A deux jours du grand saut dans l’inconnu !

© Christophe Breschi

Parmi les 83 marins encore en lice dans la Mini-Transat La Boulangère, une grande majorité participe pour la première fois à l’épreuve. Pour certains, la deuxième étape de 2 700 milles entre Las Palmas de Gran Canaria et Le Marin (Martinique) représente un aboutissement ultime. Pour d’autres, cette traversée s’inscrit dans une logique de continuité. Pour tous, l’excitation et une forme d’appréhension seront au rendez-vous au moment du départ, samedi à 15h08 (heure française).

C’est le gros morceau de la Mini-Transat La Boulangère. Dans deux jours, 83 skippers s’élanceront à l’assaut de l’Atlantique, sur les plus petits bateaux de course au large au monde.

« Ce qu’on va faire n’est pas anodin… »

A mesure que l’échéance approche, les marins prennent la mesure du défi qui les attend. « A l’arrivée de la première étape, j’étais chaud, je pensais que je pouvais repartir direct. Puis je suis rentré en France, j’ai revu ma famille, ma copine. Et quand je suis revenu aux Canaries, la pression est montée. Ce qu’on va faire n’est pas anodin », souligne Sébastien Guého. « Mon entraîneur m’avait prévenu : la première étape, c’est de la régate. La deuxième, c’est davantage une aventure, une course contre soi. On va rapidement perdre le contact avec les autres et la navigation sera longue. On ne part pas avec le même état d’esprit. Cette deuxième étape a une autre dimension. C’est ce que nous sommes venus chercher, nous voulons sortir de notre zone de confort. Maintenant, il faut y aller. A nous les glissades, l’arrivée au chaud et le rhum ! »

« L’examen final »

Certains coureurs se sont engagés dans la classe Mini en pensant d’emblée à cette traversée entre les Canaries et la Martinique. C’est par exemple le cas de Pierre Casenave-Péré. « Si j’ai fait du Mini, c’est vraiment pour pouvoir m’engager sur cette deuxième étape », dit-il. « Je suis dans un projet aventure, avec l’objectif de traverser l’Atlantique. Sur la première étape, on fait déjà un bon bout de chemin mais c’est durant la deuxième que l’on traverse un océan. »

Des marins inscrivent leur engagement sur la deuxième étape dans la continuité des deux années qui viennent de s’écouler. « Je ne vois pas ça comme LA grande traversée et je me prépare comme d’habitude », explique Kevin Bloch. « Je me suis engagé en Mini pour découvrir la course au large et je vois la navigation vers la Martinique comme l’examen final. Le cheminement a été long pour en arriver là. Cette deuxième étape, c’est la cerise sur le gâteau. »

« Une sensation de vertige »

Pour tous les concurrents, et d’autant plus pour les nombreux bizuths, le fait de s’élancer seul sur l’Atlantique représente un immense challenge. « Je sens naître une sensation de vertige », confie ainsi Fabio Muzzolini. « Quand les îles des Canaries seront toutes petites derrière nous, il faudra aller jusqu’au bout, pas d’échappatoire possible. On ne va faire que glisser. Nous allons hisser le spi au départ et l’affaler à l’arrivée. Ça fait rêver ! »

Les 2 700 milles entre Las Palmas de Gran Canaria et Le Marin seront aussi l’occasion d’une forme d’introspection pour les solitaires, comme l’explique Pierre Casenave-Péré : « Nous sommes tous extrêmement connectés de nos jours. Il ne se passe pas une journée sans qu’on parle à au moins une personne par messages ou en vocal. C’est un grand privilège de pouvoir passer tout ce temps tout seul. On a très rarement l’occasion de se confronter à une telle situation dans sa vie. »

Source

Aurélie Bargat / Effets Mer

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