Tous dans les Alizés… ou presque.

© Christophe Breschi

Comme le laissaient imaginer sa vitesse et sa trajectoire, Tanguy Bouroullec (969 – Cerfrance) est en proie à des soucis techniques. Devant, François Jambou (865 – Team BFR Marée Haute Jaune), Ambrogio Beccaria (943 – Geomag) et Benjamin Ferré (902 – Imago Incubateur D’aventures) mènent toujours la flotte de la Mini-Transat La Boulangère 2019 d’une main de maître. Au Nord, une quinzaine de marins sont embourbés dans une cellule pluvieuse et orageuse.

Le trio Jambou, Beccaria, Ferré se suit à la trace et ne laisse que très peu de place aux erreurs tactiques, le tout à un rythme effréné (autour des 10 nœuds de moyenne sur les dernières 24h). Dans un bel Alizé (Est Nord-Est, 15-20 nœuds), peu stable en position, la moindre erreur peut se payer cash. Il est primordial d’anticiper au mieux les variations de vent afin de choisir le bon moment pour empanner, ce que font à la perfection ces trois leaders de cette 22ème édition. On imagine alors facilement que “concentration” et “rigueur” sont les maîtres-mots à bord…

Proto : Bouroullec en proie à des soucis techniques, Kremer modèle d’efficacité, Gendron le sud sinon rien

Au vu des caps très différents au sein de la flotte Proto, même pour des bateaux assez proches, on en déduit assez facilement un vent instable en force et en direction sur zone. Sur le podium, la vitesse de Tanguy Bouroullec par rapport à ses concurrents directs (seulement 6 nœuds sur les dernières 24h) et sa trajectoire peu agressive, laissaient peu de doutes quant à l’hypothèse de soucis rencontrés à bord. Effectivement celui qui réalisait jusqu’à hier une belle partition, est en proie à des difficultés techniques. Par l’intermédiaire d’un bateau accompagnateur, la direction de course a été informée que sa cadène d’étai est enfoncée et que la rotule de bout dehors est HS. Le skipper originaire du Finistère va bien et navigue tranquillement, les voiles en ciseaux, le temps de voir comment il peut réparer. David Kremer (260 – Bon Pied Bon Œil) est de son côté un modèle d’efficacité depuis son faux départ de Las Palmas de Gran Canaria. Après son retour au port d’une heure trente pour soucis de pilote, il est remonté 14ème en seulement 2 empannages… propre ! Marie Gendron (930 – Cassiopée-SNCF), quant à elle, mise tout sur une option très Sud pour espérer revenir dans le match suite à son pit-stop pour réparer son carénage de quille et une pièce du tangon.

Série : La tempête Amélie continue de faire des ravages

La tempête Amélie continue de faire des ravages au sein de la flotte Série. Repartie bonne dernière de Las Palmas de Gran Canaria suite, elle aussi, à un retour au port de deux heures pour remplacer sa ferrure d’étai, Amélie Grassi (944 – Action Enfance) ne cesse de remonter la flotte, place après place, pour pointer à la 23ème position sur 61 en un petit moins de cinq jours de course… Dans le peloton de tête, Félix De Navacelle (916 – Youkounkoun) et Lauris Noslier (893 – Avoriaz 1800) se recalent dans l’axe des leaders après une option sud bien jouée. Seuls 77 milles en distance au but séparent celui qui a grandi dans les Alpes, le 3ème Félix De Navacelle, du 11ème Guillaume L’hostis (868 – Alternative Sailing-Constructions Du Belon). La bagarre pour la troisième marche du podium risque de faire rage jusqu’au bout. Comme lors de la première étape, les 2 Ofcets d’Anne Beaugé (890 – Ellesaimentlamer) et Adrien Bernard (896 – Mini Yak) ne se lâchent pas d’une semelle. Enfin à l’arrière de la flotte, le vent a l’air d’être plus Nord-Est, ce qui permet une route quasi directe tribord pour les retardataires.

Au fin fond de la bulle…

Plus au Nord, une belle cellule pluvieuse et orageuse sans vent, qui se décale d’Est en Ouest, s’est installée en plein sur l’orthodromie (chemin le plus court) depuis maintenant quelques jours, barrant la route directe pour les Antilles et obligeant les Minis à la contourner par le sud. Un groupe d’une quinzaine de marins, emmené par le 3ème de la première étape en Série, Matthieu Vincent (947 – L’occitane En Provence), avait misé sur une option Nord mais s’y retrouve embourbé jusqu’au cou. Ils n’ont plus qu’à espérer ne pas en payer trop cher les pots cassés au retour d’ici deux jours de l’Alizé sur zone.

Source

Aurélie Bargat / Effets Mer

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