De beaux vainqueurs sacrés à Cannes en Star, Dragon et 5.5M

© DR / Régates Royales

Les conditions étaient mitigées sur le plan d’eau cannois en cette 4e journée des Régates Royales. Léger et oscillant en milieu de journée, le vent a forci dans l’après-midi avec l’arrivée de grains orageux. Cela n’a pas empêché toutes les classes de disputer chacune une course et de sacrer de beaux vainqueurs : Asteria 6 en Star, Rocknrolla en Dragon et Otto en 5.5 Metre. Et bien sûr de proposer encore une fois un spectacle grandiose au large de la ville de Cannes.

Trois classes tirent leur révérence ce soir sur l’édition 2020 des Régates Royales après avoir disputé de belles courses qui resteront longtemps dans les mémoires. En effet, si les Star ont terminé aujourd’hui comme prévu, le vent trop fort annoncé en baie de Cannes pour demain ne permettra aux Dragon et aux 5.5 Metre de disputer leur ultime journée de régate programmée cette année.

« On a eu une journée de vent extraordinaire avec du soleil et une brise régulière montant crescendo cette semaine. De vraies conditions champagne sailing », s’enthousiasme le copropriétaire du Star Asteria 6, Jean-François Puissegur. « Cette 42e édition des Régates Royales marque le retour des Star à Cannes. En tant que président de la Classe, je remercie le président du Yacht Club de Cannes, Jean-Pierre Champion, de nous avoir invité. Je me félicite de ce choix. On reviendra », ajoute celui qui a navigué avec Jean-Gabriel Charton, le 2e copropriétaire du bateau. FRA8196 et Aftermath terminent respectivement 2e et 3e après six courses (cinq retenues).

Après quatre courses (trois retenues) et autant de victoires, l’équipage norvégien d’Otto remporte la 42e édition des Régates Royales en 5.5 Metre. « La semaine a été difficile mais intéressante avec des conditions de vent variées. Nous avons également dû effectuer un changement au sein de l’équipage car notre midman est tombé malade avant la régate et a dû rentrer en Norvège. Il est revenu 5 minutes avant le départ de l’une des courses. Nous sommes heureux d’avoir gagné », raconte Bent Wilhelmsen, le propriétaire du bateau. « C’est la 4e fois que nous venons à Cannes. C’est une régate que nous aimons beaucoup. Je tiens à souligner que le comité de course a fait un super travail. Dans ce genre de conditions, il y a des choix difficiles à faire et ils ont fait les bons. Bravo à eux », poursuit-il. Wasa V (Suède) et Enez Clas (FRA) complètent le podium.

En Dragon, c’est le russe Rocknrolla qui rafle la mise après cinq courses (quatre retenues) devant Provezza Dragon et Joanna. « C’était une super semaine, même si elle a été très compliquée pour les organisateurs à cause du contexte global, des conditions de vent très éclectiques mais aussi du nombre de bateaux et de classes. Mais ils ont fait un travail fantastique pour nous, les concurrents », se réjouit Ditrimi Samokhim, le propriétaire du bateau.

La remise des prix pour ces trois classes a eu lieu en comité restreint sur la terrasse du Yacht Club de Cannes en début de soirée.

Dans les autres classes, Team 42 mène la danse en Tofinou après trois courses (trois retenues). Après deux courses (deux retenues), Moonbeam of Fife est toujours en tête du classement général provisoire chez les Big Boats. De son côté, Rowdy est 1er en Epoque Marconi + 15 m, tout comme Ellad en Epoque Marconi – 15m, Il Moro di Venezia chez les Classic Boats, Scud en Epoque Aurique +15m et Endrick en Epoque Aurique – 15m. Sagittarius est quant à lui le nouveau leader de la Tonner Classic Cup après deux courses (deux retenues).

Vu le fort vent d’ouest à sud-ouest annoncé pour demain et la mer agitée à forte puis très forte au large l’après-midi, aucune classe ne régatera demain. Rendez-vous donc samedi pour la dernière journée de cette belle édition des Régates Royales.

Manitou, « The Floating White House »

En lice sur les Régates Royales dans la catégorie Epoque Marconi, Manitou fait partie des unités incontournables à Cannes. Construit dans le Maryland en 1937 sur des plans d’Olin Stephens, le yawl marconi débute sa « carrière » de régatier sur les grands lacs américains. Vainqueur de la Chicago to Mackinac Race en 1938 et 1939, il entre dans la légende peu après l’investiture de John Fitzgerald Kennedy. Ce dernier le repère alors qu’il appartient à l’US Coast Guard, décide d’en faire son yacht présidentiel et le rebaptise Honey Fitz en l’honneur de son grand-père. Surnommé « The Floating White House », le bateau est équipé de systèmes de communication permettant à JFK d’être en liaison permanente avec la Maison Blanche et le Kremlin. Pendant trois ans, le président américain navigue à bord dès que son emploi du temps le lui permet. L’histoire raconte que cette figure emblématique du patrimoine américain aurait abrité la liaison qu’il entretenait avec Marylin Monroe.

Vendu à la Lundenberg School of Seamanship cinq après l’assassinat de Kennedy, Manitou, qu’Aristote Onassis essaie d’acquérir sans succès à deux reprises pour l’offrir à Jackie Kennedy, est racheté par le petit-fils de son premier propriétaire qui le fait restaurer en Virginie (États-Unis) en 1999. La boucle semble bouclée mais quatre amis le rachètent, le restaurent et lui font traverser l’Atlantique. La suite, on la connaît. Aujourd’hui, le bateau régate en Méditerranée, où il a fait ses débuts en 2011… à Cannes.

Source

Soazig Guého

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