Marie à tout prix

© Eloi Stichelbaut

Elle a sept titres de championne du monde *, participé deux fois aux Jeux Olympiques, remporté la Volvo Ocean Race et obtenu la distinction internationale de meilleure navigatrice de l’année 2018. Marie Riou est aussi la première femme navigante du championnat SailGP, peut-être une source d’inspiration pour qu’à l’avenir davantage de femmes aient accès au monde de la voile professionnelle.

Parité et mixité : le futur du sport de haut niveau

Signe des temps en France : la possibilité, désormais, de féminiser les noms des métiers. Cette disposition est plus que symbolique. Elle accompagne un changement d’état d’esprit dans nos sociétés. Et dans le sport de haut niveau.

Aux JO de Paris en 2024, le nombre d’épreuves mixtes devrait sensiblement augmenter, y compris en voile, à l’exemple du Nacra17, première série à imposer un homme et une femme sur un bateau. C’est dans cette catégorie que Marie Riou s’est hissée quatre fois sur le toit du monde aux côtés de son barreur Billy Besson. La voici désormais embarquée avec lui sur le F50 bleu blanc rouge de l’équipe française de SailGP, première femme navigante dans ce nouveau championnat lancé par Larry Ellison et Russell Coutts.

L’exception Marie

« Lorsque l’équipe tricolore SailGP s’est constituée, Billy m’a tout de suite proposé de faire partie du projet, reconnaît Marie. Nous avons l’habitude de fonctionner ensemble et avons à mener un double programme. Mais sans lui, je ne serai peut-être pas là ». Elle n’aurait peut-être pas atterri non plus sur la Volvo Ocean Race si une règle n’imposait pas – de façon détournée – la présence d’au moins une fille à bord. Elle en convient : « ce tour du monde a été une belle course de formation pour pas mal d’entre nous ».

Au delà de la force physique et du gabarit, facteur limitant pour les femmes lorsque l’on navigue à certains postes sur des bateaux très puissants, il y a celle de la culture : peu de filles, même de très bon niveau, se voient offrir l’opportunité de naviguer en équipage sur les grands circuits professionnels. Elles sont donc très peu nombreuses à bénéficier d’une expérience et de débouchés dans ce secteur.

Marie fait partie de ces rares exceptions **. Un statut qu’elle ne revendique pas et qu’elle aimerait parfois faire oublier, histoire de ne pas être épinglée systématiquement comme « la seule femme … ». Pour elle, il s’agit d’abord d’une histoire de sportifs, de compétiteurs, d’entente, de capacité à travailler ensemble à bord d’un bateau.
Peut-être aussi parce que la question du genre élude celle des compétences. Barrer, tactiquer, régler, toutes les filles biberonnées au très haut niveau olympique en sont capables. Encore faut-il leur donner la chance de pouvoir s’exprimer.

Donner des envies

En F50, la barre, le réglage de l’aile et le contrôle du vol (le poste occupé par Marie) sont des rôles qui, dans l’absolu, pourraient être féminins. La philosophie de SailGP étant de laisser les teams constituer librement leur groupe, c’est « aux équipes d’avoir le cran d’intégrer des filles, dit Marie. Pour donner des envies, pour que mon cas créé un précédent, il faudra qu’on soit performants sur l’eau ».

Le tournant vers plus de mixité en sport sera sans doute bénéfique. Il aura la vertu de permettre aux garçons et aux filles de mieux se connaître, de découvrir qu’ils peuvent être performants ensemble et peut-être de poursuivre leur association plus tard comme le font actuellement Marie et Billy.

* En 420, Match Racing et Nacra 17

** La Néerlandaise Carolijn Brouwer qui était aux côtés de Marie sur la Volvo Ocean Race et qui partage avec cette dernière le même type de parcours olympique, pourrait prendre la barre du défi hollandais dans la prochaine America’s Cup. Une position totalement inédite au sein d’un équipage masculin.

Source

SailGP

Liens

Informations diverses

Mis à l'eau le: 8 mars 2019

Matossé sous: Match Racing, SailGP

Vues: 974

Tags: , , , , , , , ,

Sous le vent

Au vent