Barcelone – Madère : Une étape record !

Intense, chargée d’émotion et de souvenirs… cette étape record entre Barcelone et Madère va alimenter les conversations de pontons pendant longtemps ! Stratégique dès le départ en Méditerranée et très technique en sortie de Gibraltar, le rythme de cette première étape de la flotte méditerranéenne de la Transquadra – Martinique a été soutenu jusqu’au bout. Preuve en est le temps record historique de l’étape : 6j 11h 47′, soit près de 48h de mieux que d’habitude.

La flotte méditerranéenne est presque au complet à Madère, il ne manque plus que le couple espagnol de l’A35 Dr Feelgood (Esther Alarcon/Jorge Mitjavila), attendu cet après-midi à Quinta do Lorde. Pendant ce temps, le long des côtes portugaises, la flotte partie de Lorient dimanche dernier cavale toujours sous spi. A près de 10 nœuds pour les premiers, si ce rythme se maintien, ils devraient franchir la ligne d’arrivée samedi matin.

Ils ont des sourires qui trahissent le bonheur qu’ils ont eu à se surpasser. La fatigue des yeux traduit l’engagement de leur course. Les premiers concurrents de la flotte méditerranéenne de la Transquadra – Martinique sont amarrés depuis cet après-midi au ponton de la marina de Quita de Lorde à Madère.
En 7 jours et 7 nuits, ils ont parcouru les 1100 milles entre Méditerranée et Atlantique, un parcours compliqué à souhait où il a fallu déjouer les pièges de la Grande Bleue, passer sans casser le terrible Gibraltar et tenir le rythme jusqu’à Madère la belle.

Des heureux

Frank Loubaresse et Matthieu Foulquier (Sun Fast 3600 Twnil Banque d’Affaires) ont pris la tête de la flotte dès le 15 juillet, à une centaine de milles de Gibraltar, pour ne plus la quitter. Bons placements, bonne vitesse, bonne gestion du matériel et un bateau fait et équipé pour gagner : ça a payé.
Dans leur sillage, à l’attaque H24, trois duos à la barre de Sun Fast 3200 : Éric Gilbert et Walden Bonpaix (Flash), Blandine et Jean Médecin-Rodelato (Williwaw), Arnaud Vuillemin et Grégoire Bezie (Jubilations Corse). Leurs efforts sont récompensés : ils l’emportent, dans cet ordre en temps compensé devant le leader au réel, avant jury.

Quelques déçus

Les arrivées se sont enchainées hier après-midi à Madère, Chenapans 3 (Gilles Caminade/Sébastien Novara), ou encore Géroul (Roland Montagny/Georges Martinez) un peu déçus de leurs classements : « On a joué, on n’a pas gagné. Il fallait tenter quelque chose en Méditerranée, ça aurait très bien pu passer à la côte. Juste avant Gibraltar on a notamment eu d’excellentes conditions à la côte juste avant Gibraltar. Ensuite on est bien revenu… Mais on prendra une (grosse) revanche sur la 2e étape ! ».

J’aurais bien continué tout droit

Eric Thomas (Pogo 30 Big Z) a coupé la ligne hier soir à Madère en grand vainqueur des solitaires de la flotte méditerranéenne. Heureux, bien sûr, à son arrivée à la marina, il n’avait pas vraiment envie de quitter son bateau, il avouait même qu’il aurait bien fait une petite « Moitessier… » : « Je voyais une ile à l’arrivée, juste devant moi… j’étais très sud, je regarde la carto : ce n’était pas la bonne ! Il y a eu un décalage entre la carto et le GPS : je n’allais pas au bon endroit ! … Comme Moitessier, je me suis demandé si je n’allais pas continuer ! »

2e solitaire de la flotte méditerranéenne, Bertrand Gassier (Pogo 30 Pleine Lune) est arrivé à 1h44’30 la nuit dernière à Quinta do Lorde. « Je suis très content de cette navigation, c’est une super étape, très variée. Je suis persuadé que le solitaire est plus facile que le double, on est à son rythme. Je ne m’étais pas mis de pression particulière. Je n’étais pas parti pour faire la coupe de l’America ! »

Frédéric Ponsenard (A 35 Coco), 3e solitaire méditerranéen arrivé à 2h21 ce jeudi : « Je suis allé dans des endroits où il ne fallait pas forcément aller. C’est le jeu de la Méditerranée, mais la différence s’est faite en Atlantique, parce que les deux Pogo 30 ont super bien navigué ! Bravo à eux. J’aurais bien aimé être sur leurs bateaux pour voir comment ça marche ! »

A près de 10 nœuds au large de Gibraltar
La tête de flotte partie de Lorient est bientôt au large de Gibraltar ! Au portant, sur la route, il n’y a pas d’autres stratégies que de faire marcher tout en préservant les hommes et le matériel. La flotte reste relativement groupée même si les écarts ont tendance à s’allonger dans le top ten.

Jean-Pierre Kalbert (3DDI) affiche 70 milles d’avance (sous réserve toutefois de la position d’Alexandre Ozon (Team 2 Choc) dont la balise n’émet plus sur ses poursuivants, très groupés : Stéphane Bodin (Enertek Wasabi), Louis Marie Dusserre (Raging Be), Frédéric Couture (Be Happy), Jean-François Hamon (Pour Aster) se tiennent en 10 milles et tracent tous à plus de 8 nœuds.

En double, pas de changement de leaders non plus avec François René Carluer et Gwénael Roth (Agence Directe 3,9 %) 18 milles devant le du Valraud/Peponnet (Bouznik’) et les jeunes de Vli Magellimo (Labedan/Lemaire) à 25 milles. Le jeu est touours très serré et la bataille doit être passionnante que stressante chez les duos avec notamment 5 milles d’écarts seulement entre le 3e et le 7e…

Placement au sein de la flotte, réglages, gestion du sommeil… ils sont attendus samedi à Madère.

Petit mot du large de Patrice Carpentier sur Groupe 5 : « A peine à la latitude de Porto et on a déjà vu un poisson volant… TVB à bord, conditions de rêve ! »

Témoignages des gibraltariens, extraits…

Eric Gilbert, skipper de Flash :

« On n’est pas des grands marins, mais quand on fait de la compèt, on fait de la compèt ! On a préparé le bateau nous-mêmes, sans l’aide de professionnels. On connaît ses défauts et ses qualités. On était là pour faire le mieux possible. On a eu la pression tout le temps, tout le temps, tout le temps. On s’est inscrit à cette course parce que c’est mythique pour nous. On ne s’attendait pas à gagner, mais on espère toujours ! »

Matthieu Foulquier, équipier de Twinl Banque d’Affaires :

« C’est un bateau compétitif, il est fait pour, on l’a préparé en conséquence, Frank a investi dans un mât carbone, dans un super jeu de voiles Incidence de notre ami Sylvain… On partait pour faire un podium, parce qu’on a le bateau pour.
Maintenant, il y avait de sacrés concurrents avec Williwaw, Géroul, et Flash qui a été redoutable ! Ils ont attaqué tout le temps. À chaque fois, on leur mettait 30 milles : là, on se disait, c’est bon, ils sont morts et Bam ! : ils revenaient à 10 milles ! »

Arnaud Vuillemin et Grégoire Bezie (Jubilations Corse) :

« C’était très intense tout le temps à tout donner pour faire avancer le bateau. A un moment j’ai voulu lire un peu, j’ai ouvert le bouquin et au bout de 10′ je suis allé régler les voiles !
Ce qui est hyper agréable c’est qu’on était au contact tout le temps, il ne fallait rien lâcher, on était toujours dans le match. Il n’était pas question de laisser partir qui que ce soit il y avait toujours du jeu, c’était génial. Epuisant, mais extra ! »

Jean Rodelato (Williwaw) :

« C’était une étape vraiment sympa avec beaucoup de possibilités au niveau tactique, tout du long du début à la fin. IL y a eu des couchers de soleil magnifiques, beaucoup d’animaux… On a eu pas mal de problèmes d’électroniques, heureusement on a réussi à réparer. On était dessus en permanence jusqu’à Gibraltar, on s’est mis un peu dans le rouge parce qu’on est passé par le nord du détroit pour avoir plus de vent, on a été servis ! »

Gilles Caminade skipper de Chenapans 3 :

« Le bateau a très bien marché, on a juste perdu 20 milles au départ parce qu’on n’a pas fait le tour d’Ibiza, on a foncé dans la pétole. Après on a fait avancer normalement. On avait 17 milles, 4h de retard, on s’est baigné… Après on a repris des milles. On a été un peu surpris après Gibraltar : on s’attendait à du tout droit, ça a été beaucoup plus compliqué que ça, c’était bien. On espérait mieux en classement… »

Source

Jacques Pallu

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