Première rencontre entre Kevin Escoffier et le futur IMOCA PRB

© Lloyd Images

C’est avec son directeur technique Loïc Féquet que Kevin Escoffier est allé à Hampshire, en Angleterre pour une première visite au chantier Carrington où est construite la coque du futur PRB. Le contexte sanitaire n’avait en effet pas permis au skipper de PRB de s’y rendre plus tôt. L’occasion de deux jours d’échange et de travail avec les équipes qui se consacrent actuellement au plan Verdier.

À plusieurs reprises dans sa carrière, le Malouin a participé à la construction de bateaux de course pour différents skippers, Crêpes Whaou (2005 – Franck-Yves Escoffier), PRB (2006 – Vincent Riou) et Banque Populaire (2008 – Pascal Bidégorry, 2015, 2018 et 2021 – Armel Le Cléac’h). Il en garde des souvenirs passionnés. Mais cette fois, il s’agit de construire un monocoque de 60’ qui lui sera destiné en vue du Vendée Globe 2024. Un projet différent, un projet d’envergure dont il savoure chaque minute avec un double regard… Celui du sportif bien sûr mais aussi celui de l’ingénieur et du féru de technologie.

« Lors des constructions auxquelles j’ai pu participer, même si ce n’était pas des bateaux qui m’étaient destinés, je m’y suis impliqué comme si ça avait été pour moi. Évidemment, cette fois, il y a quelque chose de différent. Je construis un nouveau PRB que je vais skipper. Mais tu ne construis pas un bateau pour nourrir ton ego. C’est un projet collectif avec PRB, avec mon équipe. Un projet qui doit répondre à certains critères dont un budget maitrisé car PRB est une PME et non pas un grand groupe international. C’est un paramètre important qui conditionne tous les choix que l’on peut faire aujourd’hui dont le premier, celui d’avoir racheté cette coque en Angleterre. D’ailleurs PRB a la volonté d’être accompagné par un autre partenaire pour cette nouvelle campagne Vendée Globe dans l’objectif de façonner tous ensemble un projet gagnant » explique Kevin Escoffier.

Polyvalence et fiabilité, maître-mots de cette construction

Si le plan Verdier n’en est encore qu’à ses prémices, Kevin a bien en tête ce qu’il veut réaliser avec ce bateau et par conséquent, à quel cahier des charges il souhaite que ce nouveau PRB réponde. Et pour le skipper, il y a deux mots d’ordre essentiels : la polyvalence et la fiabilité. L’étrave du plan Verdier a d’ailleurs subi des modifications importantes dans cet objectif. D’autant que, comme l’a montré le dernier Vendée Globe, chaque tour du monde est différent sur le plan météo, il ne s’agit donc pas de faire un bateau trop typé. Kevin Escoffier veut s’assurer d’une large capacité à exploiter son 60′ quelles que soient les conditions rencontrées.
« L’objectif est d‘avoir un bateau polyvalent, fiable et avec une masse maitrisée. Nous allons accepter de perdre un peu par mer plate dans des vents légers pour gagner en performance dans une mer formée et dans des vents plus forts. J’ai eu la chance de participer à la construction de différents bateaux. J’ai aussi navigué beaucoup sur le dernier PRB. Ce sont des références en termes de sensations, de comportement à la mer. Ces expériences vont évidemment me servir et être précieuses dans la construction de PRB. Notre plan Verdier sera dans la lignée de LinkedOut (6e du Vendée Globe avec Thomas Ruyant) et d’Apivia (2e du Vendée Globe avec Charlie Dalin). Ce sera une évolution de ces bateaux qui intégrera bien évidemment les changements de jauge » commente Kevin.

Celui qui a dû abandonner ce Vendée Globe après la casse de son PRB met aussi bien sûr la fiabilité au cœur des enjeux. « Je ne ferai pas d’économie sur la fiabilité. D’ailleurs, nous avons ajouté des renforts sur la coque » ajoute-t-il avant de préciser que le développement des foils fait aussi l’objet de toutes les attentions de l’équipe et des architectes. « Les foilers sont des bateaux puissants et rapides au reaching. Tous l’ont démontré. Mais il faut aussi être rapide au portant car ce sont des conditions que l’on rencontre souvent. Le portant VMG est probablement le point faible des foilers car ils sont plus lourds et nous allons travailler beaucoup sur ce point. Aujourd’hui, les bateaux ont évolué vers des foils plus lourds. C’est un enjeu important. D’ailleurs, nous faisons une étude spécifique sur ces appendices. Celle-ci aura un impact fort sur la performance ».

Le calendrier de construction de PRB, 6e du nom, est rythmé pour répondre à la volonté de participer en juin 2022, à la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne. Cette course qui constituera le premier galop d’essai mettra Kevin et PRB face à des IMOCA de 2020 aboutis et fiabilisés. Un banc d’essai idéal avant de se préparer pour le premier grand rendez-vous du bateau : La Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2022.

LE PROGRAMME PRÉVISIONNEL

  • Mars 2022 : mise à l’eau
  • Juin 2022 : Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne
  • Septembre 2022 : Défi Azimut
  • Novembre 2022 : Route du Rhum – Destination Guadeloupe
  • Septembre 2023 : Défi Azimut
  • Novembre 2023 : Transat Jacques Vabre
  • Mai 2024 : The Transat CIC
  • Juin 2024 : New-York Vendée – Les Sables d’Olonne
  • Septembre 2024 : Défi Azimut
  • Novembre 2024 : Vendée Globe

LES IMOCA PRB

  • 1992 : PRB (1) Jean-Yves Hasselin / Plan Lucas
  • 1996 : PRB (2) Isabelle Autissier / Plan Finot
  • 2000 : PRB (3) Michel Desjoyeaux / Plan Finot Conq
  • 2006 : PRB (4) Vincent Riou / Plan Farr
  • 2008 : PRB (5) Vincent Riou / Plan VPLP – Verdier
  • 2021 : PRB (6) Kevin Escoffier / Plan Verdier

Source

Effets Mer

Liens

Informations diverses

Mis à l'eau le: 18 juin 2021

Matossé sous: 2024-25, Course au Large, IMOCA, Vendée Globe

Vues: 607

Tags: , , , ,

Sous le vent

Au vent

Les vidéos associées : IMOCA

Les vidéos associées : Vendée Globe