Champ de mines avant les alizés

© Amory Ross/PUMA Ocean Racing

Après 6 jours de mer, la route vers Auckland reste toujours aussi compliquée pour les 6 concurrents de la Volvo Ocean Race partis de Sanya lundi dernier. Et l’ordre des classements évolue d’heure en heure. Un jeu de chaises musicales qui devrait durer jusqu’à ce que la flotte soit durablement installée dans le système des alizés.
La zone de calmes persistants sur la route orthodromique, le long des côtes des Philippines, a obligé les navigateurs, dès leur entrée dans la mer des Philippines, à prendre des chemins de traverse pour contourner cet obstacle majeur et aller à la chasse de vents favorables dans le nord-est, et carrément au nord pour Puma.

Résultat, la flotte qui vient de mettre enfin le cap à l’est – un progrès par rapport au cap sud-est qu’ils doivent emprunter pour se rendre à Auckland – progresse encore à plus de 600 milles dans le nord de la route directe.

Les alizés sont encore loin et le chemin qui y mène est semé d’embuches à faire pâlir le plus zen des navigateurs. Il est donc à parier que les équipages n’en n’ont pas encore complètement terminé avec les changements de voiles, le matossage, les alternances d’averses et de rayons de soleil et la fatigue due au manque de sommeil.

Le plus radical dans sa démarche de contournement a été Puma, parti dès sa sortie du détroit de Luçon, sur une route plein nord alors que ses adversaires choisissaient une option moins extrême, en mettant cap au nord-est.

« Nous n’avions pas vraiment prévu de nous retrouver à des centaines de milles de nos camarades, écrivait Read ce matin qui ne pense pas que son éloignement du reste de la flotte tient du pari inconsidéré.

« Cela a l’air effrayant, mais historiquement c’est la façon la plus académique de procéder… » insiste-t-il. Je pense que si personne d’autre n’est arrivé ici, c’est qu’ils n’ont pas eu le vent pour le faire. »
A 17h ce soir, Puma reste toujours à près de 150 milles dans le nord du concurrent le plus sud, Telefonica. En position intermédiare sur cette ligne nord-sud on trouve Camper, Groupama, Sanya et Abu Dhabi légèrement décalés dans l’est de cette ligne de front.

Aux commandes depuis la sortie de la mer de Chine, les néo-zélandais de Camper sont entrain de regarder avec attention, ce qui se passe sur leurs arrières.

Puma a touché toute la journée les dividendes de son pari avec des vitesses supérieures de plus de 35% à celles de ses petits camarades. Mais cela sera-t-il suffisant pour Read et ses félins, pour prendre les commandes ?

Ce soir, personne ne peut prévoir quel va être le dénouement de cette partie de poker menteur entre équipages avides d’en finir avec l’incertitude.

L’un des faits remarquables ce soir est de voir Team Sanya accroché aux basques des Volvo Open 70, nouvelle génération. Une performance qui doit réjouir le skipper du bateau chinois, Mike Sanderson, vainqueur de l’édition 2005-06 sur ABN AMRO ONE, qui se trouve ce soir aux prises avec le redoutable et redouté Telefonica.

Côté français, le moral est bon. Le soleil est revenu et le spi est de sortie. Franck Cammas et ses hommes sont satisfaits de leur position de contrôle nord-sud, même si la route empruntée jusqu’à maintenant paraît un peu « contre nature ».
POSITIONS – samedi 25 février à 17h (heure française)

1 – Camper with Emirates Team New Zealand à 4 343 milles de l’arrivée
2 – Telefonica à 46,6 milles
3 – Abu Dhabi Ocean Racing à 53,5 milles
4 – Groupama sailing Team à 63,0 milles
5 – Team Sanya à 65,1 milles
6 – Puma Ocean Racing powered by Berg à 168,3 milles

Source

Anne Massot

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