Class40, 40 raisons de la suivre !

© Christophe Breschi

Ce n’est peut-être pas la classe de tous les superlatifs esbaudissants dont la course au large se repait bien souvent, mais la Class40 coche, elle, toutes les cases qui font depuis 40 ans la magie de la voile hauturière. Mixité, internationalisation, haute technologie, mais aussi aventure humaine, familiale parfois, elle concentre une diversité d’expériences sportives et véliques tout à fait étonnante, de l’Olympisme à l’amateur le plus pur. Avec 45 unités au départ dimanche prochain, elle n’offre pas seulement le nombre mais la diversité absolue des expériences maritimes, soudée par une conviction puissante de sa cohérence, de sa lisibilité. Loin du gigantisme technologique et budgétaire, la Class40 s’épanouit en équité sportive, avec un niveau de performances exponentiel, en accessibilité et en développement maitrisé de ses technologies. Pour toutes ces raisons, elle offre course après course, en solitaire, comme en équipage ou équipage réduit, tous les ingrédients du suspens, du bouleversement et de l’inconnu qui ont fait les légendes des grands traversées océaniques en course. Elle écrit pour chacun de ses marins des tranches d’aventures majuscules pour lesquelles les foules sentimentales se pressent immanquablement à chaque départ de transat. Au grand rendez-vous de l’émotion pure, il y en a pour tous les goûts. Choisissez votre saveur.

Des affaires de famille

“J’ai très vite su que je participerai à ma prochaine Transat Jacques Vabre avec mon père”. Simon Kervarrec, 22 ans, embarque son papa, Yannick (Leclerc Samsic N°141). Ils sont trois tandems père / fils, à s’élancer vers la Martinique en Class40 et ainsi faire de cette course une aventure familiale hors-normes. Et quand on parle complémentarité, la relation père fils est sans égale : “J’ai passé un bon nombre d’années sur des cargos, donc je maîtrise la navigation”, explique Jean-Jacques Le Borgne (Recycleurs Bretons -Navaleo N°88). Son fils Kieran manie davantage les nouveaux modèles d’accastillage et la partie technologique. Le duo familial Magré l’affirme aussi : “A bord, mon père a une très bonne connaissance de la voile offshore” explique Antoine Magré (E. Leclerc Ville La Grand N°160), “Moi je suis plutôt engagé sur les manœuvres et l’analyse météo”. Confiance, respect et, oui, disons le, amour scellent des complicités uniques à bord des Class40 de la Transat.

Les femmes aussi

« C’est un objectif que l’on recherche avec le projet, constituer des équipages 100% féminins et se donner les moyens de performer ». Amélie Grassi forme avec Marie Riou (La Boulangère Bio N°170) un des trois tandems de femmes engagés sur la course des Class40. Objectif avoué, performer avec un équipage 100% féminin. Morgane Ursault-Poupon et Julia Virat sur UP Sailing N°30 partagent cette ambition, tandis que les jumelles Julia et Jeanne Courtois (Saint James Biscuiterie de l’Abbaye N°139) s’élancent pour la première fois sur cette transat. Elles sont les lauréates du programme « Cap pour Elle », porté par la Transat Jacques Vabre et Saint-James, visant à encourager un nouvel équipage féminin. Anne Baugé partagera la barre de Milai (101) avec le Japonais Masa Suzuki, tandis que la Canadienne Mélodie Schaffer se lance dans le grand bain de la course au large en compagnie de son compatriote Ryan Barkey à bord de Stormtech N°128. Clara Fortin s’associe elle aussi à un compatriote, Normand celui-ci, Martin Louchart pour une transat plus qu’initiatique à bord de Randstad-Ausy (N°155). Au total, 8 femmes parmi les 90 marins de la Classe.

Des ambitions contrastées

Au départ d’une transat aussi exigeante que la Jacques Vabre, avec ce plateau si relevé, les ambitions sont naturellement aussi contrastées qu’il y a d’équipages. Au rayon des partants pour la victoire en Martinique, on relèvera en vrac et sans ordre de préférence, tant la lutte s’annonce acharnée entre voiliers d’avant dernière et de dernière génération, les noms de Banque du Léman (Valentin Gautier – Simon Koster N°159), Serenis Consulting (Jean Galfione – Eric Péron N° 163), Crédit Mutuel (Ian Lipinski – Julien Pulvé N°158), Crosscall (Aurélien Ducroz – David Sineau N°166), Lamotte Module Création (Luke Berry – Achille Nebout N°153), Project Rescue Ocean (Frédéric Denis – Axel Tréhin N°162), ou Redman (Antoine Carpentier – Pablo Santurde N° 161), Volvo (Jonas Gerckens Benoit Hantzperg N°164)…

Nombre d’outsiders de luxe frappent à la porte de cet antichambre de la victoire, à l’instar d’Edenred (Emmanuel Le Roch/Pierre Quiroga N° 165), La Manche #EvidenceNautique (Nicolas Jossier et Alexis Loison N°154) ou encore Seafrigo – Sogestran (Cédric Chateau/Jérémie Mion N°172), le Max40 La Boulangère Bio (Amélie Grassi/Marie Riou) ou le Clak40 Emile Henry Happyvore, de Nicolas d’Estais et Erwan Le Draoulec N°167, Entrepreneurs pour la planète (Audigane -Jambou N°151)….

En route pour la grande aventure d’une vie…

Compétition majuscule, transatlantique complexe et exigeante dans sa durée (4800 milles), cette Jacques Vabre 2021 sera aussi le baptême du feu océanique pour nombre de marins au sein de la Class40, à l’instar de Renaud Courbon et Guillaume Pirouelle (Clown Hop N°133). Ivica Kostelic a, comme Jean Galfione, connu les podiums Olympiques et mondiaux, dans sa spécialité, le ski Alpin. La Jacques Vabre sera sa première traversée, en course de surcroit. De la neige à la mer, Mathieu Crépel, snowboarder professionnel, partage le même univers et la même démarche qu’Ivica. Sa soif d’aventures l’a mené jusqu’à l’Everial (N°147) de Stan Thuret. Aventure et amitié riment aussi très fort en Class40, à l’image du projet Exploring Tech for Good des deux ingénieurs Victor Jost et Enguerrand Granoux. Histoires d’hommes, de marins, d’amitié… celle de Thibaud Lefevre et Thomas Bulcke (Free Dom 157) vaut le détour et rejoint celles de Nicolas D’Estais et Erwan Le Draoulec, vieux potes de la Mini, ou encore Maxime Cauwe et Jules Bonnier (Avanade N° 98), Jean Pierre Balmes et Laurent Camprubi (fullsave N°148) amateurs bon teint en route pour la grande aventure.

International…

Les vacations de la Transat résonneront des accents de la dizaine de nationalités représentées au sein d’une classe éminemment internationale, Belge (Jonas Gerkens), Américain (Alex Mehran), Canadiens (Ryan Barkey – Mélodie Schaffer), Britanniques (Merfyn Owen, Alister Richardson, Brian Thompson) , Néerlandais (Ysbrand Endt – Frans Budel), Italien (Andrea Fantini), Espagnol (Pablo Santurde del Arco), Suisses (Valentin Gautier, Simon Koster) mais aussi Croate (Ivica Kostelic) et Japonais (Masa Suzuki) sont les ambassadeurs émérites d’une classe qui attirent hors de l’hexagone tous les regards. Sans oublier les Méditerranéens… Kito de Pavant, Achille Nebout, Jean Pierre Balmes, Laurent Camprubi, Pierre Quiroga….

La guerre des nez ronds!

Avec la grande diversité d’architectes et de designers penchés sur leurs berceaux, David Raison (Max 40), Sam Manuard (Mach 40.4), Marc Lombard (Lift 2), Guillaume Verdier (Pogo S4) ou VPLP (Clak 40), ils ne sont pas moins de 12 scows de génération post Route du Rhum 2018 au départ dimanche sur les 45 engagés. Ces carènes appelées scow étaient très populaires au début du XXe siècle sur les Grands Lacs américains. Avec un avant volumineux et spatulé comme un ski, une largeur modérée, ces voiliers ne piquent pas du nez. Ils restent au sommet des vagues et engagent moins d’eau sur le pont. Redoutables au vent de travers, à 60 et jusqu’à 110° du vent réel.

Les Class40 de la Transat Jacques Vabre en chiffres :

  • 4 800 milles entre Le Havre et Fort de France via Sal au Cap Vert
  • 45 voiliers au départ
  • 10 Nationalités
  • 8 femmes dont trois équipages 100% féminins
  • 7 bateaux millésimés 2021
  • Présence du voilier répertorié N°1, lancé en 2004, Terre Exotique de Georges Guiguen et Morgann Pinson.

Source

Association Class40

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