L’IMOCA rejette les safrans en T

© Vincent Curutchet

A quelques jours du départ de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre (29 octobre), la Classe IMOCA a affirmé, en assemblée générale, son refus d’introduire des safrans en T et a voté quasi-unanimement pour l’introduction de nouvelles restrictions sur la construction des bateaux afin de réduire les émissions de CO2.

Au Havre, vendredi 20 octobre, plus de 40 équipes étaient réunies à l’École Nationale Supérieure Maritime pour voter différentes résolutions, notamment une révision du mât standardisé visant à augmenter les coefficients de sécurité, la réduction du nombre de voiles embarquées en course et d’autres mesures et améliorations techniques.

Plans porteurs

Le point de discussion le plus important a porté sur la question des safrans en T (dotés d’un plan porteur/stabilisateur) qui permettraient aux IMOCA de passer du statut de bateaux à foils à celui de bateaux entièrement volants.

Les partisans de ce changement affirmaient qu’il s’inscrit dans l’esprit d’innovation qui est la pierre angulaire de la philosophie de l’IMOCA, qu’il peut être effectué simplement et qu’il améliorera considérablement le niveau de confort des skippers lorsqu’ils volent dans la mer formée.

Les opposants soulignaient, quant à eux, la probabilité que les foils en T conduisent à de grands changements dans la façon dont les bateaux sont construits, pour faire face aux contraintes et aux vitesses supplémentaires, que les mâts actuels ne seraient pas adaptés pour ces efforts et que de nombreux autres changements seraient à réaliser rendant très coûteuse leur mise en œuvre.

Antoine Mermod, président de l’IMOCA, salue l’esprit collaboratif et le niveau de débat très impressionnant de la part du groupe. “Organiser cette réunion, avec autant d’équipes, permet à tous de participer au débat pour construire quelque chose de fort. C’est un long processus que d’établir de bonnes règles et de trouver l’équilibre qui sera ensuite accepté par la majorité », déclare-t-il.

Antoine Mermod souligne la complexité de la résolution sur les safrans en T du fait des nombreux éléments à prendre en compte. « Lorsque vous pensez à la prochaine innovation, il est assez facile de sentir ce qu’elle pourrait être, mais le problème est plus de savoir quand la faire et comment », explique-t-il. « Si l’IMOCA connaît une période de fort développement, il est parfois bon de se renforcer progressivement et d’apporter les changements au bon moment, plutôt que de se laisser guider par l’innovation technique.”

Pour lui, cette technologie pourrait arriver un jour, mais la question essentielle est de savoir quand. « Il est certain qu’à un moment donné, l’objectif sera de faire le tour du monde en volant au-dessus des vagues. Les arguments avancés lors de l’assemblée générale sont tous valables et tous les orateurs avaient raison finalement. Si l’on considère le groupe dans son ensemble, les gens se demandent si c’est le bon moment ou non pour le faire dans les meilleures conditions et le vote contre l’a emporté largement », ajoute-t-il.

Premier pas vers un Cap Carbone

Antoine Mermod s’est réjoui que l’IMOCA apporte son soutien total à son programme en cours pour comprendre et réduire les impacts environnementaux de l’activité et qui ont commencé par une analyse du cycle de vie des différents composants qui entrent dans la fabrication d’un nouvel IMOCA. « Notre objectif est de réduire l’impact de la construction d’un IMOCA et je suis ravi que les skippers et les équipes soutiennent pleinement le travail que nous effectuons depuis plusieurs années sur ce sujet », déclare-t-il. « Nous proposons aujourd’hui une nouvelle règle, inspirée de celle utilisée sur l’America’s Cup, afin d’encadrer la méthode de réduction d’impact. Cette règle a été élaborée en concertation avec nos équipes, nos fournisseurs, nos constructeurs et l’ensemble du secteur concerné. C’est la première étape vers l’établissement d’un Cap Carbone pour l’IMOCA ».

Le défi à part entière de cet aller-retour en Atlantique

Avec la Transat Jacques Vabre, en double, qui se profile et le Retour à la Base, en solitaire, qui suivra, il s’agit d’une période passionnante pour la flotte. « Nous entrons dans le ‘money time’ pour préparer le Vendée Globe », souligne Antoine. « Sur ces deux transatlantiques, nous allons avoir tous les skippers avec leur bateau. Cela marque le début de l’analyse de la rapidité et de la qualité de chacun. La plupart des bateaux qui ont été modifiés l’hiver dernier ou nouvellement mis à l’eau sont maintenant prêts et je dirais que c’est vraiment le début du jeu.”

Pour finir, il souligne que le défi dans l’hémisphère nord qui attend les marins est de taille et, malgré la pression de la qualification au Vendée Globe, les skippers participeront pleinement aux deux épreuves à venir. « Lorsque vous traversez le golfe de Gascogne et l’océan Atlantique en double en novembre et que vous revenez en solitaire en décembre, il ne s’agit pas seulement d’un exercice de qualification pour une course, c’est un défi à part entière », affirme le président. « Nous devrions penser à la difficulté de chaque défi plutôt que de penser à nous qualifier pour une autre chose.” ajoute-t-il.

L’Assemblée Générale de la Classe IMOCA a également été l’occasion d’élire deux nouveaux membres du Conseil d’Administration : Damien Seguin, skipper du Groupe APICIL, et David Sineau, team manager d’Initiatives-Cœur.

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