48 heures à fond

Pour le panache et la photo, gagner un départ vaut toujours le coup ! Parti au top cet après-midi au large de la pointe du Talud pour les 48 heures Azimut, Damien Seguin (Groupe Apicil) se faisait néanmoins vite rattraper par la brigade des nouveaux IMOCA, emmenés par le tenant du titre Charal. Comme l’ont à nouveau montré les runs hier, bateaux à dérive et nouveaux foilers ne boxent décidément pas dans la même catégorie….

En tous cas, le spectacle cet après-midi des IMOCA presqu’alignés dans un médium établi et sous le soleil lorientais était encore une fois superbe. Manquaient malheureusement à l’appel Newrest–Art et Fenêtres et Bureau Vallée II aux prises tous deux à des problèmes d’assurance et cantonnés au port…

Au passage de Pen Men à la pointe Nord de l’île de Groix, le foiler noir de Jérémie Beyou menait toujours la danse avec Arkea Paprec dans sa roue, alors que l’Occitane en Provence s’extirpait du paquet et complétait rapidement ce premier podium provisoire.

Deux premiers bords favorables aux foilers

Tous les skippers s’accordaient à dire avant le départ que le premier bord de ces 48 heures vers le way point Azimut 1 serait une course de vitesse très favorable aux foilers de dernière génération. « Ça va partir par devant car la brise va monter petit à petit et ce sont les premiers décalés dans l’Ouest qui en tireront les bénéfices. A la bouée, on empannera et ça repartira sur l’autre amure avec en gros le même angle » prévoyait Kevin Escoffier (PRB), positionné en 7ème position ce soir.

Déjà lancés à 18 nœuds, les foilers de tête vont voir le vent adonner et forcir pour passer progressivement au Nord. Les gennakers et autres FRO (les nouveaux grands génois à la mode en IMOCA) vont être de sortie pour accélérer encore la cadence sur ce vol rapide de 143 milles vers la première marque de parcours.

La seconde partie de nuit et la matinée de demain vont permettre de calmer le jeu, ce qui ne sera sans doute pas pour déplaire aux leaders qui n’auront pas beaucoup fermé l’œil. Une petite pause qui entrainera aussi un tassement de la flotte.

Final incertain

La deuxième partie de ces 48 heures s’annonce en effet plus aléatoire, comme le notait Charlie Dalin, quatrième sur Apivia : « Le dernier tronçon va être assez long, au près avec des virements de bord. L’arrivée est encore incertaine car on peut rencontrer une zone sans vent » C’est pourquoi la direction de course s’est donné jusqu’à 20 heures ce soir pour annoncer aux concurrents une éventuelle modification de parcours qui consisterait à remonter en latitude la marque Azimut 2.

En attendant, Sébastien Simon a ravi pour quelques minutes la première place d’un cheveu à Jérémie Beyou, les cinq premiers se tiennent en moins de deux milles et la régate bat son plein à tous les étages du classement.

Ils ont dit

Armel Tripon (L’Occitane en Provence)

« Le parcours est intéressant. Ce sont des conditions estivales mais qui vont permettre de bien se jauger. Sur le premier bord vers le way point 1 que l’on devrait rejoindre à la tombée de la nuit, ça devrait bien se passer pour mon bateau et tout le monde sera au taquet. En revanche, au près, c’est moins bon car la carène de Scow de l’Occitane en Provence perd de la longueur de flottaison. On n’a pas vraiment de repère aujourd’hui par rapport aux autres. La remontée vers Lorient va être justement très intéressante avec du louvoyage et du vent de plus en plus faible. Le portant VMG de descente dans les petits airs n’est pas non plus très bon pour moi et il peut y en avoir sur la fin du second bord…. Ca va être intéressant car je n’ai pas non plus beaucoup de repères sur le poids du bateau par rapport aux autres. »

Kevin Escoffier (PRB)

« Le premier bord s’annonce une course de vitesse. Ça va partir par devant car le vent va monter petit à petit et ce sont les premiers qui en tireront les bénéfices. En plus, la brise au départ n’est pas très forte et les bateaux équipés de grands foils vont décoller plus tôt que PRB avec ses foils génération 2018. Ce sera plus favorable pour moi à la fin du second bord où le vent va mollir et surtout sur la remontée à Lorient au louvoyage où PRB est très performant. Au près, il y a forcément des choix stratégiques et du décalage entre les bateaux ce qui peut être propice à reprendre des milles »

Charlie Dalin, Apivia

“Il y aura 13-15 nœuds pour le départ, on sera sur un bord de près-reaching en tribord. Ca va aller vite après, car le vent va monter jusqu’à une vingtaine de nœuds. On aura de belles pointes de vitesse. Ensuite, il y aura un empannage à la marque Azimut 1, puis ça repart au reaching mais le vent devrait mollir. Le dernier tronçon va être assez long, au près avec des virements de bord. L’arrivée est encore incertaine car on peut rencontrer une zone sans vent. En tout cas, le premier bord va être chouette. Mon objectif sur ces 500 milles, c’est de continuer à pratiquer, à manœuvrer, à bosser les trajectoires, à m’entraîner car c’est la dernière compétition avant le Vendée Globe. ».

Benjamin Dutreux, OMIA – Water Family

“Ca s’annonce plutôt bien ces 500 milles ! Ce sera ma première course à manœuvrer le bateau en solitaire. Ce sera aussi l’occasion de voir pas mal de choses. Les conditions seront favorables aux foilers. Moi, je vais essayer de ne pas regarder ce que font les autres, me concentrer sur ma navigation. J’ai tellement hâte de retourner régater en solo. J’ai envie de progresser et de naviguer au contact. Les bords seront intéressants à faire, il va y avoir beaucoup de tactique, beaucoup de choix à faire. »

Miranda Merron, Campagne de France

« Pour moi, ca risque de durer plus de 48h, mais je suis très heureuse de courir ces 500 milles, c’est une dernière course en solo avant le Vendée Globe. On ne naviguera plus beaucoup après, nous avons beaucoup de choses à faire encore car nous sommes une petite équipe. Mon but, c’est de ne rien casser. J’ai encore pas mal de choses à valider, vérifier tous les points de ragage sur mon bateau. Ce qui est sûr, c’est que je suis très heureuse sur mon bateau, il est ancien mais solide. »

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Défi Azimut

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