Tous derrière et lui devant

©Th.Martinez / Sea&Co.

Les neuf IMOCA naviguent tous désormais en mer des Caraïbes, Gamesa étant le dernier à avoir franchi ce matin le passage de Mona entre la République Dominicaine et Puerto Rico. En tête, à 447 milles de l’arrivée, Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou ne mollissent pas. Pou r tous, la navigation sous les grains se fait sur le fil du rasoir.

Gagner des longueurs qui se transforment en milles, tel est le crédo de Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou. Aujourd’hui, le bateau bleu est encore le plus rapide avec des moyennes frôlant les 17 nœuds. Son avance sur Hugo Boss semble désormais suffisante (143 milles, soit 30 % de la distance qu’il leur reste à parcourir) pour les protéger d’une quelconque contre-attaque de la part du tandem anglo-espagnol. Toutefois, la traversée de la mer des Caraïbes n’est une sinécure pour personne. Les grains sont permanents et les orages se feront de plus en plus présents à l’approche du terminus devant la digue du port de commerce de Puerto Limon. « C’est du pilotage » convenait Armel Le Cl éac’h à la vacation du jour. Jean-Pierre et Jérémie devront donc rester attentifs jusqu’au bout… Ce sera leur dernière épreuve de force après deux semaines d’une course déjà éreintante.

Duels au soleil

Dans leur sillage, la dernière marche du podium est l’enjeu d’un gros bras de fer entre deux équipages jumeaux. Banque Populaire et Macif sont des sisterships menés par deux tandems trentenaires issus de la filière Figaro et qui ont pour point commun un esprit de compétition ultra aiguisé. Ces deux bateaux sont bord à bord sous les côtes de la République Dominicaine, à 0,4 mille l’un de l’autre. La trois ième place va donc se vendre très cher, au prix minimum d’une grosse fatigue à l’arrivée. La cinquième place est aussi au centre d’une bagarre à distance entre Bureau Vallée (5e), Groupe Bel (6e) et pourquoi pas Safran (7e) dont l’équipage a finalement renoncé à son escale technique pour changer une pièce de gouvernail. Du 3e au 7e Imoca, tous devraient en tout cas franchir la ligne d’arrivée dans la journée du 19 novembre… En même temps que le premier Multi50, Actual.
Yves Le Blévec et Samuel Manuard naviguent au large de la Colombie, à la longitude de Caracas et ont encore au programme une série d’empannages avant de toucher au but. Leur unique adversaire Maître Jacques, empétolé sous un nuage puis aux prises ave c un casier de pêcheur au moment de doubler la Barbade, est désormais relégué à 287 milles.

44 ans…en tête

Pour voir les premiers Class40 arriver, il faudra encore patienter une petite dizaine de jours. A bord d’Aquarelle.com, Eric Drouglazet vient de fêter ses 44 ans… son troisième anniversaire en mer à l’occasion de la Transat Jacques Vabre. Et quel plus beau cadeau que de le célébrer en tête de course ? Eric et son skipper Yannick Bestaven sont intouchables depuis le départ le 2 novembre. Les Class40 sont désormais étalés sur 950 milles en distance au but. Le dénominateur commun entre tous ces « petits monocoques » est une navig ation pénible dans des conditions instables, sous les grains. A noter qu’ils ne sont plus que neuf en course (contre 16 au départ) après l’abandon officiel des filles de Gust Buster.

Ils ont dit

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) : « bientôt en mode Figaro»

« C’est un duel au soleil, il fait chaud. On a des conditions bien sportives. Le long de Saint-Domingue, le vent est assez soutenu, la mer est vraiment très croisée, c’est du pilotage. On est à vue avec Macif, ils sont à un mille sous notre vent. C’est symp a, c’est une belle bagarre de deux bateaux identiques. Il va y avoir du match jusqu’au bout, les conditions à l’arrivée seront plus calmes. On a gagné un ou deux mille sur Macif depuis hier soir, c’est du gagne-petit… mais chaque chose est importante. On ne fait pas encore du match-racing c’est trop tôt mais on va faire notre stratégie d’ici 36 heures, et passer en mode Figaro, régate pour l’arrivée. L’écart peut vite se réduire, il y aura du jeu jusqu’au bout. On a eu une nuit assez intense, on est assez fatigués, barrer dans ces conditions de mer est difficile. On va manger un poulet sauce aigre-douce à midi.»

Yann Régniau (Groupe Bel) : « on n’arrête pas de manœuvrer»

« On a des conditions musclées, la nuit a été un peu rude ; sous spi, c’était vraiment chaud, stressant. On a décidé de mettre le gennaker en fin de nuit, ca devenait trop chaud, c’était limite, il faut préserver le bateau, ne pas avoir de casse. Mais ça envoie aussi avec le gennaker. Le vent est fort sous les grains, on a 28 nœuds, une mer assez forte, le bateau passe à travers les vagues, tu ne peux pas faire d’écart de barre ! Ça va mieux avec le gennaker, on a plus de liberté, on peut relancer, gérer la vitesse du bateau.
On n’arrête pas, on n’a pas eu de répit, on n’aura eu qu’une journée et demie tranquille. Sinon, on n’arrête pas de manœuvrer, empannages à n’en plus finir, changement de voiles, etc. C’est du non stop ! C’est la bagarre pour la 5ème place, l’objectif est de revenir sur Bureau Vallée. »

Eric Drouglazet (Aquarelle.com) : « Troisième anniversaire en mer»

« Pour mon anniversaire, on va se faire une bouteille de vin avec des pâtes, un peu d’huile d’olive, ce sera super. On va faire deux heures de pilote pour pouvoir manger dehors. C’est la troisième fois que je fête mon anniversaire pendant la Transat Jacques Vabre, mais les deux autres fois c’était dans le pot au noir. Ça fait une semaine qu’on barre, on a mal aux cervicales car on a la t&e circ;te toujours tournée à droite. On veut essayer de se mettre à l’abri, prendre encore de l’avance, donc on barre tout le temps et ce n‘est pas reposant du tout mais on a l’habitude on est des Figaristes ! Il y a deux jours on était inquiets avec les deux bateaux qui étaient partis dans le nord, mais ils redescendent donc ça nous a rassuré. Il y a deux, trois jours, c’était comme un mois d’aout en Bretagne, là il commence à faire très chaud, on fait attention à tout : on s’hydrate, on met un chapeau. Pour les déplacements, on est à quatre pattes, car les conditions sont difficiles, on ne veut pas se blesser.»

Loïc Féquet (Maître Jacques) : « la dernière ligne droite ne l’est pas tant»

« A La Barbade, Eole ne voulait pas nous laisser passer, on avait déjà eu du mal à y aller. On était au près avec 10 nœuds de vent. En arrivant sur l’île, on a pris un grain à 35 nœuds, puis plus rien pendant deux heures. On a rasé l’île, on s’est pris un casier dans un des flotteurs. Loïc (Escoffier) n’a même pas pesté contre les pêcheurs, il avait plutôt envie de savoir ce qu’ils pêchaient dans le coin. C’est une dernière ligne droite pas droite ! On va remonter dans le nord pour chercher du vent. Avec les grains, on n’a pas trop de soleil, donc on n’a pas trop chaud. Ça va bien, on arrive sur Ste Lucie, on est entre 20, 24 nœuds en permanence. Ça nous remonte le moral après la journ&e acute;e d’hier, on va empanner et repartir après..»

Les positions des bateaux ce mercredi 16 novembre à 17h00:

IMOCA

1 – Virbac-Paprec 3 (Jean-Pierre Dick – Jérémie Beyou) : 447,6 milles de l’arrivée
2 – Hugo Boss (Alex Thomson – Guillermo Altadill) : 143,5 milles du leader
3 – Banque Populaire (Armel Le Cléac’h – Christopher Pratt) : 284,3 milles du leader

Multi50

1 – Actual (Yves Le Blevec – Samuel Manuard) : 999,7 milles de l’arrivée
2 – Maitre Jacques (Loïc Fequet – Loïc Escoffier) : 290,9 milles du leader

Class40

1 – Aquarelle.com (Yannick Bestaven – Eric Drouglazet) : 1913,0 milles de l’arrivée
2 – ERDF Des Pieds et des Mains (Damien Seguin – Yoann Richomme) : 146,3 milles du leader
3 – 40 Degrees (Ha nnah Jenner – Jesse Naiwark) : 238,4 milles du leader

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Transat Jacques Vabre

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 16 novembre 2011

Matossé sous: 2011, Course au Large, Transat Jacques Vabre

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