Premiers écarts

© Alexis Courcoux

Fini le près dans la brise ! Après le passage d’un front hier en fin d’après-midi, le vent a basculé au nord-ouest avant de faiblir franchement. Les premiers à avoir envoyé le spi ont creusé légèrement l’écart avec les autres et, pour la première fois depuis le départ de cette Transat AG2R LA MONDIALE, la flotte s’est un peu éclatée. En effet, si jusqu’ici, jamais moins d’un ou deux milles avaient séparé le trio de tête, ce matin à 5 heures, les leaders – Erwan Tabarly et Eric Péron sur Nacarat – affichent près de 7 milles d’avance sur leur poursuivant direct.

« Nous étions au près dans 30 nœuds de vent. Quand le front nous est passé dessus, on s’est dit « ça suffit », on veut faire du portant ! Jeanne a tiré la barre et on a envoyé le spi. Cette intuition était la bonne ! », lâchait Gérald Veniard (Banque Populaire, 2e) ce matin, lors de la vacation. Motif un peu différent mais stratégie identique à bord de Nacarat pour Erwan Tabarly et Eric Péron qui ont ainsi distancé Cercle Vert avec lequel ils étaient au coude à coude hier, Gildas Morvan et Charlie Dalin ayant, pour leur part, préféré rester plus longtemps sous génois et se décaler un peu dans l’ouest. Reste qu’au pointage, c’est désormais 11 milles qui séparent les deux bateaux. Aujourd’hui, les dix premiers s’étalent sur 37 milles et 125 milles se comptent entre le premier et le dernier. Le passage du front, qui s’est opéré entre 16h30 et 20h hier pour l’ensemble de la flotte, a donc légèrement modifié la donne. Faisant passer brutalement le vent de 25 à 5 nœuds, il a aussi radicalement changé le décor. Désormais oscillant entre 6 et 15 nœuds mais surtout très instable en direction, le vent oblige les duos à passer du spi au génois et du génois au spi. Reste que la mer s’est aplanie, et que malgré les manœuvres, les équipages peuvent à présent s’accorder un peu de repos. « Ca fait du bien un peu de calme ! » annonçait, avec un soulagement non dissimulé, François Lebourdais, 3e ce jeudi à 5 heures. Maintenant à moins de 5 milles d’écart en latéral de Banque Populaire, le co-skipper de Sepalumic confiait cependant attendre avec impatience que la pluie laisse la place au soleil afin de pouvoir enfin enlever la combinaison sèche et aérer l’intérieur du bateau où l’humidité règne en maître depuis Concarneau. En attendant, lui comme ses concurrents vont profiter de cette journée qui s’annonce molle – voire pétoleuse – et au vent arrière, pour réparer les petits bobos du bord.

Ils ont dit :

Erwan Tabarly (Nacarat) :

On a fini au près dans la brise. On a passé un bout de temps sous solent avec un ris sur une mer très croisée. Les conditions étaient encore difficiles. Le front est passé hier soir, on a eu une grosse bascule de vent au Nord-Ouest de 25 nœuds, c’est à ce moment là que nous avons envoyé le spi. Actuellement le vent mollit, c’est plus sympa et surtout plus maniable. Il demeure toutefois très variable passant de 10 à 15 nœuds. On passe du génois au spi et on tente de faire la trajectoire la plus droite possible. Depuis le début, il y a beaucoup de manœuvres avec un vent très instable qui passe de 8 à 16 nœuds. Après le passage du front, Cercle Vert est probablement resté assez haut, l’écart que l’on retrouve ce matin entre nos deux bateaux a du se faire à ce moment là. Notre option semblait la bonne et la plus logique donc on l’a suivi… Actuellement on est encore sous génois avec 10-12 nœuds de vent. On devrait remettre le spi d’ici peu, en début de matinée. De cette manière on devrait pouvoir glisser sous spi jusqu’à la latitude de Madère.

François Lebourdais (Sepalumic) :

C’est plat et très calme. On ne sait pas trop où sont les autres… Cà fait du bien un peu de calme ! On attend avec impatience le soleil, çà commence à faire un long, tout est trempé à bord. Naviguer avec plus de chaleur serait mieux… Mais çà va venir ! Concernant notre plan de nav, je pense qu’on a toujours été dans le coup depuis le début malgré les conditions. Toute la nuit nous sommes passés du spi au génois. Là on prend de l’ouest pour tenter de gagner de la vitesse et puis on va essayer de dormir un petit peu. Ce ne sera pas du luxe !

Gérald Veniard (Banque Populaire) :

Ah ce téléphone qui ne sonne jamais ! Quelle surprise ! C’est bien de vous entendre. 2ème au classement c’est plutôt cool ! On a bien travaillé avec Jeanne… Alors voilà notre petit topo de nav, hier on a navigué au près avec 30 nœuds. Quand nous sommes passés sous le front, on a envoyé le spi. Là on essaye de traverser un front avec beaucoup de pluies et d’ailleurs on ne sait pas trop si on l’a passé ou si nous allons le passer. Jeanne a bien joué sur ce coup là, son intuition était bonne. Il fallait que l’on reste dans la traine du front. Cà nous a permis de nous rapprocher de Sepalumic. Aujourd’hui on va essayer de faire sécher tout çà, on va compter nos plaies et nos bosses, on est très fatigué mais le moral est bon. On va prendre un peu de temps pour nous et pour le bateau, c’est nécessaire. On a constaté quelques usures prématurées de drisses un peu inquiétantes et le téléphone qui fonctionne quand il veut ! On va surtout manger un plat chaud, un luxe pour nous qui s’est fait rare ces 3 derniers jours…. Depuis deux heures on est sous génois et çà avance doucement.

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RivaCom

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Mis à l'eau le: 26 avril 2012

Matossé sous: Figaro 2, Monotypie, Transat AG2R

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