Beyou et Dalin en tête et au contact !

© Eloi Stichelbaut - polaRYSE

« J’ai retrouvé Jérémie hier soir, d’abord à l’AIS (système d’identification automatique) et de visu cette nuit, ça bataille, ça bataille, j’ai vraiment l’impression de faire une étape de la Solitaire en format XXL ! » confiait Charlie Dalin (Apivia) ce matin à la vacation de 5h. A moins de 300 milles de la bouée CIO-UNESCO, dans une zone beaucoup moins ventée (nord-est pour 6 nœuds) les deux hommes de tête se marquent, manœuvres, règlent dans une ambiance frisquette et sous un ciel qui ne connaît presque pas la nuit…

Bonnets, sous-couches et polaires de rigueur sur la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne ! Grimper en latitude est forcément synonyme de grand frais, mais également de jour quasi permanent. « C’est plus agréable d’avoir des nuits plus courtes, manœuvrer de jour c’est quand même plus facile, mais c’est une drôle d’impression : on dirait qu’on a projecteur sur nous » confiait tôt ce matin Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artisans Artipôle), bonnet vissé sur la tête, bienheureux d’avoir des conditions plus clémentes pour faire le tour du bateau, bricoler un poil et se reposer. Les 17 marins en course, après une entame très tonique depuis le départ des Sables d’Olonne, soufflent un peu certes, mais ne sont pas au bout de leur peine: ce mercredi demandera beaucoup de concentration dans ces vents faibles et erratiques, avant de placer un virement de bord qui leur permettra de glisser bâbord amures au travers vers le premier point de passage au sud de l’Islande.

Ralentissement devant, regroupement derrière

Tandis qu’en tête de flotte, les IMOCA peinent au beau milieu de la dorsale (moins de 6 nœuds pour Charal), derrière on se pourlèche les babines, car les vitesses affichent encore deux chiffres : 13 nœuds pour Samantha Davies (Initiatives-Cœur) désormais 4e, plus de 15 nœuds pour Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artisans Artipôle) 14e ou encore 14 nœuds pour Manu Cousin (Groupe SÉTIN) 17e, qui navigue en bordure de la dépression L3. C’est en effet une bonne nouvelle ! Hier à 5h, 285 milles séparaient le premier du dernier, ce matin à la même heure on compte 50 milles de moins. Et si les 8 premiers devraient continuer à pointer leurs étraves vers le nord-ouest avant de virer de bord dans la matinée, les autres devraient couper le fromage en mettant plus tôt du nord dans leur route. Arnaud Boissière : « Je suis content d’être là où je suis, on va faire moins de chemin que ceux de devant, j’ai gagné un peu dans le nord en essayant de couper le fromage. ».

Demain, jeudi 9 juillet, en milieu de journée, les premiers concurrents de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne devraient contourner la première marque de parcours (à laisser à bâbord). Un waypoint situé très exactement au 66°34 N – 25 W. Le premier arrivé remportera le challenge Ulysse Nardin, chronométreur officiel de la course. Cap ensuite sur le second waypoint, le waypoint Gallimard dans le nord-est des Açores… à 1250 milles.

APPELS DU MATIN

Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artisans Artipôle) – 5h05

“Là, nous sommes au portant, ça glisse ! Il fait frais mais super beau. Ces conditions permettent de reposer la machine, de faire le tour du propriétaire. Il y a des petits trucs, j’avais par exemple un fil électrique débranché sur mon vérin de pilote, donc j’ai bricolé un peu. Je suis super content d’être là et je ne désespère pas vis-à-vis du petit groupe devant moi. C’est vraiment un chouette exercice. Le matossage et tout ça, c’est bien tonique. Et puis ça change complètement. On a d’abord eu du près, on tirait des bords et puis là, on est au portant, mais on monte bien vers le Nord ! C’est comme un grand triangle Olympique. C’est l’exercice idéal avant un Vendée globe. C’est vraiment bien pour tester le bateau et le bonhomme. Je suis très content de ce qu’on a fait cet hiver sur le bateau, la casquette pour se protéger des embruns par exemple. Par contre, j’ai oublié mes gants ! C’est peut-être une bêtise car je commence déjà à avoir les mains qui brûlent. J’ai pris trois bonnets, et ça, c’est peut-être un peu exagéré ! Là, il fait nuit, mais c’est une nuit relativement claire. Je vais apprécier le rayon de soleil du matin, il fait seulement 10 degrés. C’est plus agréable d’avoir des nuits plus courtes. Manœuvrer de jour c’est quand même plus facile. C’est une drôle d’impression, mais c’est agréable. On dirait un peu qu’on a un projecteur sur nous. C’est agréable pour régler les voiles, manœuvrer un peu. Ça change par rapport à des nuits normales. Dans les heures qui suivent il va y avoir un virement de bord, c’est la position du virement de bord qui va être très importante, et le placement dans le vent faible. C’est plutôt du petit temps, du vent maniable. J’ai gagné un peu dans le nord en essayant de couper un peu le fromage.”

Charlie Dalin (Apivia) – 5h20

“Je suis en pleine traversée de dorsale. Tout se passe bien pour l’instant, j’ai retrouvé Jérémie hier soir à l’AIS et en visu cette nuit. Ça bataille, ça bataille ! J’ai vraiment l’impression de faire une étape de la solitaire en format XXL. On a fait des contrebords de 10 minutes le long des côtes irlandaises, la nuit d’avant on a négocié le centre de la dépression en même temps, là on négocie une dorsale, donc on se fait une petite Solitaire du Figaro. Thomas n’est pas très loin derrière non plus, il avance bien. Je suis content d’être sur mon bateau, sur Apivia. Ça fait vraiment du bien de retrouver les sensations en solo, c’est étonnant parce que d’habitude, quand on part en transat, on part sur une course où l’on passe son temps à enlever des couches. Là c’est l’inverse. On rajoute des couches, il fait 10 degrés ce matin. Là les premiers rayons de soleil se font ressentir. La nuit est courte, je n’ai pas calculé combien d’heures exactement mais je dirais 4/5h. Le bateau est à 100% et moi aussi. Hier j’ai réussi à me reposer un peu. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit à cause de cette dorsale mais j’espère qu’une fois qu’on en sera sorti on pourra récupérer. La nuit d’avant, c’était assez costaud, j’ai fait de sacrées pointes de vitesse, je me suis beaucoup fait secouer. Aujourd’hui au niveau manœuvres, on va virer de bord à un moment donné, et après normalement c’est plus ou moins sur un bord jusqu’à la bouée CIO-UNESCO. Pour l’instant je n’ai pas regardé du tout pour la descente… D’ailleurs je ne vais pas rester longtemps avec vous car j’ai une manipulation de voile à faire.”

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