H-48 : des heures précieuses

© Alexis Courcoux

À 48 heures du départ de la Transat AG2R LA MONDIALE, la pression monte doucement le long des quais du port de Concarneau. Outre les différents briefings obligatoires, le temps s’articule différemment selon les équipages. Trois duos d’amateurs ont accepté de nous parler de ces dernières heures, entre avitaillement, ultimes réglages et repos. Petit tour d’horizon avec Germain Kerleveo et Jean-Sébastien Henry sur Armor-Lux / Clown à l’hôpital, Louis-Maurice et Joanna Tannyères sur Hôtel Emeraude Plage Saint-Barthélemy puis Yannig Livory et Guillaume Farsy sur One Network Energies.

L’horloge tourne inexorablement et dans 48 heures, les 16 duos s’élanceront sur l’Atlantique avec tous le même objectif, arriver à Saint-Barthélemy.Mais avant le coup de canon libératoire, samedi 21 avril à 13h, les 32 marins présents à Concarneau depuis le week-end dernier, occupent leur temps de différente manière. Chez les équipages professionnels, les préparateurs vérifient, contrôlent et organisent le bateau afin que tout soit en place et que l’inattendu n’ait pas lieu tandis que chez les amateurs, les marins doivent souvent composer eux-mêmes. Parmi ces derniers, trois équipages ont bien voulu nous ont accordé quelques instants dans leur emploi du temps serré. Entre les différentes sollicitations les heures sont désormais comptées.

Louis-Maurice et Joanna Tannyères – Hotel Emeraude Plage Saint-Barthélemy

Dans quel d’état d’esprit vous trouvez-vous à deux jours du départ?
Joanna: « Je suis assez angoissée par cette traversée qui sera une grande première pour moi mais j’ai hâte de partir.»
Louis-Maurice: « J’ai un peu de stress à cause de petits problèmes techniques à bord mais sinon je suis bien, j’espère juste que demain matin tout sera rentré dans l’ordre. Sinon d’un point de vue météo, ça se calme, le départ devrait être rapide et intense.»

Comment gère t-on les 48 dernières heures avant le coup de canon?
Louis-Maurice : « Nous allons faire l’avitaillement entre ce soir et demain matin et un peu plus tard pour les produis frais. Nous en embarquons pour quatre jours de mer car nous n’avons rien à bord pour pouvoir les conserver. Les sacs sont déjà prêts, il suffit juste de les ranger à la bonne place. En revanche nous avons à régler quelques petits soucis de dernières minutes comme les feux de mât qui ne fonctionnent plus ainsi qu’une pièce du moteur qui manque.»

Est-ce que le fait de partir en double rend les choses un peu plus faciles
Joanna : « Mon appréhension est totale sur la course. Quand je vois mon père partir tout seul je me demande toujours comment il fait. J’imagine que le fait d’être deux à bord apporte un plus, notamment en temps de crise.»
Louis Maurice : « Normalement, c’est beaucoup plus facile à deux, mais comme Joanna n’a pas trop l’habitude, mon sentiment est assez mitigé. J’aurai, c’est certain, un œil attentif sur elle afin de vérifier qu’elle se déplace bien sur le bateau, qu’elle soit en sécurité et bien accrochée. Des habitudes que l’on n’a pas forcément. En solitaire, la moindre panne de pilote ou autre a un impact quasi immédiat et c’est la catastrophe. En double, c’est tout aussi critique, mais c’est gérable. Le départ sera rapide, on devrait passer le golfe de Gascogne assez vite, ça ira. Nous n’allons pas beaucoup dormir les premières 48 heures. Il faudra ensuite rapidement récupérer un peu de sommeil et c’est à ce moment-là que le double à son importance.»

Germain Kerleveo et Jean-Sébastien Henry – Armor-Lux / Clown à l’hôpital

Dans quel d’état d’esprit vous trouvez-vous à deux jours du départ ?
« Je suis un peu stressé, et ce, pour différentes raisons. D’une part, à cause de la météo. Nous allons entrer assez vite dans le vif du sujet. La transition entre la vie à terre et celle en mer s’annonce assez brutale. D’autre part, nous avons encore pas mal de choses à faire pour finir de préparer le bateau. Hier, nous n’avons pratiquement pas pu mettre les pieds sur le bateau en raison des différentes sollicitations, celles des journalistes notamment. Cela, nous ne l’avions pas vraiment anticipé. Du coup, nous sommes un peu en retard et c’est un peu de stress supplémentaire. Avant d’arriver à Concarneau, nous nous étions dit qu’il fallait que tout soit prêt avant mais nous nous sommes laissé prendre par le temps…»

Comment gère t-on les 48 dernières heures avant le coup de canon ?
«Nous déléguons pas mal. Marion, ma femme, s’occupe de l’avitaillement, en particulier le frais et les trucs de dernière minute.
Hier, c’était la journée des enfants et nous avons passé du temps avec eux. De fait, nous représentons l’association Clown à l’hôpital. Tout ça est super mais forcément un peu chronophage. À 48 heures du départ, Armor-Lux a décidé de faire partie de notre aventure. Pour nous c’est génial car nous ramions depuis un an afin de boucler le budget. Cela va nous permettre de partager la course avec de nombreux enfants.
Pour ce qui est du sommeil, au départ l’idée était de recharger les batteries au maximum avant la course. On se disait qu’on se coucherait tôt par exemple. En réalité, depuis une semaine, il nous est impossible de dormir. C’est notre première transat… forcément, nous avons un peu d’appréhension et les conditions annoncées ne font que renforcer ce sentiment.»

Est-ce que le fait de partir en double rend les choses un peu plus faciles ?
« Clairement. L’avantage, n’ayant pas de préparateur, c’est que nous pouvons diviser les tâches par deux. Ça, c’est vraiment super. De plus, c’est rassurant. C’est bon de savoir que si on est dans le rouge 24 heures après le départ, on va pouvoir aller se coucher pendant que l’autre va gérer. En tous les cas, là, nous n’avons qu’une seule envie, passer la ligne et partir.»

Yannig Livory et Guillaume Farsy – One Network Energies

Dans quel d’état d’esprit vous trouvez-vous à deux jours du départ ?
« Pour ma part, j’ai vraiment hâte de partir. Même si les conditions météo annoncées sont un peu fortes, cela ne me fait pas vraiment peur car le Figaro Bénéteau 2 est un bateau très marin. La seule petite inquiétude que j’ai, c’est d’être décroché par les premiers – car les pros vont plus vite que nous, il ne faut pas se leurrer – au cap Finisterre. À cet endroit, une petite dorsale se met en place. Je pense que si on est un peu en retard, on risque de l’être encore plus par la suite. Après, cependant, rien ne sera perdu car la route sera encore longue mais ce sera un peu dur pour le moral.»

Comment gère t-on les 48 dernières heures avant le coup de canon ?
« Tout est prêt même si nous avons, comme d’autres, quelques petits imprévus sur le plan électronique. Rien de grave, tout ce qui est vital pour le bateau est ok. L’avitaillement est fait. Il ne nous reste plus qu’à embarquer nos sacs de mer ce soir. Côté sommeil, je dors bien. Pour l’instant, je n’ai rien changé à mes habitudes. De toutes les façons, j’ai des enfants, alors le soir et le matin, ce sont eux qui impriment le rythme. Pour l’instant, je n’ai pas de stress mais ça ne devrait plus tarder. J’ai plutôt l’habitude de partir en mer à la journée ou pour deux jours… je crois que je ne réalise pas encore bien.»

Est-ce que le fait de partir en double rend les choses un peu plus faciles ?
« Pour ma part, c’est rassurant. Je pars avec Yannig (Livory) dont c’est la 12e transat. De plus, il n’a jamais abandonné, il est toujours allé au bout. Pour moi qui suis dans la découverte pure sur ce type de parcours, puisque c’est ma première transat, c’est bien de partir avec quelqu’un d’expérimenté. Très bien même. »

Source

RivaCom

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 19 avril 2012

Matossé sous: Figaro 2, Monotypie, Transat AG2R

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