Ils ne lâchent rien

© Alexis Courcoux

Pas de repos dominical pour la flotte ! Alors que la tête de course pointe à 1 400 milles de Saint-Barthélemy, tous tentent de tirer leur épingle du jeu. Les options sont plus marquées entre les sudistes menés par Pierre Leboucher et Thomas Rouxel (GUYOT Environnement – Ruban Rose), actuels leaders, et les nordistes à l’instar d’Éric Péron et Miguel Danet (L’Egoïste – Cantina St Barth). Tous doivent faire face à l’accumulation de la fatigue mais aussi aux sargasses, ces algues brunes qui peuvent ralentir leur progression. État des lieux.

Au cœur de l’Atlantique, la légèreté qui peut accompagner un dimanche après-midi semble bien loin. Pas question pour les concurrents de la Transat en Double – Concarneau – Saint-Barthélemy de lever le pied, sous prétexte que ce jour est, à terre, l’occasion d’oublier le tumulte du quotidien. Se sont-ils seulement attardés sur le fait qu’ils vivent actuellement leur 10e jour en mer, sur des bateaux, les Figaro Bénéteau 3, qui n’avaient encore jamais traversé l’Atlantique en course ? À bord, ces réflexions globales n’ont pas lieu d’être. Parce qu’il faut se battre, sans relâche, et trouver les bons réglages. Parce qu’il faut bénéficier des meilleurs surfs et, surtout, se donner l’espoir de croire à la victoire.

| Nordistes et sudistes, chacun son camp

Alors que tous les concurrents sont encore en lice, ils sont toujours 14 à composer le groupe de tête, séparés par 80 milles par rapport à l’orthodromie. Mais en latéral, l’écart s’établit désormais à près de 230 milles. La plupart des équipages ont empanné la nuit dernière et dans la journée. Et pour la première fois, on constate que chacun s’attache à confirmer sa route initiale avec deux groupes distincts : les nordistes (L’Égoïste – Cantina St Barth, Skipper Macif, Queguiner – Innovéo) et les sudistes (GUYOT Environnement – Ruban Rose, Bretagne CMB – Performance) avec leur cohorte de poursuivants (CYBELE VACANCES TEAM PLAY TO B, Breizh Cola, Gardons la vue, MonAtoutEnergie.fr, Bretagne CMB – Océane, Groupe Gilbert).

« Le seul moyen d’aller chercher du vent, c’était de ‘faire du Sud’ pour chercher l’alizé profond », précise Martin Le Pape (Gardons la vue). « Il y a eu pas mal de recalages et d’empannages et le groupe de sudistes est assez groupé avec peu d’écart latéral (moins de 60 milles), assure Yann Château à la direction de course. Mais on constate aussi que si les sudistes veulent repasser par la route nord, ils peuvent y parvenir en l’espace d’une heure. Ça démontre que le terrain de jeu est très large et que tout reste ouvert ! »

| Une « transat à algues égales »

En plus de cette bataille de chaque instant, chaque duo doit également composer avec un autre facteur : les sargasses, ces algues brunes présentes en quantité. Elles flottent en surface et évoluent dans les eaux tropicales. Leurs bancs servent de refuges à de nombreuses espèces marines (poissons, invertébrés, tortues marines) et présentent un atout certain pour la biodiversité. À bord en revanche, il faut veiller à ce qu’elles ne ralentissent pas la progression des skippers. « Elles se bloquent dans la quille et les safrans ce qui nous oblige à les enlever en permanence, explique Arthur Hubert (MonAtoutEnergie.fr).

« Les sargasses se collent à la quille donc on doit les débarrasser constamment avec des petits départs au tas », ajoute Pep Costa (CYBELE VACANCES TEAM PLAY TO B). À bord de Gardons la vue, Martin Le Pape se montre ingénieux : « j’ai découpé une serviette de toilette. Ça me permet d’augmenter l’échantillonnage de la corde à nœuds pour que ça traine davantage sur la quille et que ça enlève plus d’algues ». Gildas Mahé (Breizh Cola) préfère en sourire : « c’est une Transat à algues égales. On a tous 50 kg d’algues dans chaque quille, la jauge est particulièrement bien faite ! »

Tous sont prêts à y faire face et à ne pas compter leurs efforts, coûte que coûte. Cette abnégation du quotidien engendre parfois de bonnes nouvelles, comme celle d’ERISMA GROUPE SODES – Fondation TARA OCEAN. Au lendemain de la casse d’un étai, Jérôme Samuel et Nicolas Salet ont repris leur progression avec enthousiasme, même s’ils ne peuvent utiliser que le grand spi en voile d’avant. Jérôme assure que « pour l’instant, on tient notre position et on ne va pas lâcher ». Et ça tombe bien : personne n’a envie de relâcher la pression afin d’offrir un scénario passionnant dans les prochains jours.

Le pointage de 16h

  1. GUYOT Environnement – Ruban Rose (Pierre Leboucher / Thomas Rouxel)
  2. Breizh Cola (Gildas Mahé / Tom Dolan) à 21,2 nm
  3. Bretagne – CMB Performance (Tom Laperche / Loïs Berrehar) à 21,6 nm
  4. Groupe Gilbert (Fabien Delahaye / Anthony Marchand) à 23 nm
  5. Gardons la vue (Martin Le Pape / Yann Eliès) à 25,2 nm
  6. MonAtoutEnergie.fr (Arthur HUBERT / Clément Commagnac) à 25,4 nm
  7. Bretagne – CMB Océane (Elodie Bonafous / Corentin Horeau) à 29,7 nm
  8. CYBELE VACANCES TEAM PLAY TO B (Pep Costa / Will Harris) à 34,8 nm
  9. Teamwork (Nils Palmieri / Julien Villion) à 35 nm
  10. DEVENIR (Violette dorange / Alan Roberts) à 50,9 nm

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Effets Mer

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 23 mai 2021

Matossé sous: Figaro 3, La Transat en Double, Monotypie

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