Madère, juge de paix ?

© Alexis Courcoux

La flotte s’est légèrement compressée cette nuit. Les écarts entre les bateaux de tête se sont sensiblement réduits et il va être intéressant, aujourd’hui, d’observer le passage de Madère. Car si les 16 duos de cette Transat AG2R LA MONDIALE ont choisi de dépasser l’archipel portugais par l’est, ils vont subir de façon plus ou moins marquée le dévent de l’île en fonction de leur positionnement.

Erwan Tabarly et Eric Péron ont donc vu leur avance sensiblement se réduire ces dernières heures. Passée de 9,1 milles hier soir à 23h30, à 4,3 ce matin à 5 heures, sur le deuxième, celle-ci reste néanmoins notable. Mais plus que leur écart sur leur poursuivant direct au classement, les deux hommes se satisfont surtout de leur positionnement. De fait, le duo de Nacarat a choisi de s’éloigner d’une petite cinquantaine de milles de Madère -tout comme Banque Populaire et Sepalumic, un peu derrière mais exactement sur la même trajectoire-, afin d’être ralenti au minimum par le dévent de Madère dont le point culminant, le Pico Ruivo, s’élève tout de même à 1861 mètres. Il espère ainsi distancer un peu plus nettement ses concurrents, à commencer par Cercle Vert. Gildas Morvan et Charlie Dalin, qui peuvent se féliciter d’avoir comblé près de 50% de leur retard cette nuit à la faveur d’un petit décalage dans l’ouest – 26 milles-, peuvent en effet, pour la même raison, redouter davantage de rencontrer un vent plus irrégulier en force et en direction que leurs adversaires. Reste que les deux hommes sont confiants et misent sur le fait qu’avec un régime de vent de secteur nord, ils ne seront pas trop freinés. Dans une position intermédiaire aux deux leaders au pointage, Paul Meilhat et Fabien Delahaye (Skipper Macif), qui naviguent ce matin à vue avec Bretagne Crédit Mutuel Performance et Gedimat, pourraient tirer leur épingle du jeu en étant moins ralentis que ceux à l’ouest et en ayant fait moins de route que ceux à l’est. Quoi qu’il en soit, tous vont rentrer dans le cône de dévent de l’île à la mi-journée et en sortir aux alentours de 17 heures cet après-midi. En attendant, les marins poursuivent leur progression vers le sud dans une douzaine de nœuds mais sur une mer formée qui rend les voiles instables et la concentration indispensable à la barre. Une fois l’archipel dépassé, il s’agira d’une longue course de vitesse jusqu’à La Palma que les concurrents devraient rejoindre sur un bord, demain, aux alentours de 16 heures. Et si l’on en croit les routages, les trois premiers au pointage actuel, devraient y parvenir en moins d’une heure d’intervalle. Reste à confirmer l’ordre.

Ils ont dit :

Eric Péron (Nacarat) :

« Ca va très bien, je viens de sortir d’une petite sieste et de prendre connaissance du classement, c’est cool ! On a réussi à se décaler comme on voulait. Actuellement on a entre 8 et 15 nœuds, c’est très irrégulier. On navigue sous spi, ça glisse pas mal mais ça bouge et ça claque, la mer est encore bien agitée. Lorsque je regarde la carte, on a environ 30 milles d’écart en latéral avec Cercle Vert. Il risque de subir le dévent, ça peut le pénaliser. Dans quelques heures, un vent de nord nord-ouest va s’annoncer, on va passer à l’est de Madère et on subira forcément le dévent ce qui entraînera une bonne perturbation du vent. Le classement peut jouer à ce moment-là. Notre route sera assez directe, pas d’empannage envisagé. On devrait passer Madère dans environ 5h, il reste entre 40 et 50 milles. »

Charlie Dalin (Cercle Vert) :

« On est en approche de Madère, on commence à apercevoir les lumières. La nuit se passe plutôt bien pour nous. Les conditions nous permettent de glisser et de surfer quelques vagues. La journée d’hier était relativement plus agréable que ces derniers jours. Là nous ne sommes pas loin d’être en approche du dévent, c’est sûr on est les plus près du passage mais on verra… On regarde beaucoup les cartes, vu qu’on n’a plus d’Iridium. On fait tourner quelques routages, on discute avec Gildas et on prend une décision. On va aller chercher du vent plus dans l’ouest pour garder le rythme. A priori nous ne sommes pas très loin du leader au dernier routage… »

Fabien Delahaye (Skipper Macif) :

« Ca va bien, on est content d’être en 3ème position. On fait des quarts de 2h, on se relaie pour être le plus efficace possible. Nous avons encore une grosse mer ce qui rend les voiles instables, il faut bien tenir la barre. On a fait le choix de rester plus dans l’ouest pour appréhender au mieux le dévent, on ne voulait pas aller vers l’est… On s’attend à avoir du dévent mais on passe assez loin. Là on doit être à environ 45 milles de Madère, on aperçoit des lumières au loin. Je pense qu’il est plus intéressant pour nous d’être positionnés là où nous sommes. On voit Gedimat derrière nous, on ne se quitte plus, on vient de passer la nuit ensemble… Bretagne Crédit Mutuel Performance nous a rejoint. C’est intéressant et motivant de naviguer à trois, le challenge est toujours là, il faut se battre pour conserver sa place, rester attentif sur les bonnes options à prendre…. On va consulter les fichiers régulièrement pour rester vigilant sur le tracé de notre route. Le bonheur de ce petit matin, je viens de passer 2h de quart avec les dauphins… Y a pire non ?! »

Source

RivaCom

Liens

Informations diverses

Mis à l'eau le: 27 avril 2012

Matossé sous: Figaro 2, Monotypie, Transat AG2R

Vues: 1677

Tags: , , ,

Sous le vent

Au vent

Les vidéos associées : Transat AG2R