Avaries en série à 24h de l’arrivée, le suspense reste entier

© DR

A 24h de l’arrivée, la hiérarchie établie depuis le départ de cette 2e étape de la Transquadra – Martinique, donné il y a 12 jours à Madère, pourrait être bouleversée. Alexandre Ozon (Team 2 Choc) leader incontesté a perdu ce matin l’un de ses safrans. Cette avarie pourrait lui coûter la course, mais il restera quoi qu’il en soit le brio avec lequel il aura mené cette transat. Toute la flotte a été malmenée par de violents grains ces dernières 24h : premières blessures et avaries sévères de cette étape (depuis celles du premier jour de course), mais personne n’abandonne.

Les premiers concurrents sont toujours attendus, vendredi, au Marin en Martinique.

Avaries en série donc sur la Transquadra – Martinique ce jeudi. A commencer par le safran d’Alexandre Ozon, mais aussi le vit-de-mulet de Bertrand Daniels et Denis Jacob (EDM service – Fashion Blabla), la bôme d’Olivier Hausheer et Nedeljko Mahmutokic (Miramar IV).

Le solitaire Eric Chalaux (Passager du vent) s’est brisé deux côtes dans une mauvaise chute : « Cette nuit vers 0 heure 30 TU mon 31.7 a été pris dans une énorme vague et est tombé sur le côté bâbord à l’horizontal ou plus ! J’ai été projeté de la table à carte sur le haut des meubles de la cuisine. J’ai un peu perdu connaissance, mais une douleur à l’abdomen très intense avec beaucoup de
sueurs froides m’a amené à appeler le CCAM Toulouse pour un diagnostic. J’avais peur d’avoir une lésion à un rein… »

Diagnostic final de ces consultations à distance : 2 côtes cassées et des calmants… « Je lève le pied et continue la course », écrivait ce matin Eric, flashé à 8 nœuds cet après-midi ! « Il a bon moral et, en rugbyman averti, il a appris à supporter ce genre de douleur » précisait Frank Lang, directeur de la Transquadra-Solo après avoir échangé par téléphone avec le solitaire.

A plus de 9 nœuds sur une patte

Pas de nouvelles en revanche d’Alexandre Ozon depuis son texto de la mi-journée annonçant la perte de l’un de ses safrans. Sa course se joue là, bien sûr. Mais, quelques heures après son avarie, au classement de 15h, il caracole à nouveau à plus de 9 nœuds, sur la route directe : VMG max. Dans son sillage, Jean-Pierre Kelbert (Léon) à 12 nœuds ce matin, trace cet après-midi à 9 nœuds et des poussières également.

Le skipper Royannais a sans doute pu trouver un compromis pour remettre du charbon dans sa fusée rose, mais les manœuvres à l’approche des Antilles seront sans doute compliquées pour lui…

Il a cependant réussi à préserver un matelas de 80 milles d’avance sur son premier rival. Sur la première étape, le bateau rose avait devancé le JPK noir de 3h50, dont le rating est plus élevé que celui du Bepox 9,90…

Il a de la marge, mais Jean-Pierre Kelbert qui avouait passer des nuits blanches, aussi terribles qui jouissives, la main sur l’écoute de son spi de tête, ne va sans doute pas laisser passer cette opportunité de regagner du terrain.

Dénouement vendredi, mais lequel ?

S’ils réussissent l’un et l’autre à maintenir leurs vitesses actuelles, ils pourraient arriver au Marin d’ici 24 à 36h.

Ils ne seront cependant peut-être pas les premiers à s’amarrer au ponton de la Transquadra – Martinique ! Le duo Monin/Belloir (Yuzu), en tête des doubles atlantiques, sans doute boostés par un régime culinaire exemplaire (cf. messages d’Olivier Monin en bas de page) est flashé cet après-midi à presque 13 nœuds ! Là encore, s’ils maintiennent cette cadence, ils pourraient couper la ligne 2h avant le bateau rose…

Mais il reste encore 250 milles à négocier, peut-être les plus difficiles (avec les 200 premiers milles de cette étape au large de Madère) et tout peut arriver, comme l’ont prouvé les nombreuses mésaventures de la nuit dernière.

Les leaders confirment

Côté classement pas de gros changements. La flotte converge désormais vers un seul et même but, les décalages nord-sud se réduisent, les hiérarchies s’organisent.

En solitaire atlantique, Alexandre Ozon mène toujours (80 milles) devant Jean-Pierre Kelbert et Frédéric Couture (Be Happy).

En double atlantique, le duo Monin/Belloir (Yuzu) a fait le break (50 milles) devant Agence Directe 3,9 % (Carluer/Roth) et Jataka (Girardin/Thomas). Il a également pris le leadership en compensé devant Magellimo (Labedan/Lemaire). Dans leur sillage, deux groupes de trois au coude à coude : arrivées collées/serrées en perspective !

En double méditerranée, le Sormiou 29 de Frédéric Bonnet et Olivier Poullain, en tête pendant presque toute l’étape a lui aussi réussi à distancer (20 milles) le duo Jubilations Corse (Vuillemin/Bezie). Ils mènent pour l’instant en réel et en compensé. Juste derrière, sa bataille pour la 3e place (en réel et en compensé) entre Géroul (Montagny/Martinez) et Chenapan (Caminade/Novara).

En solitaire, Frédéric Ponsenard (Coco) contrôle toujours Bertrand Gassier (Pleine Lune).

En direct de l’Atlantique, morceaux choisis…

Olivier Monin et Aymeric Belloir (Yuzu)

« Après le petit déjeuner, nous irons directement au dîner, le déjeuner étant très frugal, salade de légumes, fromage et pomme. Pour commencer, un petit verre de Porto (de Madère oblige) avec quelques noix décortiquées, et dés de fromage puis aux choix hier, petit salé aux lentilles, ou sauté de veau au céleri, (portion de 400g chacune), compote de fruits pour terminer. Tous ces menus ont été préparés par ma chère et tendre puis mis sous vide. Bien sûr il y a les encas à toute heure pour garder la forme ou le moral : crêpes, quatre-quarts, barres vitaminées, lait Nestlé et chocolat au lait à volonté… »

Jean-Yves Le Gall et Antoine Le Villain (Online)

« On est à donf sous 28 noeuds de vent parfois 30… Un seul gros vrac mais tout ok, c’est chaud, c’est dur. Hâte quand même de sortir de la nuit. »

Patrick Baggio et Yann Jestin (Vari)

« Nuit très dure, mer croisée avec une houle de 3m. Des grains tous les 1/4 heures, dont l’un à 40 nœuds nous a propulsé sous spi lourd à 19,82 nœuds. Départ à l’abattée immédiat, tout en vrac à l’avant. Pas de dégât, on est crevés, trempés. On repart sous grand-voile un ris et ORC.

Vivement le jour et le soleil de La Martinique ! »

Alexandre Ozon (Team2Choc)

« Ouf …. 3 grains, 1 à gauche 1 à droite 32kts max. Ouffff le ptit 3ième, vous savez le plus terrible de la fratrie… 42 nds sous spi lourd avec 1 ris GV… WARNING WARNING FAUT AFFALER… Ohé… y’a quelqu’un…. bon ben je m’y colle alors…. chaud… rien d’abimé… Rangement de spi et tout trempé le bonhomme idem… »

Gérard Quenot et Jérôme Apolda (Atlantic Loisirs)

« Un temps de demoiselle ! C’est à peu près ce que nous annonce la météo. Mais attention pas les demoiselles de Rochefort, plutôt l’Equipe de France féminine de Rugby ou de lancer de poids ! »

Jacques Amedeo et Brice Tailliandier (Sephora Marinepool)

« Nous voulions des régimes d’alizés, nous avons été servis : 25 nœuds de vent constant avec des grains à 45 nœuds sous une pluie battante. Moralité, nous avons battu le record de vitesse du bateau : 21,25 nœuds !!! La course de vitesse est lancée. »

Source

Jacques Pallu

Liens

Informations diverses

Sous le vent

Au vent