A plein badin !

© Yann Riou

Ce samedi, alors que les leaders de 24e édition de La Boulangère Mini Transat sont passés sous la barre des 1 500 milles restant à parcours et que la grande majorité de la flotte a maintenant débordé le fameux waypoint obligatoire situé par 25° Nord et 27° Ouest, ça continue d’avancer à plein badin sur la route des Antilles. Et pour cause, les alizés sont parfaitement bien établis et soufflent à une vingtaine de nœuds sur une mer qui tend à s’aplanir. Dans ce contexte, tout l’enjeu pour les solitaires est de parvenir à placer le curseur au bon endroit afin d’aller vite tout en préservant au mieux le matériel, d’autant que quelques grains commencent à faire leur apparition.

« Les alizés sont globalement bien en place et soufflent à une vingtaine de nœuds avec possiblement quelques grains. Il y a un peu de mer (2,5 mètres de vagues), mais l’état de celle-ci est en train de s’améliorer », annonce Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. Pour résumer, les conditions avec lesquelles composent actuellement les marins de La Boulangère Mini Transat sont quasi parfaites. Non seulement il fait beau mais en plus ces fameux vent de nord-est, languides au début, sont à présent franchement vigoureux pour tout le monde. Au sud comme au nord. La preuve, ce samedi, tous les solitaires affichent des vitesses similaires même si quelques-uns appuient un peu plus fort sur le champignon que d’autres, par choix ou parce qu’ils ne sont plus complètement à 100% du potentiel de leur bateau. A titre d’exemple, la moyenne de ces dernières heures concernant Victor Mathieu (967 – Celeris Informatique), deuxième de la première étape, peut poser question. Il est, en effet, actuellement presque deux fois moins rapide que ses adversaires autour de lui. Sortie de piste ? Perte de son grand spi ? En l’état, difficile d’affirmer quoi que ce soit. « Cette deuxième étape est une étape d’endurance. Le but sera de trouver le juste milieu entre aller vite et ne rien casser », avait indiqué le Suresnois peu avant de quitter Santa Cruz de La Palma. Et c’est là bel et bien tout l’enjeu du moment pour les Ministes à qui il reste 1 500 milles à engloutir pour rallier Guadeloupe, soit un peu plus de la moitié du parcours de cette étape 2 – Air Caraïbes en termes de milles, mais nettement moins en termes de temps. « Les ETA (estimations d’heure d’arrivées) semblent se confirmer pour le 9 en fin de journée », souligne Denis Hugues, le Directeur de course.

Essayer de rester à 100%

Dans les grandes lignes, à quoi vont ressembler ces cinq-six derniers jours de course ? A une course de vitesse, assurément. Avec quelques petites subtilités néanmoins. « Dans les prochaines 72 heures, le vent va progressivement tourner à l’est pour les premiers. Ces derniers vont donc continuer de naviguer tribord amure pour aller chercher la bascule du vent. Cela sera moins marqué pour les retardataires », détaille Christian Dumard. Quid du classement ? Chez les Proto, Federico Waksman (1019 – Repremar – Shipping Agency Uruguay) reste, comme hier, le plus rapide de la flotte et cumule à présent une avance de près de 70 milles sur son plus proche poursuivant malgré un petit contre-bord vers le sud peu productif, hier après-midi. Chez les Série, Hugues de Prémare (1033 – Technip Energies – International Coatings) et Félix Oberlé (1028 – Mingulay) ont fini, comme on s’y attendait, par souffler la vedette à Luca Rosetti (998 – Race = Care), positionné 100 milles dans leur nord. Ces deux-là régatent bord à bord et impriment indiscutablement une grosse cadence, mais pour eux comme pour les autres, il s’agit d’éviter les dérapages incontrôlés ainsi que les petits pépins techniques, à l’image de Peter Gibbons Neff (837 Terminal Leave). A la suite d’un choc avec un OFNI (objet flottant non identifié), l’Américain a cassé huit boulons de safran. Il est arrivé à Mindelo, sur l’île Cap Verdienne de São Vicente, ce matin aux environs de 11h30, et devrait rapidement réparer avant de reprendre sa course. Dans ce même port, on devrait, d’ici quelques jours, voir arriver à son tour Alexis Rochet (962 – Espérances Banlieues) qui espère, lui, restaurer l’axe de sa barre de liaison ainsi que son pilote principal.

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Aurélie Bargat

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