It’s a kind of magic!

© Gilles Martin-Raget

Du vent, du soleil et les plus beaux bateaux classiques et modernes en régate dans le golfe de Saint-Tropez. Tel est le bilan d’une journée pourtant partie sous de moins bons présages. Défiant les prévisions les plus pessimistes et grâce à un report des départs, cette troisième journée de régate s’est en définitive parfaitement insérée entre la journée de brise de lundi, et le temps léger d’hier, avec un vent médium d’une dizaine de nœuds venu en début d’après-midi du Sud Ouest favoriser les lancements consécutifs et sans accrocs des 5 Groupes de voiliers Modernes, et des 9 Groupes de classiques réunis en trois départs. Les joutes d’hier ont sévèrement aiguisé les appétits dans chacun des groupes et un amical parfum de revanche a tout au long des 15 miles du parcours, plané sur les régates. Faibles écarts, duels au contact, mais aussi jolis coups tactiques ont scandé un bel après midi estival, dans la lumière radieuse du golfe, pour le plus grand bonheur des marins en quête d’émotions simples, au coeur d’un formidable espace de liberté.

Le point sur le Trophée BMW
Le Trophée BMW sera attribué cette année au meilleur du groupe éminemment sportif des IRCC. On y retrouve la crème des racer-cruisers de 40 à 50 pieds, portant les signatures des plus grands architectes contemporains, Briand, Frers, Kouyoumdjian ou Vrolijk, au service des plus excellents chantiers du moment, Persico, Mylius ou CNB. Armés pour la régate et la compétition, ils arborent l’appareillage le plus en pointe issu de la course au large, avec des jeux de voiles des plus sophistiqués. Les régates sont à la hauteur de l’enjeu du prestigieux Trophée BMW : engagées à souhait, à couteaux acérés. A mi-parcours, après trois manches validées, difficile de pronostiquer sans crainte sur un vainqueur potentiel. Lisa R, le Ker 46 de Giovanni Di Vicenzo a brillé dans la brise lundi. L’A40 Vito 2 de Gian Marco Magrini lui a répondu hier dans les petits airs. Mais c’est Lisa R qui tire aujourd’hui les marrons du feu dans le temps médium. La deuxième partie de la semaine s’annonce excitante.

52 pieds : avantage à la flèche rouge

Vadim Yakimenko (Freccia Rossa – flèche rouge) et Stéphane Névé (Spirit of Malouen) se rendent coup pour coup en tête du groupe des véloces 52 pieds, qui englobe TP 52. Vainqueur lundi, Stéphane Névé vient pour la seconde fois de s’incliner pour quelques encablures devant le plan Vrolijk Italien, champion du Monde ORC en 2016.

Demain jeudi, journée des Défis

Pour célébrer l’esprit créateur de la régate d’origine vers la Nioulargue entre Ikra et Pride en 1981, les concurrents des Voiles sont traditionnellement invités à se défier le jeudi au gré de leurs affinités, en dehors de toute logique de jauge, pour le simple plaisir d’en découdre entre régatiers. On assiste ainsi à d’étonnantes confrontations, de style, de gréement et d’époque, sanctionnés selon l’humeur des participants par un repas offert par le perdant. La Direction de course ouvrira la ligne toute la matinée sous le Portalet, après le départ de la Club 55 Cup. A suivre, notamment, le défi triparti entre les trois P Class Olympian, Chips et Corinthian, ou Eilleen 1938 (Anker 1938) contre Ellen (Bonin 1931).

Club 55 Cup : sur la trace des pionniers

Au-delà des illustres trophées sportifs disputés pendant les Voiles, la Club 55 Cup tient une place à part. Relancé en 2003, ce duel singulier au cœur de la semaine est plus qu’une commémoration. C’est un véritable hommage à l’esprit de la régate telle qu’elle était pratiquée au siècle dernier, quand, dans un simple élan de compétition amicale, deux capitaines se lançaient un défi pour l’amour du sport avec pour seul enjeu le plaisir d’opposer et de comparer sur l’eau les performances d’un yacht et de son équipage. Depuis sa renaissance, la Club 55 Cup a connu que 9 vainqueurs. Retour aux sources pour cette édition 2020, puisque la Club 55 Cup verra le 12mJI Ikra défier le JP54 The Kid, un bateau moderne de 2010.

Hygie a … 90 ans!

Hygie est un yacht classique de près de 24 mètres construit au Chantier de La Landriais à Minihic-sur-Rance (Ille-et-Vilaine) et lancé en 1930. Son propriétaire, Adrien Verliac est membre du Cercle Naval de la Rance, du Yacht Club de France et pharmacien. Il le baptise Hygie, en hommage à la déesse de la santé. Le voilier est principalement conçu pour les régates, bien que l’aménagement d’origine comporte une cheminée et baignoire. A l’amorce de la Seconde Guerre Mondiale, le voilier se retrouve réquisitionné par les allemands puis endommagé par les bombardements américains. A l’origine gréé en goélette, il est transformé en ketch dans les années 60, avec la particularité d’un gréement mixte, grand voile marconi, misaine aurique sur chariot “chemin de fer. Il devient ensuite un voilier de charter, naviguant entre Antilles, Méditerranée et Atlantique.

L’architecte venu du froid, Johan Anker

Son nom plane sur Saint-Tropez, dans la même sphère vénérée que les maitres Herreshoff, Fife, Nicholson, Stephens et consort. Le Norvégien Johan Anker,(1871-1940) surtout connu pour avoir dessiné le fameux Dragon, a aussi été tout au long du 20ème siècle un des designer les plus prolixe de Classes métriques notamment. Il avait participé aux Jeux olympiques d’été de 1908, aux Jeux olympiques d’été de 1912 et aux Jeux olympiques d’été de 1928. Entre 1905 et 1940, plus de 350 yachts sont sortis du chantier Anker&Jensen qu’il dirigeait à Vollen en Norvège. Parmi ses plus sublimes créations, on citera Rollo, Apache, Norna, Silja ou le 12 meter Magda XIII. En 1928, Anker lançait le Dragon, série Olympique de 1948 à 1972. On admire toute la semaine dans le golfe Meerblick Classe, un cotre bermudien de plus de 15 mètres.

Source

Maguelonne Turcat

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