20 découvreurs au départ de Barcelone

© François Van Malleghem / Transquadra

20, sur 25 des marins de cette étape Barcelone – Madère, sont des bizuths de la Transquadra, de l’Atlantique, et donc de Gibraltar. Ils y vont avec autant d’envie que d’appréhension. Ils s’y sont préparés : dans les livres et sur les logiciels, en discutant avec les plus expérimentés, en navigant le plus possible aussi bien sûr… sur la Grande Bleue. Ce lot de découvertes à venir fait partie du piment de la course, peut-être le plus savoureux de tous, puisqu’il ne se goute qu’une seule fois.

« C’est une première pour tous les deux. C’est un aboutissement, un challenge », sourit Grégoire Bézie, équipier d’Arnaud Vuillemin sur le JPK 10.10 Jubilations Corse. « On a toujours un gros plaisir à naviguer ensemble, nous n’avons plus besoin de nous parler, ça rigole, ça bosse aussi. Nous sommes complémentaires, ça déroule tout seul, c’est vraiment agréable. »

Feux verts et évidences

Pour nombre d’entre eux, c’est en effet un projet qui se construit à deux, une évidence, pour des copains qui régatent en duo de longue date, une belle aventure partagée pour les couples*.
« Tous les feux étaient au vert pour nous cette année, nous approchons de la 50aine, nous sommes encore en forme, les enfants sont autonomes, nous nous sommes dit qu’il fallait en profiter tout de suite », détaille Véronique Lefort (Ofcet 32 « Ma fabrique essentielle »).

« Nous avons réussi à aligner les étoiles d’un point de vue professionnel et familial pour être ici, au départ », se réjouit le couple madrilène Ester Alarcon et Jorge Mitjavila Casanovas (A35 Dr Feelgood).

Des hasards font des ponts

D’autres signaux peuvent aussi déclencher deux ans de préparation à ces grandes premières : « On a un copain de ponton qui a fait la Transquadra en 2015, on a suivi son projet et on s’est dit ”pourquoi pas nous !” Du coup, sur la panne du CNTL on est 3 à faire la course cette année ! » rigole Anne Derussy (Dufour 34 « Kimbe Red »), en duo, et en couple, avec Jean-Christian Derussy). Ils s’apprêtent d’ailleurs à partager une aventure fondatrice : « La Transquadra, c’est le pont entre ce que je découvre en Méditerranée depuis une 10aine d’années que j’y vis et mon pays : un rêve va se concrétiser », souligne Jean-Christian.

Mariages arrangés

Plusieurs duos de bizuths se sont en revanche construits sur le papier, des mariages arrangés qui s’appliquent à composer un seul et même sillage. « J’ai passé une annonce sur le site de la Transquadra – Martinique pour chercher un équipier. J’ai eu plusieurs réponses, j’ai navigué avec tous les candidats et c’est avec Matthieu que j’ai décidé de courir : nous sommes complémentaires, nous formons une bonne équipe ! », explique Franck Loubaresse (Sun Fast 3600 Twinl Banque d’affaires).

Même approche pour Gilles Caminade et Sébastien Novara (sur l’A35 Chenapan 3) : « Je cherchais un embarquement, Gilles cherchait un équipier… nous avons décidé de naviguer ensemble. Nous sommes très différents, nous essayons de trouver des points de rencontre. C’est déjà une aventure humaine en soit ! Nous avons déjà eu des discussions enchantées à ce propos ! (rires) »

Passe ton Gibraltar d’abord

Ces 20 découvreurs vont passer Gibraltar pour la première fois. Tirer leurs premiers bords en Atlantique. Magique, motivant… c’est très clairement une des raisons de s’engager sur cette course, notamment pour le couple Guadeloupeo-Breton basé à Marseille de Kimbe Red « On s’est dit qu’on allait sortir de notre bocal ! » même s’ils savent que le défi est de taille.

On se souvient en effet des difficultés rencontrées sur la dernière édition où les concurrents ont dû mouiller avant Gibraltar en attendant des conditions meilleures. 3 nœuds de courant contraire, des vents qui peuvent passer de 0 à 40 nœuds en une demi-heure… il faut choisir son heure et le bon côté pour passer ce cap. Il faudra étudier les fichiers météo, observer les tendances, se souvenir des cours de Jean-Yves Bernot pour déjouer les pièges de cette zone à fort trafic maritime :

« La chance, ça s’anticipe », résume Jean Rodelato skipper du Sun Fast 3200 Williwaw (vainqueur en 2011 en duo avec sa femme Blandine, ils sont de retour cette année).

On a coutume de fêter les cap-horniers, il pourrait être de bon ton de célébrer les gibraltariennes et gibraltariens de la Transquadra – Martinique ?
D’autant qu’« à Gibraltar, le classement sera fait ; après c’est de la vitesse, ce sera tout droit », prévient Matthieu Foulquier-Gazagnes équipier de Franck Loubaresse (Sun Fast 3600 Twinl), qui fait partie des 20 bizuths de la course, de l’Atlantique, de Gibraltar de cette étape entre Barcelone et Madère.

Ces 20 bizuths découvreurs ont encore 3 jours pour se préparer au grand saut vers l’Atlantique.

* 4 couples sont au départ de Barcelone, 2 sont 100% bizuths, 1 à moitié et le 4e avait gagné la Transquadra il y a 2 éditions.

Source

Jacques Pallu

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