Une nuit musclée

© Alexis Courcoux

Comme annoncé, la situation s’est dégradée, hier en fin de journée, et cette nuit, la flotte des 16 Figaro Bénéteau de la Transat AG2R LA MONDIALE a rencontré des vents atteignant jusqu’à 45 nÅ“uds dans une mer difficile. Des conditions particulièrement musclées donc, dans lesquelles il a fallu penser à ménager sa monture mais aussi à contre-border au meilleur moment pour dépasser le cap Finisterre.

« A 30 nœuds, ça reste maniable mais à 45 nœuds, c’est un peu de la survie » : les mots sont d’Erwan Tabarly, 2e au pointage de 5 heures ce lundi matin et seul marin à avoir décroché son téléphone Iridium aujourd’hui. De fait, sur l’eau, les conditions sont difficiles et la nuit a été « sport ». Les duos ont, en effet, affronté du très mauvais temps avec un vent moyen de 35 nœuds. Le skipper de Nacarat a même annoncé une pointe à 48 nœuds relevée par son binôme, Eric Péron. Des conditions dans lesquelles il est de mise de s’attacher et de s’accrocher au chandelier lorsque l’on est à la barre et dans lesquelles il est préférable d’avoir anticipé au maximum un plan de voilure adapté pour ne pas rendre la tâche plus difficile. C’est en tous les cas sous foc et avec un ris ou deux dans la GV que les tandems ont passé la majeure partie de la nuit. Une nuit lors de laquelle il a aussi fallu contre-border pour se décaler dans l’ouest de 20 à 25 milles avant de remettre le cap sur la route aux alentours de 4 heures du matin. A ce petit jeu, bien que la plupart des équipages aient viré quasiment en même temps, Gildas Morvan et Charlie Dalin sur Cercle Vert sont ceux qui ont réalisé la trajectoire la plus tendue. Résultat, au premier classement du jour, ils pointent en tête de la flotte. Sur ce coup, Amaiur Alfaro et Christophe Lebas sur EDM Pays Basque Entreprises ont, eux aussi, réalisé une belle opération au pointage. Ils remontent en effet à la 6e place ce matin tout en étant restés relativement dans l’est et si le front passe rapidement, leur positionnement pourrait être intéressant. Moins payant en revanche le petit décalage à l’ouest de Frédéric Duthil et François Lebourdais (Sepalumic) qui, par rapport à la distance au but, se retrouvent un peu distancés. Premiers à virer hier soir, un peu avant minuit, ils pointent désormais 15e à 8,5 milles des leaders. Un écart qui reste cependant infime à ce stade de la course.
La flotte est donc toujours extrêmement groupée à l’approche du cap Finisterre. Elle progresse actuellement à environ 130 milles des côtes à la vitesse de 7-8 nœuds dans un vent d’ouest de 30 nœuds. Dans la journée, celui-ci devrait mollir puis adonner tandis que la mer restera forte avec l’arrivée d’une longue houle d’ouest de l’ordre de 4 à 5 mètres.

Erwan Tabarly (Nacarat) : “Jusqu’à 48 nœuds !”

« Tout va bien à bord bien que très mouillés. Pas étonnant vu les conditions musclées de ces dernières heures. On a viré deux fois cette nuit, on a eu du vent sans discontinuer pendant 4 heures. Un vent fort avec des rafales à plus de 40 nœuds. Et au près ce n’est pas facile je vous le garantis. Là, on est sur un tribord pour passer le Cap Finisterre avec 30-35 nœuds de vent. La mer est assez agitée mais maniable, on a nos harnais et on se tient fort. Et c’est préférable parce que çà cogne quand même assez fort lorsque le bateau retombe dans le creux de la vague. En raison d’une mer croisée, on se retrouve face à des murs de vagues qui heurtent assez violemment le pont et on se prend des paquets d’eaux salées. Ca claque fort, y a du bruit c’est certain ! Les conditions de navigations sont assez agressives… Le vent devrait mollir dans la journée, on vient de passer le plus dur. Entre les virements Eric a relevé jusqu’à 48 nœuds. Cà fait vraiment beaucoup pour nos bateaux et il était préférable que çà ne dure pas trop longtemps…. »

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RivaCom

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