Groupama 3
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  • Le Trophée Jules Verne de Franck Cammas

    En cette période de records à tout va, un petit retour sur les 48 jours, 7 heures et 44 minutes de Franck Cammas et son équipage sur le trimaran Groupama 3. C’est la première fois de l’histoire du Trophée Jules

    8 février 2017 • Divers, Multimedia, Records, Trophée Jules Verne, Vidéo • Vues: 1989

  • Caméléon !

    Après six années de bons et loyaux services aux mains de Franck Cammas et de Groupama sailing team, le maxi-trimaran Groupama 3 va rejoindre le team Banque Populaire pour une seconde vie. Mis à l’eau en 2006 et sans

    18 janvier 2013 • Course au Large, Records, Route du Rhum • Vues: 1383

  • Il y a des Hommes de l’Ombre sans qui aucune victoire, aucun record ne seraient possible. Vincent Marsaudon fait partie de ces Hommes qui écrivent l’Histoire de la Voile. Volvo Ocean Race, Trophée Jules Verne, IMOCA … autant de victoires, autant d’histoire à raconter, autant d’heures de travail pour ériger l’espar de ces projets gagnants… Rencontre avec Vincent Marsaudon, PDG de Lorima.

    Adonnante.com. Depuis quand avez-vous commencé à construire des mâts ?

    Vincent Marsaudon. Cela fait une quinzaine d’années que je fabrique des mâts de la production à la direction. Je baigne, dans le milieu du nautisme depuis ma naissance, à peu de chose près. Un père marin fabriquant ses propres bateaux, ça laisse des traces …

    Adonnante.com. Pour quelles raisons avoir choisi ce métier ?

    VM. Le nautisme lié à la haute technologie. Dans les années 90, le carbone avait un avenir prometteur et me permettait de me projeter dans le temps avec ce besoin de grandir proche de la mer.

    Adonnante.com. L’équipe de Lorima du début à aujourd’hui ?

    VM. La compétition voile au sein de Lorima représentait 90 % de la production au début des années 2000, aujourd’hui, nous fabriquons toujours, et, essentiellement, des espars de bateaux, mais nous avons orienté notre production vers les Méga Yachts, entre autres, afin de ne plus être tributaire des programmes de courses cycliques.
    Nous avons impérativement besoin de soigner le milieu compétitif pour valider nos développements, ainsi la croisière en bénéficie naturellement.
    Ces développements se font, pour ne citer qu’eux, avec les mâts de multicoques : Banque Populaire, Groupama, Idec, Sodebo ou encore l’Hydroptère, tous “bateaux de records” autour du monde ou de vitesse pure. Mais aussi avec différents projets : Imoca, Volvo, Océan Race ou Coupe América…
    Les bénéficiaires sont les projets comme Hémispère 145′, le plus grand catamaran réalisé au monde avec un mât de 54 m, mais aussi tous nos clients Français ou étrangers, quelle que soit la taille de leurs bateaux de 30 à 170 pieds.
    La petite trentaine de salariés Lorima a le pouvoir de s’adapter aux différentes tendances composites actuelles, ce pourquoi, nous cherchons aussi à nous développer dans l’automobile, l’éolien ou encore le bâtiment….affaire à suivre.

    Adonnante.com. En IMOCA, quelles sont les différences principales entre un mât aile et un mât classique à barre de flèche ?

    VM. La taille du profil de mât, un mât aile est généralement rotatif et le gréement dormant est plus simple par son nombre de câbles.

    Adonnante.com. Pour vous quel est le meilleur compromis ?

    VM. Pas de meilleur compromis, car je rappelle l’intérêt principal d’un mât carbone c’est l’optimisation du poids, et donc de son centre de gravité et les deux sont assez proches, mais si je me réfère au passif malheureux des démâtages, les mâts aile sont plus souvent incriminés.

    Adonnante.com. Groupama 4. Pourquoi a-t-il démâté dans la 5e étape de la Volvo Ocean Race ?

    VM. Pas de réponse aujourd’hui… Quant à ma partie, je suis vraiment serein grâce à notre contrat qualité.

    Adonnante.com. Comment se passe une analyse d’un démâtage ?

    VM. L’analyse consiste à reprendre du début à la fin la conception en partant du bateau jusqu’en tête de mât, aussi bien pour un ancrage sur le port, que sur le gréement dormant ou le tube en lui-même.
    Enfin, l’utilisation du bateau permet aussi une analyse objective pour aller à l’essentiel.

    Adonnante.com. Le mât est-il devenu le fusible en régate ? Quelles sont les solutions à apporter dans le futur pour éviter la casse des mâts ?

    VM. Non le mât n’est pas un fusible ni en régate ni en croisière. À aucun instant, nous ne prenons de risque et si petit risque il y a. C’est un risque maîtrisé par les études et le choix des utilisateurs, mais nous n’abordons ce genre de sujet uniquement avec des professionnels sans perdre de vue nos coefficients de sécurité.
    N’oublions pas l’intérêt du carbone : c’est la performance. Cette performance nous la retrouvons dans tous les sports mécaniques, que ce soit côté voile avec un mât alu ou un mât carbone ou côté automobile avec un châssis alu ou carbone. Les risques en pratique sont les mêmes…
    Enfin, le sens marin est primordial pour la pérennité du bateau dans son ensemble.

    Adonnante.com. Quelles sont les contraintes aujourd’hui sur un mat ?

    VM. La contrainte majeure est souvent liée à des problèmes d’utilisation. Ce n’est pas une critique envers l’utilisateur, mais en navigation, il faut se rendre à l’évidence, nous ne maîtrisons pas les différents excès de la “nature” qui nous met de temps en temps dans des situations plus que critiques qui ne permettent pas ou peu une utilisation normale.
    C’est pourquoi il faut impérativement contrôler son matériel périodiquement pour contrecarrer un vieillissement prématuré.
    L’évolution des différents matériaux que ce soit pour les voiles, les gréements dormants, les bouts, les carbones nous permet d’alléger les masses en règle générale tout en gardant les mêmes coefficients de sécurité.

    Adonnante.com. On parle de plus en plus de mât aile, ou d’aile, comme dans la Coupe de l’America. Êtes vous en mesure d’en construire ? Cela fait-il partie de votre métier ?

    VM. Dans le composite, la chance que nous avons, c’est de pouvoir élargir notre secteur d’activité grâce à nos connaissances acquises au fur et à mesure des années, car nous retrouvons de plus en plus de ces matériaux dans différents corps de métiers.
    Les ailes sont donc, bien sûr, un objectif majeur, mais mon problème n’est pas la mise en oeuvre, c’est surtout l’ingénierie qui représente un investissement assez lourd, voire très lourd.

    Adonnante.com. Votre plus belle réalisation ?

    VM. Être à la tête d’une société avec des salariés investis dans leur travail qui me permettent de fabuleuses rencontres humaines sur de magnifiques voiliers performants et/ou luxueux. Bref, je suis fier de tout ce que l’on a produit jusqu’à aujourd’hui.

    Adonnante.com. La demande la plus étrange qui vous a été faite ?

    VM. Ce n’est pas un émir qui voulait un mât en or, mais un émir qui voulait une perche de 80 mètres pour porter un drapeau à Dubaï, au sommet d’une tour.

    Adonnante.com. Comment imaginez les mâts dans 10 ans, 50 ans, 100 ans ?

    VM. J’espère en carbone et en grand nombre, mais rappelons-nous aussi d’un mât télescopique sur un trimaran au cinéma, ce n’était pas si mal….

    Adonnante.com. Il n’y a pas que les mâts dans la vie ! Que faites-vous d’autre ?

    VM. Ma plus belle réussite dans la vie, ce sont mes enfants et ma famille, mais, je ne vous cache pas que je passe plus de temps avec mes progénitures en carbone.
    Pour le reste, ma liberté, les rencontres humaines, le sport sont essentiels pour être performant.

    Adonnante.com. Vincent Marsaudon, merci. Avez-vous quelque chose à rajouter ?

    VM. Un grand remerciement aux skippers, sponsors, tous clients confondus ainsi que l’équipe LORIMA qui me permettent d’être là où je suis aujourd’hui.

    • Vincent Marsaudon, du carbone à l’état pur ! •

  • Alors que Franck Cammas et ses hommes ont doublé, en tête, le cap Horn dans la 5e étape de la Volvo Ocean Race, nous lui avons demandé de poser son regard au-delà de l’horizon. Entretien et révélations, en pleine mer, avec le petit Mozart de la voile …

    Adonnante.com : Vous venez de doubler le cap Horn en tête et gérez cette étape avec brio. Nous tenions à vous féliciter.

    Merci, mais l’étape est loin d’être terminée. Nous sommes heureux d’avoir doublé le cap de la délivrance sans de gros soucis matériels. Il faut maintenant tenir sur les 1500 milles qui nous restent à courir d’ici Itajai (BRA) . Les Malouines sont proches et les conditions météo aléatoires. PUMA n’est pas très loin derrière. Nous allons livrer un véritable mano à mano jusqu’à l’arrivée. Cela va être passionnant…

    Adonnante.com : En parlant de mano à mano, oublions quelques instants la Volvo et parlons du passé. Pouvez-vous me parler de Russell Coutts ?

    Sir Russell ? Nous nous sommes rencontrés il y a quelques années par l’intermédiaire d’un équipementier commun. Je l’ai invité, en 2004 à venir sur Groupama lors d’un Grand Prix à Marseille. Il a été enchanté par cette navigation à haute vitesse. Depuis nos sillages se sont croisés plusieurs fois.

    Adonnante.com : Sillages. Au pluriel ?

    Oui, chaque fois c’était sur des multicoques. Russell Coutts est un régatier très talentueux et curieux. Il est revenu une seconde fois à bord de Groupama 2 juste avant que les histoires de la Coupe ne tournent au vinaigre entre Alinghi et BMW Oracle Racing. En 2008, le DoG Match était lancé entre les Américains et les Suisses. Russell est venu me chercher, tout d’abord comme consultant technique en collaboration avec le cabinet VPLP (qui a dessiné mes trimarans et USA 17). J’ai aussi eu le plaisir de courir sur la saison d’Extreme 40 aux couleurs d’Oracle Racing en 2008. Pendant ce temps, les Américains sont venus, à Lorient, faire des stages à bord de Groupama 2. Une véritable collaboration entre Russell et moi naissait alors.

    Adonnante.com : Pourquoi ne pas avoir disputé la Coupe avec eux alors ?

    j’avais d’autres projets en tête à ce moment-là : le Trophée Jules Verne. Naviguer  sur les jouets des Américains était ma bouffée d’oxygène. Mais l’objectif était de tourner autour de la planète le plus rapidement possible. Première tentative en 2009. Seconde, réussie, en 2010. La Coupe m’est passée sous le nez !

    Adonnante.com : Une fois le Jules Verne en poche, vous vous tournez vers de nouveaux horizons. Pourquoi pas la Coupe ?

    Nous en avions discuté avec mon sponsor. Mais l’aventure a une plus forte valeur en France que la régate pure. Avoir navigué avec les Anglo-saxons m’a ouvert à l’international. Une autre vision de la voile sportive, conjuguée à une aventure extrême, m’est alors venue à l’esprit : la Volvo Ocean Race. Mon sponsor a accroché tout de suite. C’était l’inconnu sans l’être vraiment, car ma collaboration avec Oracle Racing m’avait donné beaucoup de billes pour réaliser un projet qui n’a rien à envier à la Coupe, que ce soit d’un point vu humain ou technologique. La seule différence c’est que nous ne rentrons pas tous les soirs à la maison prendre une douche chaude (rires) !

    Adonnante.com : Une fois que vous aviez signé pour la Volvo, le Defender annonçait que la Coupe se courrait dorénavant en multicoque. Un regret ?

    Non aucun. La Coupe n’était pas dans la ligne directrice de mon sponsor. Et puis les Volvo 70 sont des machines formidables. La preuve, Abu Dhabi a tapé les 41.5 nœuds ! Ces monocoques se rapprochent plus des multicoques. Dans la manière de barrer, de les relancer, de chercher le vent apparent, de naviguer à vitesses élevées en permanence… C’est une autre dimension de la voile !

    Adonnante.com : En juin la Volvo amarrera définitivement ses amarres jusqu’à la prochaine édition. Qu’aller vous faire ensuite ?

    Prendre des vacances… loin de l’eau salée (rires) !

    Adonnante.com : Mais plus précisément ?

    Prendre un peu de temps pour moi, du recul, et comme vous l’avez deviné, rejoindre Oracle Racing pour leur campagne de Défense de l’America’s Cup. La Volvo sera en suspens pendant cette période. Et je pense que c’est le moment idéal pour venir sur la Coupe de l’América. Les Américains m’attendent à San Francisco en août pour l’étape des AC World Series.

    Adonnante.com : Quel sera votre rôle au sein du Defender ?

    L’équipe est déjà faite. Je ne peux pas arriver et prendre la place de quelqu’un. James Spithill AUS, qui est le barreur attitré, est un régatier de talent. Il est jeune. Il a une véritable expérience du match racing. Il a appris le multicoque en deux temps trois mouvements. C’est incroyable cette capacité d’adaptation. Je vais avoir un rôle interne de consultant et probablement de second barreur. Les Américains auront deux multicoques. Je partagerai la barre du second bateau avec Ben Ainslie GBR (quatre médailles olympiques, dont trois en Or, NDLR). Ce sera vraiment très excitant…

    Adonnante.com : Franck Cammas, merci d’avoir pris le temps de nous répondre en plein match race océanique. Quelque chose à rajouter ?

    Le devoir m’appelle sur le pont. Puma n’est pas loin. La victoire d’étape, pour les survivants, va se jouer maintenant…

    • Franck Cammas sur la Coupe de l’America •