pu se préparer comme ils l’auraient souhaité dans l’idéal. C’est le cas de O Canada, d’Adopteunskipper.net, du Bateau des Métiers by Aerocampus ou bien encore de Bastide Otio.

    Les impondérables : la voile est un sport mécanique, on ne l’oublie pas. Les abandons de SMA suite au délaminage de son voile de quille suite à un choc avec un OFNI, et de Spirit of Hungary, sont clairement à ranger dans cette catégorie. Malheureusement l’océan reste semé d’embuches et trop souvent d’objets flottants qui peuvent abîmer les bateaux. Si l’accident d’Hugo Boss n’est pas encore totalement expliqué, sa coque a été endommagée par un impact qui a contraint son équipage à faire route vers l’Espagne.

    Des raisons d’être optimiste

    Le podium :

    Deux IMOCA parmi les plus affutés de la génération du dernier Vendée Globe encadrant un des derniers-nés munis de foils. La victoire de PRB et la 3e place de Quéguiner / Leucémie Espoir montrent que l’on peut être compétitif sans disposer du bateau de l’année. La deuxième place de Banque Populaire VIII est aussi le signe que les améliorations proposées ont de l’avenir. Le débat est ouvert et c’est bien l’un des objectifs des règles de l’IMOCA que de permettre aux bateaux de générations différentes de concourir entre eux. Quand l’innovation côtoie le sport la régate n’en est que plus belle.

    La course à tous les étages :

    Qu’il s’agisse du podium, de la formidable bagarre pour la quatrième place entre Le Souffle du Nord et Initiatives Cœur, de la lutte entre les quatre bateaux les plus anciens, MACSF, Comme un Seul Homme – Stand as One, Newrest/Matmut et Bureau Vallée, pour la sixième place, la régate a été intense du début jusqu’à la fin. Il y avait plusieurs courses dans la course. C’est rassurant dans la perspective des épreuves à venir.
    Les éléments standardisés : les mâts et les quilles standardisés des nouveaux bateaux ont donné toute satisfaction. Aucun des abandons constatés n’a pour origine les pièces qu’impose la nouvelle règle IMOCA. C’est un fait qui contribue à valider les choix de l’IMOCA.

    La suite du Championnat IMOCA Ocean Masters

    La Transat Saint-Barth – Port-la-Forêt va maintenant permettre à plusieurs des skippers inscrits au prochain Vendée Globe de valider leur ticket d’entrée. La course va aussi être l’occasion de mieux connaître la génération montante, de Paul Meilhat et Fabrice Amedeo à Thomas Ruyant, face à des navigateurs expérimentés comme Yann Eliès. Une confrontation prometteuse qui augure d’un programme 2016 particulièrement alléchant.

    Ils ont dit :

    Jean Kerhoas, Président de la Classe IMOCA

    « Tout d’abord je dois constater que malgré le nombre important d’abandons, tous ont été gérés par d’excellents marins qui ont su ramener leur bateau au port. Le cas d’Hugo Boss est différent puisque c’est visiblement un OFNI qui a provoqué le naufrage.
    Je constate aussi que mâts et quilles standardisés ont parfaitement joué leur rôle et ce, malgré des conditions très dures.
    Je n’oublie pas non plus que cette Transat Jacques Vabre était un banc d’essai pour nombre de bateaux neufs. Nul doute qu’architectes et chantiers vont en tirer les bons enseignements pour les prochaines échéances. Certains des abandons sont aussi dus au fait que plusieurs skippers n’ont pas pu bénéficier, faute de moyens, du niveau de préparation qu’exige une course en IMOCA.
    Enfin, je n’oublie pas la fantastique bagarre en tête de course qui a fait vibrer le public. De l’incertitude, des rebondissements, tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette Transat Jacques Vabre, un formidable défi sportif. »

    Gaëtan Gouérou, Délégué général de l’IMOCA

    « Cette transat aura été particulièrement difficile, on le savait dès le départ et nous avions des raisons d’être inquiets. C’était aussi un test très attendu par tous et qui apporterait sans conteste des informations indispensables pour fiabiliser les bateaux en vue du Vendée Globe 2016.
    Les nouveaux bateaux à foils ont montré leur potentiel et les anciens ont rappelé qu’il faudra compter sur leurs performances, loin d’être obsolètes.
    L’une des interrogations concernait le comportement des pièces standardisées. Il n’y avait pas de raison particulière de s’inquiéter pour les quilles dont la conception s’inscrivait dans un processus de fiabilité souhaité et accepté par tous. Quant aux mâts, il restait à démontrer que les hypothèses prises en compte pour leur conception étaient bien adaptées. On peut aujourd’hui raisonnablement penser que oui. »

    • La Jacques Vabre, une étape essentielle •

  • Autant qu’un cycliste du Tour de France ! Sport tranquille, le bateau à voile ? Pas en IMOCA ! Sur des bateaux toujours plus rapides et exigeants il faut être très préparé physiquement pour encaisser ce qu’on fait subir à son corps. Car il n’y a pas que les manœuvres à être très sollicitantes…

    Les premières questions qu’on a tendance à poser aux marins, qu’ils soient solitaires comme sur le Vendée Globe ou en double comme sur la Transat Javques Vabre, concernent leur fatigue, leur manque de sommeil et leurs éventuelles pertes de poids. Elles sont pertinentes mais comme dans la vie à terre, à préparation physique égale tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Sébastien Josse par exemple explique qu’il ne perd pas du tout de poids « mais qu’un transfert très net s’opère entre ma masse graisseuse et ma masse musculaire ». A contrario, Jérémie Beyou assure : « je perds entre 3 et 4 kilos sur une transatlantique en IMOCA. Je fonds dès les premiers jours de course. L’effort est très violent et il faut être musclé, bien gainé, pour envoyer des manœuvres dures car les charges sont très importantes en IMOCA». L’effort ? Les efforts faut-il lire… et ils sont très nombreux. Il y a les manœuvres bien sur, les prises et renvois de ris, les virements de bord, les empannages, mais n’oublions pas le matossage, cette pratique qui consiste à déplacer les poids pour équilibrer le bateau : plusieurs centaines de kilos (autour de 500 à 600) à chaque virement !

    N’oublions pas non plus le stress mental, qui représenterait près d’un tiers de la fatigue enregistrée et de la dépense énergétique, selon Jean-Yves Chauve, médecin des coureurs au large depuis des années. Ne laissons pas de côté encore les amplitudes de température selon la latitude : lutter contre le froid ou contre la chaleur tire sur l’organisme. En outre, « le simple fait de tenir en équilibre sur le bateau qui bouge en permanence et de prendre des postures pour ne pas tomber demande beaucoup d’énergie » poursuit Jean-Yves Chauve. Et le tout est subi par des organismes en déficit de sommeil, qui fractionnent au maximum leurs temps de repos, s’accordant rarement des siestes de plus de 30 minutes de sommeil continu.

    Deux fois plus de dépense calorique qu’un terrien lambda

    On comprend mieux pourquoi beaucoup de marins en IMOCA peaufinent énormément à la fois leur préparation physique et leur alimentation avant, pendant et après la course. Quantifier est très difficile mais on commence tout de même à avoir quelques idées sur la question. Globalement, un marin à bord d’un IMOCA consomme 5000 à 6000 calories par jour. C’est deux fois plus qu’un terrien avec une activité physique normale ! Jean-Yves Chauve emploie une autre image, peut-être encore plus parlante : « Cette dépense de 6000 calories, c’est la même que celle qu’on enregistre chez un coureur du tour de France cycliste ! On ne dirait pas qu’on brûle autant d’énergie sur un bateau, où vu de l’extérieur l’effort paraît moins spectaculaire. En IMOCA c’est pourtant bel et bien le cas ! »

    Plusieurs mois pour récupérer vraiment

    Résultat : à l’arrivée de la course, une fatigue profonde a fait son travail de sape dans le corps des skippers. Nous en avons interviewé cinq sur ce sujet (Yann Eliès, Jérémie Beyou, Armel Le Cléac’h, Sébastien Josse et Morgan Lagravière) et tous s’accordent à dire qu’il faut non pas des jours, non pas des semaines… mais bien plusieurs mois – 2 ou 3 selon les individus – pour vraiment se remettre d’une grande course en IMOCA ! « C’est tout à fait exact » confirme le docteur Chauve. « Même chez ces sportifs de haut niveau comme eux, on cumule d’une part la fatigue liée au sommeil désynchronisé et d’autre part une usure générale du corps. Le tout met du temps à se remettre à niveau. C’est aussi pour cela qu’il faut respecter les marins. »

    La différence de sollicitation entre une course rapide comme la Transat Jacques Vabre et un tour du monde de trois mois comme le Vendée Globe ? Elle est surtout liée au fait d’être en double ou en solitaire, « parce que j’ai comme l’impression que le Vendée Globe devient lui aussi un sprint, en tous cas entre ceux qui jouent la gagne ! » En double, on peut compter sur l’autre mais on pousse davantage le bateau. En solitaire, le niveau de stress est maximal et lui aussi est générateur de fatigue « pour environ un tiers de la dépense énergétique totale » répète Jean-Yves Chauve… « La voile de compétition est un sport physique mais on y fait aussi beaucoup marcher son cerveau, c’est d’ailleurs ce qui le rend passionnant ! ». Passionnant et exigeant donc, sans compter les éventuelles traumatologies liées à de toujours possibles accidents. « C’est logique : plus les bateaux vont vite, plus le corps sera sollicité en cas de choc ou de décélération brutale. Si vous rentrez dans un mur à vélo à 30 km/h, vous vous faites très mal. Il faut donc faire très attention à l’interface homme/machine : les bateaux sont toujours plus puissants et plus rapides, mais le corps humain lui, aura toujours des limites. » Ultra préparés, les marins qui courent en 60 pieds tentent de minimiser ces risques au maximum, évidemment. Mais ils existent. Toujours envie de vous aligner au départ du prochain Vendée Globe ?

    • La dépense physique des marins IMOCA en course •