Giancarlo Pedote, comme une évidence !

© François Van Malleghem

Il est monté en puissance méthodiquement, d’abord en Mini 6.50 puis en Figaro, en Class40 puis en Multi 50 – entre autres. Aujourd’hui, l’Italien Giancarlo Pedote porte un projet IMOCA avec un joli foiler de 2015 déjà passé entre les mains de Jean-Pierre Dick (Vendée GLobe 2016) puis de Yann Eliès (Route du Rhum 2018). A bord de Prysmian Group, Giancarlo devrait devenir l’an prochain, le cinquième marin italien à prendre le départ du Vendée Globe. Entretien, à moins de deux semaines du départ de la Bermudes 1000 Race, sa première grande course en solitaire en IMOCA…

Giancarlo, à quand remonte ta volonté d’intégrer la classe IMOCA ?

« J’y pensais dès mes débuts en course au large en solitaire, sur le circuit Mini. Mais quand je me suis installé en France, en 2009, cette perspective me semblait un rêve lointain. J’étais concentré sur le présent et ma première participation à la Mini Transat, en bateau de série, terminée à la 4e place. Quatre ans plus tard, j’ai décroché la 2e place dans cette épreuve en proto. J’ai aussi fait une incursion en Figaro, participé à la Route du Rhum 2014 en Class40 et navigué avec Erwan Le Roux en Multi 50 (avec une victoire dans la Transat Jacques Vabre). J’ai progressé étape par étape car je voulais arriver en IMOCA avec un bagage correct. »

Quel a été le déclic pour te lancer ?

« La Route du Rhum 2014. A l’issue de cette course, j’ai commencé à travailler dur pour que mon rêve devienne réalité. J’étais très motivé à l’idée de lancer mon projet car les IMOCA sont des machines incroyables avec d’importantes possibilités de développements techniques. Et pour quelqu’un qui aime le large, le Vendée Globe est le Graal, un défi qui met du piment dans un projet. »

Comment t’es-tu orienté vers l’achat de l’ex StMichel-Virbac de Jean-Pierre Dick, un foiler de 2015 signé VPLP-Verdier ?

« Je connais bien Jean-Pierre, on se croise souvent car on habite tous les deux dans le même coin. Il savait que je cherchais à acheter un IMOCA. Un jour, je l’ai croisé juste après une séance de natation en mer. Je discutais avec lui à la plage, en combi, lorsqu’il m’a dit que son bateau allait être mis en vente. J’ai saisi l’opportunité et suis entré en contact avec son équipe, Absolute Dreamer. La vente s’est conclue en avril 2018. J’ai en fait réservé le bateau pour mars 2019 puisque Yann Eliès le prenait pour la Route du Rhum 2018, avant d’entrer en chantier. C’est le support idéal car mon sponsor refusait un projet avec un IMOCA trop ancien. Disposer d’un bateau pour m’exprimer d’un point de vue sportif, ça me va très bien ! »

Comment se passe la prise en main de ce foiler ?

« Bien ! J’apprends de manière méthodique à le manœuvrer et à m’habituer à le mener à haute vitesse. Les sensations sont bonnes, je me sens à l’aise. Je suis dans une logique d’anticipation pour éviter de me mettre dans le rouge. Les IMOCA sont des bateaux très exigeants, bien plus complexes que les Class40 par exemple. Physiquement les efforts sont importants, ne serait-ce que pour matosser… »

Le monde de l’IMOCA n’est pas totalement une découverte puisque tu étais le co-skipper de Fabrice Amedeo lors de la Transat Jacques Vabre 2017 bouclée à la 12e place…

« Effectivement, c’était ma première expérience significative dans cette classe. Elle a été intéressante en mer mais aussi à terre puisque j’ai pu observer le fonctionnement d’une équipe IMOCA. Cela a confirmé ma volonté de lancer mon projet perso. »

Ton sponsor Prysmian Group fait preuve d’une fidélité rare puisqu’il te suit dans tous tes projets depuis 2007. As-tu néanmoins besoin d’un complément de budget dans la perspective du Vendée Globe 2020 ?

« C’est une fierté d’avoir la confiance d’un même sponsor durant toutes ces années, cela prouve que nous avons bien travaillé. Pour autant, je ne reste pas dans ma zone de confort, je suis toujours impliqué au maximum pour que tout se passe au mieux. Le soutien de Prysmian Group garantit le fonctionnement du projet jusqu’au Vendée Globe, sauf en cas de grosse avarie. Il reste de la place sur le bateau pour d’autres partenaires qui voudraient nous rejoindre. Cela nous permettrait d’optimiser davantage le bateau. »

Le 8 mai, tu prendras à Douarnenez le départ de la Bermudes 1000 Race, ta toute première course en solitaire en IMOCA. Comment appréhendes-tu ce rendez-vous ?

« Je ne me projette pas sur un résultat car je ne me suis jamais comparé aux autres en IMOCA et le timing est serré avec seulement deux mois de préparation avant de partir pour une course de 2000 milles en solo. L’objectif sera de naviguer en sécurité, de mettre en place les compétences acquises d’ici-là. »

Te verra-t-on au départ de toutes les épreuves des Globe Series avant le Vendée Globe ?

« Oui ! Pour se qualifier au Vendée Globe, il faudra finir ces courses, ne pas être trop gourmand. Il sera primordial d’engranger les milles, quitte à parfois lever le pied. »

Le 8 novembre 2020 aux Sables d’Olonne, tu devrais devenir le cinquième Italien à couper la ligne de départ du Vendée Globe après Vittorio Mallingri, Simone Bianchetti, Pasquale de Gregorio et Alessandro di Benedetto. Est-ce un aspect important pour toi ?

« Bien sûr ! Je suis fier d’arborer le drapeau italien sur mon IMOCA. Mon pays a une tradition de voile importante, il est bien engagé dans l’America’s Cup avec l’équipe Luna Rossa. Même si nous n’avons pas d’océan le long de nos côtes, il faut aussi faire passer le message du large en Italie. »

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