Ozon magistral en solo,

© François Van Malleghem / Transquadra - Martinique

Furtif dès le départ*, Alexandre Ozon (Bepox 990, Team 2 Choc) a pourtant mené de bout en bout cette étape de 1100 milles entre Lorient et Madère. Maître incontesté des solitaires, il coiffe également de près de 4h le premier équipage double. Le Breton Jean-Pierre Kelbert (JPK 10.80 3DDI), 2e solitaire, a tout donné, il termine lui aussi devant les doubles, mais son talent et son expérience n’ont pu compenser la fougue diablement efficace du Picto-charentais.
En double, Pascal Chombart de Lauwe et Fabrice Sorin (JPK 10.10 Ogic), les « poucets » s’imposent de 16 minutes sur les vainqueurs en temps réel, François-René Carluer et Gwenaël Roth (JPK 10.80 Agence Directe 3,9%). Le podium devrait être complété par les sudistes Adrien Follin et Gilles Debard (Sun Fast 3600 Give Me Five).

Cette édition 2017 de la Transquadra est décidément celle des premières ! Premier départ de Lorient, première fois que les Méditerranéens arrivent avant les « Bretons ». Première fois, enfin, surtout, que des solitaires arrivent avant des duos ! C’est dire le niveau sportif de cette transat réservée aux amateurs.

A 5h57 ce samedi matin, Alexandre Ozon (Team 2 Choc) a coupé la ligne d’arrivée de cette première étape avec plus de 3h d’avance sur son adversaire direct Jean-Pierre Kelbert (3DDI) : il voulait marquer les esprits, c’est réussi. Diablement réussi.
« Je n’avais jamais couru contre Alexandre ni contre son bateau, mais je savais que ce serait compliqué… Je pense que je ne pouvais pas faire mieux. Je n’ai fait aucune erreur, je crois, mais je suis tombé sur meilleur que moi, mais ça ne me fait pas plaisir ! (rires) », reconnait Jean-Pierre Kelbert, avec beaucoup de fairplay, bien qu’un brin dépité.

Ozon/Bepox : redoutables

Alexandre Ozon avait une priorité : marquer son adversaire. « Ce qui m’intéressait, c’était de garder Jean-Pierre sur ma gauche. Tant que je l’avais là, c’était bon pour moi. Je l’ai marqué tout le temps, surtout au passage du DST (zone de trafic maritime interdite aux voiliers) du cap Finisterre. Ensuite, les conditions météo m’étaient plutôt favorables… »

Léger, étroit, son Bepox 990 est en effet redoutable au portant dans la brise, mais relativement instable. Il a donc barré en permanence. « Comme je sais que Jean-Pierre va vite, je n’ai plus lâché la barre ! Sous pilote, je perds 10% de vitesse avec mon bateau. Il faut tout le temps le relancer. »
La compétitivité, le talent et le dynamisme du Picto-charentais ont fait le reste : « J’aime que le bateau aille toujours vite, il n’y avait que 6 jours de course, je savais qu’il fallait se faire mal. Dès que je pouvais attaquer, j’ai attaqué. Mon défaut c’est que je ne veux rien lâcher.
J’ai toujours dit que je visais un podium, c’était clair et net, je ne l’ai jamais caché. »

Ces deux solitaires-là ont réalisé une performance inédite : terminer devant tous les doubles et distancer leurs camarades solitaires de plus de 12h !

Le 3e solo de la flotte Atlantique est en effet attendu en début de soirée à Madère.

En double, Pascal Chombart de Lauwe et Fabrice Sorin sur Ogic ont coupé la ligne de cette première étape de la Transquadra – Martinique (en 7e position au réel) à 14h13 ce samedi : poucets à l’attaque, ils ont bataillé contre des bateaux plus rapides qu’eux, avec succès.

C’est la stratégie qui nous permet de gagner

« Ce qui était surprenant pour nous, c’est qu’on était un petit bateau au milieu de gros ! On n’a « rien lâché » comme on dit. On n’est pas des Pitbulls, parce que ce n’est pas l’esprit de la maison, mais on attaque. Si on avait été seuls, on aurait tiré sur le bateau de la même façon.
Mais il faut jouer sur la stratégie puisqu’en vitesse pure on ne peut aller plus vite que les gros bateaux. Tout du long de l’étape, il y avait du jeu. C’est la stratégie qui nous permet d’avoir ce classement, et puis un bateau tout neuf, performant, super bien préparé… »

Même préparation minutieuse et longue expérience pour le deuxième duo, François-René Carluer et Gwenaël Roth (JPK 10.80 Agence Directe 3,9%) : « On a bien allongé par rapport aux autres pendant l’étape : j’ai un excellent tacticien navigateur, un bateau bien préparé qui marche bien. »

Des vagues, on n’en a pas chez nous !

La troisième paire de ce podium est sudiste : rare en Atlantique. Adrien Follin et Gilles Debard (Give Me Five 40) sont en effet venus exprès de leur cher territoire tropézien jusqu’à Lorient pour se frotter à la flotte Atlantique, et à la houle du large… « On s’est régalés ! Ce sont des conditions que l’on n’a vraiment pas l’habitude de rencontrer dans le sud. On n’avait jamais navigué dans ce type de météo avec ce bateau, c’était vraiment génial !
Les dernières 24h notamment étaient top : on s’est fait un grand bord à 140° du vent sous grand spi, c’était magique !

Des vagues on n’en a pas chez nous ! Ce n’étaient que des bons moments… On était venus chercher la bagarre en Atlantique, on a été servis ! »

Les arrivées vont se poursuivre toute la soirée, toute la nuit et jusqu’à demain à Quinta do Lorde.
Il reste une soixantaine de concurrents en mer.

* Sa balise de positionnement n’a jamais fonctionné.

Source

Jacques Pallu

Liens

Informations diverses

Sous le vent

Au vent