Vers une deuxième nuit sauvage…

Entrainement, Gitana 17, Onboard, Sebastien Josse, Thomas Rouxel, TJV, Transat Jacques Vabre

© Eloi Stichelbaut / Gitana SA

Comme le disait Kito de Pavant (Bastide Otio) en fin de matinée : « C’est le calme avant la tempête ». Vous l’aurez compris, les 37 équipages de la Transat Jacques Vabre vont à la rencontre d’un front froid et le menu de la nuit promet d’être difficile à digérer : de la pluie, des rafales à plus de 45 nœuds et une surtout, une mer méchamment croisée. Déjà les grands trimarans accélèrent à plus de 20 nœuds dans un bon flux de sud-ouest, tandis que les Class40 en queue de train bataillent le long de la pointe bretonne dans le contre-courant…

Class40 : entre courant et cailloux

Quelle bagarre ! 7 bateaux en moins de 15 milles entre Aïna Enfance & Avenir (Chappellier/Le Vaillant) et Enel Green Power (Fantini/Bona), les premiers Class40 n’ont pas vraiment pris le temps de se reposer au passage de la dorsale. Tout le jeu de la journée a consisté à se protéger du fort courant. Séparés de 2 petits milles, les leaders (Aïna Enfance et Avenir et Carac) semblent prédisposés à embouquer le Fromveur sous l’île d’Ouessant. Pour eux, le front, ce sera pour demain.

Multi50 : Arkema pied au plancher

Lalou Roucayrol et Alex Pella ont incroyablement bien géré cette première nuit de course pourtant abrupte et ont pris une avance de quelques milles. Tous les Multi50 filent désormais plein ouest en accélérant pour aller chercher le front qu’ils devraient toucher en milieu de nuit. Tous, sauf Réauté Chocolat (Tripon/Bernaud) qui a fait le choix de la prudence. Le tandem privilégie une route sud afin de se faire moins secouer au risque de perdre des milles.

Imoca : tous au front pour mieux glisser

Menée par SMA et St-Michel Virbac, la flotte, ralentie cette après-midi, accélère doucement. Le tandem Meilhat/Gahinet ne lâche rien face aux foilers qui l’avaient distancé au reaching à la pointe de Bretagne. En ce moment, les conditions au près dans la mer formée sont bonnes pour SMA, mais sitôt le front dépassé (vers 2h du matin), les foilers devraient faire parler la vitesse et la puissance !

Ultime : Maxi Edmond de Rothschild s’échappe

Après une nuit de folie avec des pointes à 40 nœuds, le duo Josse/Rouxel trace son sillage à plus de 20 nœuds et commence à sentir les affres du front froid. Ca secoue dans tous les sens : par le sud-ouest et par le nord-ouest ! Il va falloir bien gérer le passage dans cette marmite bouillonnante et préparer à l’avance le virement de bord. Quelques heures pénibles avant les incroyables surfs… cap sur le Pot au noir.

Petit soucis du bord

Bureau Vallée (Imoca) : Louis Burton a indiqué à la vacation de midi : « Le hook de J3 a lâché. Je suis monté dans le mât quand le vent s’est calmé. On a bricolé et ça devrait le faire. »

Arrêt technique

Eärendil (Class40) : suite à une rupture du câble du guindant de la trinquette, Catherine Pourre a informé la Direction de course qu’elle fera escale à Camaret-sur-Mer la nuit prochaine (vers 1h du matin) pour réparer. Conformément aux instructions de course, elle ne pourra repartir qu’au minimum 4heures après son arrivée.

Date : 06/11/17 – 16h06

Class40

1 – Aïna Enfance & Avenir
2 – Carac
3 – V and B

Multi50

1 – Arkema
2 – Réauté Chocolat
3 – FenêtréA – Mix Buffet

Imoca

1 – St Michel – Virbac
2 – SMA
3 – “DES VOILES ET VOUS!”

Ultime

1 – Maxi Edmond de Rothschild
2 – Sodebo Ultim’
3 – Prince de Bretagne

LES MOTS DES SKIPPERS

Gwénolé Gahinet, co-skipper de SMA (Imoca)

« On va chercher le front en étant le plus sud possible pour éviter la houle. Tout ce que l’on peut gagner au sud c’est vraiment mieux, on va virer à l’approche du front. Ce qui est sûr, c’est que nous allons avoir une mer plus forte en étant bâbord amures et il va falloir matosser tout proprement dans le bateau lors du virement de bord. L’état de la mer va nous demander beaucoup d’anticipation lors de notre virement de bord. Le passage du front, on le prévoit vers 2h du matin. »

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne (Ultime)

« On assure, on assure, on essaye de ne pas prendre de risques inutiles. Nous avons viré un peu plus tôt que les autres car on ne devait pas avoir le même vent. Ils ont eu le temps d’aller plus loin. On vient de mettre la trinquette, on va prendre un ris, on essaye d’anticiper. On s’est un peu reposé mais la dernière nuit nous avons eu du mal à trouver le sommeil ».

Louis Duc, skipper de Carac (Class40)

« On est à la guerre en ce moment avec Aïna ! On a réussi à les distancer de 2-3 milles ce matin. Là, ils sont juste derrière. On a 8 à 10 nœuds de vent, on longe les côtes, j’ai l’impression qu’on rentre à Lorient mais non on va continuer ! C’était vraiment sport cette nuit avec 18 à 24 nœuds, il fallait être sur les réglages et on a eu pas mal de manœuvres sur le pont. Plus le vent monte plus on a l’impression d’aller vite par rapport aux concurrents. »

Oliver Krauss, co-skipper Ciela Village (Multi50)

« Ce soir on aura plus de houle, on va se retrouver comme dans un shaker secoué dans tous les sens. On a passé une petite dorsale, il y a une heure ou deux. Pour l’instant, c’est repos et cette après-midi, ça va commencer à bouger un peu. Arkema a attaqué fort un peu avant Cherbourg. On n’a pas pu le suivre, on a joué la prudence car c’était assez « casse gueule ».

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)

« On vient de retrouver du vent, on marche à grandes enjambées vers le front. On n’avait pas 36 000 choix de trajectoires, on a suivi nos collègues. Nous sommes un peu moins rapides que Maxi Edmond de Rothschild qui depuis Etretat a montré des capacités de vélocité supérieure à nous, il se fait la malle ! Cette nuit, on a fait de pointes à 37-38 nœuds, mais Maxi Edmond de Rothschild avait sans doute une moyenne plus élevée. On vérifie que tout est bien rangé dans le bateau, on fait tourner le moteur pour faire marcher les batteries, on mange, on se repose et on va prendre des ris petit à petit. »

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Source

Soazig Guého

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