Guerre des nerfs et bobos à gogo.

© Christophe Breschi

François Jambou (865) en Proto et Ambrogio Beccaria (943) en Série dominent toujours la course de la tête et des épaules. Dans la matinée, Irina Gracheva (579) et Julien Berthélémé (742) ont tous les deux annoncé à la direction de course qu’ils avaient démâté. Tout va bien à bord pour les deux skippers qui pour l’heure sont toujours en course. Ces deux démâtages sont les premiers à survenir depuis le début de cette édition 2019 de la Mini-Transat La Boulangère.

Le navigateur Finistérien à bord du 742 a cassé son mât au niveau du premier étage de barre de flèche. Il a indiqué son intention de continuer pour l’instant sa route sous gréement de fortune. Idem du côté de la concurrente russe, Irina Gracheva (579), qui ne demande pas d’assistance et souhaite se débrouiller toute seule pour faire un gréement de fortune et poursuivre la course. Au pointage de 17h, ils se situent respectivement à 1197,5 et 1163,7 milles du Marin en Martinique.

Les Alizés, tout sauf un long fleuve tranquille

Malgré l’idée reçue de n’être qu’une longue glissade ensoleillée au portant, des côtes portugaises jusqu’aux Antilles, en course la vérité est tout autre. Les Alizés sont tout sauf un long fleuve tranquille. Les marins doivent combiner avec un vent instable en force et en direction, une mer courte accompagnée d’un gros clapot et des grains imprévisibles de 30 à 40 nœuds qui surviennent souvent la nuit. Voilà le tableau de conditions propices aux départs au tas. Pour s’en rendre compte il suffit d’observer les trajectoires en zigzag sur la cartographie et les baisses soudaines de vitesse des concurrents. Cette seconde étape, que l’on pouvait imaginer comme étant la plus facile des deux comparée à la traversée du golfe de Gascogne, en reste pas moins très exigeante et éreintante pour les skippers dont les aptitudes au pilotage sont mises à rude épreuve. Il ne serait pas étonnant qu’une fois arrivés au Marin, les récits des concurrents tournent pour beaucoup autour des nombreux départs au tas des uns et des autres …

Les hommes et le matériel fatiguent

Après plus de neuf jours de navigation en solitaire dans les Alizés, l’état d’usure des hommes se fait sentir. En plus de la navigation et de la stratégie de course, les marins doivent redoubler de prudence à l’heure où fatigue, solitude et pression à l’approche du dénouement pèsent sur les nerfs. Ce n’est certainement pas Erwan Le Mené (800) en Proto ni Nicolas D’Estais (905) et Benjamin Ferré (902) en Série qui peuvent dire le contraire. Avec seulement quelques milles d’avance sur leurs concurrents directs qui prétendent eux aussi une place sur le podium, les marins doivent très peu quitter les manettes de leur monture et les heures de repos doivent se compter sur les doigts de la main…

Au-delà des hommes, le matériel aussi souffre d’usure à bord des Mini 6.50. En attestent les deux démâtages d’Irina Gracheva (579) et de Julien Berthélémé (742) survenus dans la matinée. Mais les autres concurrents ne sont pas en reste de soucis techniques. Anne Beaugé (890) déplore des problèmes de barre de flèche. Le bateau accompagnateur Yemanja rapporte du large que Thomas D’Estais (819) est en cours de réparation d’une ferrure de safran arrachée et que Thomas Gaschignard (539) a réparé sa barre et a un safran fissuré. Le bateau accompagnateur Tea, rapporte quant à lui que Jean-René Guilloux (915) a perdu cette nuit l’axe de son ridoir d’étai qu’il a réussi à remplacer avec un autre se trouvant sur le bateau. Enfin la direction de course a reçu une alerte “Technical Problem, I’m OK” de Simon Tranvouez pour indiquer qu’il rencontre actuellement des problèmes techniques mais que tout va bien pour le skipper.

Ils se font remarquer

Lassé de côtoyer la fin du classement, Christophe Noguet (744) a décidé de plonger dans le sud. Une option audacieuse qui pourrait s’avérer payante pour grappiller quelques rangs avant l’arrivée en Martinique. De son côté, à un bord près, Sébastien Liagre (589) aura fait 1200 milles tribord amure. Enfin, premier des non Pogo 3 et Maxi 650, Kévin Bloch (697) a fait le break chez les étraves pointues et pointe à la 17ème place du plateau Série.

Classement du lundi 11 novembre à 17h (heure française)

PROTO

1- François Jambou (865 – Team BFR Marée Haute Jaune) à 631,4 milles de l’arrivée

2- Axel Trehin (945 – Project Rescue Ocean) à 91,9 milles du premier

3- Erwan Le Mene (800 – Rousseau Clôtures) à 220,1 milles du premier

SERIE

1- Ambrogio Beccaria (943 – Geomag) à 713,5 milles de l’arrivée

2- Nicolas D’Estais (905 – Cheminant-Ursuit) à 84,8 milles du premier

3- Pierre Le Roy (925 – Arthur Loyd) à 85,2 milles du premier

Source

Aurélie Bargat / Effets Mer

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