L’avis des coaches

© Paul Todd / Volvo Ocean Race

Derniers entraînements à Sanya pour tous les bateaux, de retour à l’eau avant un week-end de course. Un entraînement spécial pour CAMPER with Emirates Team New Zealand, à qui les coaches de l’équipe néo-zélandaise sont venus apporter leur expertise. Même le grand chef Grant Dalton s’est déplacé !

Si Telefónica continue comme ça, on ne va pas les battre. Pas besoin d’être un scientifique, un créateur de fusées pour deviner ça.


Dalton est toujours direct.

Le directeur d’Emirates Team New Zealand, l’une des meilleures équipes de voile au monde, est de passage en Chine pour soutenir ses hommes, deuxièmes au général à 15 points de Telefónica. Il est venu avec Joey Allan et Rod Davis, les deux entraîneurs du team.

« On a deux des meilleurs coaches dans notre équipe pour l’America’s Cup, » commente Dalton. « C’est logique de les impliquer maintenant dans les courses In-Port : il n’y a pas grand chose qu’on puisse faire au large – une fois qu’ils sont partis, ils sont partis – mais, en tant que structure globale, on peut certainement aider sur les côtiers. »

Allan est avec ETNZ depuis 1995 ; il les entraîne depuis 2003. En 2004, Davis le rejoint. Le premier s’occupe des équipiers, des manœuvres et des rotations ; le second de la cellule arrière, barreur, navigateur et tacticien.

« Nos consignes en quittant la Nouvelle-Zélande ? Voyez ce que vous pouvez faire pour aider les gars, » explique Davis. Les deux coaches sont venus pour quatre ou cinq jours de débriefing, d’analyse de vidéos et de mises en pratique sur l’eau.

« On s’est focalisé exprès sur deux ou trois points simples et clairs pour ne pas tout révolutionner mais pour essayer d’arranger les choses en un temps limité. On s’est assis ici pour parler de l’In-Port, qui n’est qu’une fraction de points par rapport à l’étape. D’ailleurs, on ne veut pas non plus les distraire de leurs préparatifs pour le large.

« On traite les deux aspects de la communication à bord : l’aspect tactique qui requiert un peu de nettoyage, et la communication avec les équipiers, pour qu’ils sachent mieux ce qui va se passer et s’y préparent plus tôt.

« Gérer le moment entre le départ du ponton et le départ de la course est difficile, aussi. Il y a toute la cérémonie à mettre de côté pour se reconcentrer sur la course. Facile à dire, dur à faire : on va essayer de les aider à passer de l’un à l’autre.

« Plus quelques notions tactiques sur parcours court. Les bords durent 10 minutes au lieu de 10 jours, c’est un état d’esprit différent.

« On ne s’occupe pas de la vitesse du bateau parce qu’ils s’y connaissent très bien et qu’on n’aura jamais le temps de cerner ça dans le temps imparti. On leur laisse ça, ils savent quelles voiles utiliser et comment ça fonctionne. »

Davis ajoute aussi travailler à ce qu’Adam Minoprio, barreur, régleur et champion du monde de match-race (World Match Racing Tour 2009) joue un rôle plus important sur ces parcours côtiers où il excelle.

« C’est difficile parce qu’ils sont trop peu d’équipiers et qu’il est constamment occupé à régler ou au moulin à café. S’il y a 20 nœuds de vent, il sera trop occupé pour apporter son expertise. S’il y a six nœuds, alors ce sera le moment pour Adam d’apporter sa contribution. »

Davis, Allan et Dalton, occupés par leur campagne pour la Cup, ont un regard frais sur cette Volvo Ocean Race. À trois jours du départ de la quatrième étape, Dalton ne mâche pas ses mots. Les hommes de Chris Nicholson ont fini sur tous les podiums depuis le départ d’Alicante, mais lui veut du résultat, de la victoire !

« Ce que vous dites à Nicho et Oxley à l’arrivée ? “Je ne suis pas impressionné.” Je ne suis pas impressionné, c’est assez simple. Et ils essayent vraiment, vraiment d’améliorer les choses. Ce sont de bons marins, ils sont très soudés.

« Mais nous sommes réalistes. On se comprend, personne n’est susceptible, c’est un truc kiwi. Si vous foirez, vous devez le gérer, ce n’est pas compliqué. »

Davis : « Le succès, c’est 30 % de planification, 20 % de chance et 100 % d’exécution. Ils sont dans un bon état d’esprit et font de bons progrès, ce serait bien que les choses se mettent en place. Mais j’ai été suffisamment longtemps dans ce jeu pour savoir que parfois, ça fonctionne, et que parfois non. »

Source

Anne Massot

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