En stand-by à Pond Inlet

  • © Clara Dumard
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Partis le 8 août dernier à l’assaut du Grand Nord avec l’ambition d’établir le record du passage du Nord-Ouest, Clara Dumard et son père Christian ont composé au mieux avec les petits airs, la brume, les glaces et les courants contraires lors de leurs premiers milles de navigation en mer de Baffin, malgré l’apparition d’un problème au niveau du démarreur pourtant réparé à Nuuk, au Groenland, avant leur départ. Le duo n’a, en effet, pas baissé les bras malgré ce pépin mécanique mais quelques jours plus tard, le générateur du bord a rendu l’âme à son tour privant alors totalement le duo d’énergie. Dès lors, impossible de faire fonctionner les instruments électroniques du bord, d’autant que le brouillard épais ne permet pas aux panneaux solaires de prendre le relais. Les deux navigateurs n’ont donc pas eu d’autre choix que celui de se résoudre à rejoindre Pond Inlet, un village de l’arctique Canadien. Sur place, malgré toute la solidarité dont ils ont bénéficié, Clara et Christian n’ont pas pu solutionner leur souci et doivent maintenant attendre la livraison des pièces qui leur font défaut. Sauf que le territoire autonome du Nunavut, situé sur l’île de Baffin, est particulièrement isolé et qu’il est, par conséquent, impossible de savoir quand arrivera le colis attendu. Un coup dur, évidemment, pour le tandem qui voit là sa deuxième tentative de record avortée même si un passage 100% à la voile semblait, au final, quasiment impossible cette année encore, la route ne s’ouvrant pas ou seulement partiellement depuis trois ans.

Après une douzaine de jours de mer lors desquels ils ont bataillé dans des conditions délicates, et fait face notamment à des problèmes de démarreur et de hale-bas de bôme, démontrant alors toute leur détermination et leur opiniâtreté à mener à bien leur projet de record du passage du Nord-Ouest, Clara Dumard et son père Christian ont ensuite été confrontés à la perte de leur générateur électrique. « C’est vraiment frustrant. Lorsque le démarreur nous a lâché, nous n’avons pas baissé les bras même si, pour nous, le fait de ne pas avoir de moteur représentait un défaut de sécurité. On s’est dit qu’il y avait des solutions et on a d’ailleurs trouvé des stratagèmes, mais c’était sans compter sur la panne du générateur quelques jours plus tard. On sait que les ennuis n’arrivent jamais seuls mais la perte de ce dispositif qui permet de produire de l’énergie électrique est malheureusement une catastrophe pour nous. Ce dernier nous permettait de garder les instruments électroniques et le pilote automatique en état de marche car le brouillard ne nous permettait même pas d’utiliser les panneaux solaires pour recharger portables et tablettes pour la cartographie », a expliqué Clara. « C’est dur parce que nous avions bien calculé notre fenêtre météo, et nous avions assumé le fait de prendre un peu de risques en continuant sans moteur », a jouté la jeune femme, rappelant que ce fameux générateur avait été acheté peu avant leur départ, il y a à peine deux semaines et demie, à Nuuk, au Groenland.

Trois années sans…

« Nous avons tout fait pour essayer de réparer, à la fois le moteur et le générateur. Pour cela, nous avons même reçu l’aide précieuse des équipages de la frégate militaire NCSM ville de Québec et du navire « l’Austral » de la compagnie du Ponant dont la gentillesse et la générosité nous ont énormément touché. En vain. Nous n’avons pas eu d’autre choix que de commander un nouveau démarreur mais ici, les délais sont de neuf à dix jours au minimum », a détaillé l’étudiante, bien consciente des difficultés de livraison dans une contrée aussi recluse que celle du Nunavut, territoire fédéral du Nord du Canada, bordé au sud par le Manitoba et à l’ouest par les Territoires du Nord-Ouest, qui ne compte que 0,02 habitant au kilomètre carré. « En plus de sa situation géographique très isolée, Pond Inlet est actuellement touchée par une pénurie d’eau. Notre problème est donc loin d’être une priorité dans les livraisons. Aujourd’hui, nous n’avons plus qu’à prendre notre mal en patience. C’est dur de devoir renoncer à notre défi, même s’il semble qu’un passage 100% à la voile était, quoi qu’il arrive, quasiment impossible cette année. Les autres bateaux qui sont passés cet été l’on fait au moteur, avec des endroits à 5/10e de banquise », a souligné Clara Dumard, rappelant à juste titre que cela fait trois ans que le passage ne s’ouvre pas, ou seulement partiellement, et que si elle et son père doivent avorter leur tentative pour la deuxième année consécutive, Norbert Sedlasek et Yvan Bourgnon y ont également été contraints depuis 2017. De fait, le réchauffement climatique est une réalité. La fonte des glaces au Groenland a été multipliée par quatre entre 2003 et 2013. Ce phénomène, qui entraîne la hausse du niveau des mers, est plus que perceptible, ainsi que l’explique la jeune navigatrice. « Rien que par rapport à l’an passé, nous avons pu constater des changements assez flagrants. Les courants ont changé et les températures, que ce soit de l’eau ou de l’air, sont nettement plus chaudes. Nous avons aussi vu qu’un glacier qui allait jusqu’à la mer en 2018, était désormais inexistant, ce que nous ont confirmé les militaires que nous avons rencontré. Bien que nous soyons frustrés de rester aux portes de ce passage difficile, nous restons témoins de ce qu’il se passe ici et cela donne à réfléchir. Tout le monde doit en prendre conscience », a terminé Clara Dumard.

Source

TB Press

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 27 août 2019

Matossé sous: Aventure, Divers, Records

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